relLe Palais de Justice des 24 colonnes, cour d’assises, du 14 au 16 juin

 

Pour ce deuxième jour du procès sur l’affaire des 44 coups de couteau, les témoins sont venus à la barre pour faire part à la Cour de l’état du corps de Luc* après le drame. Le premier témoin faisait partie à l’époque de la brigade criminelle. Il constate des traces de pas, du bas de l’immeuble jusqu’à la porte d’entrée de chez Luc. Retrouvée sur le dos, la victime était dans « une mare de sang conséquente » d’après le témoin. L’agresseur a laissé ses traces de sang sur les murs et les meubles. Jean* a alors essayé de les cacher en y mettant de la peinture noire trouvée sur place. Cette tentative est un échec et les enquêteurs ont pu révéler son identité dès le lendemain.

Le jour du crime, l’équipe sur place témoigne d’un « désordre conséquent dans la chambre ». C’est dans cette pièce que se trouvaient les plantes de cannabis cachées sous une tente en aluminium. Jean les emporte avec lui avant de prendre la fuite. L’accusé explique son geste : « en faisant passer l’acte pour un cambriolage, je pensais sincèrement que j’allais m’en sortir ». Il prend alors plusieurs objets de valeur. Une console de jeux en est un exemple. Il rassemble dans un sac ces éléments avec toutes les affaires tachées de sang (vêtements, couteau, billets…).

 

Le 19 décembre, l’autopsie de Luc permet de se rendre compte de la violence et de l’atrocité des évènements qui se seraient déroulés en quelques minutes seulement. Dix plaies au thorax, vingt aux cervicales du côté gauche et droit où les veines jugulaires ont été sectionnées. Certaines plaies ont atteint les dix centimètres de profondeur, prenant plusieurs organes à la fois. Les lobes supérieurs de son poumon droit ont été gravement touchés. La perte de sang était alors importante. Luc était tout de même en position de se défendre « il a essayé de lutter », témoigne un professeur d’université. C’est ce qu’attestent ses plaies de défense sur ses doigts. En recevant de nombreux coups d’acharnement, le temps de survie de Luc n’était de quelques minutes. Il serait alors décédé par l’association des différentes plaies qui auraient déclenché une hémorragie interne.

Jean aurait regretté immédiatement d’avoir poussé violemment Luc hors de son fauteuil roulant. A ce moment, il pensait à s’enfuir, mais la situation se serait dégradée. Malgré ses regrets, l’accusé a tout de même provoquer la mort de Luc : « c’était mon instinct qui réagissait, pas moi » déclare-t-il.

 

Marie*, la sœur de la victime, espère que « la suite de ce procès nous permettra de passer à autre chose ». Même si elle comprend qu’elle ne verra plus son frère, elle n’arrive pas pour autant à accepter sa disparition. C’est avec beaucoup d’émotion qu’elle le défend : « Je ne l’ai jamais vu se battre avec quelqu’un (…) il aurait plus tenté de se défendre avec ses poings qu’avec un couteau » assure-t-elle en revenant sur le fait que son frère aurait commencé à utiliser un couteau. Il est également important pour elle de souligner le caractère calme de son frère qui avait plus pour habitude d’apaiser les tensions au lieu de les envenimer.

Par la suite, Jean prend la parole, confirmant les propos de Marie : « c’était quelqu’un de très bien » mais la situation dans laquelle les deux hommes se trouvaient n’a pas joué en leur faveur. La consommation de cannabis peut changer les comportements.

 

Après avoir pris la fuite, Jean rentre chez lui. Il s’enferme dans sa chambre avec le sac dans lequel il cachait toutes les preuves, dont les couteaux. Le lendemain matin, sa mère lui annonce qu’elle a perdu un ami. Il ne faut que quelques instants à Jean pour comprendre qu’elle connaissait Luc. Sans le savoir, mère et fils connaissaient l’homme qui venait de perdre la vie.

 

Affaire à suivre.

 

*les prénoms ont été modifiés.