Nous continuons notre série d’entretiens avec Julien Prissette, militant Lyon en Commun et France Insoumise. Contacté ce lundi 19 octobre, il dresse un panorama des 100 premiers jours de Grégory Doucet à la mairie.

Julien Prissette, militant Lyon en Commun et France Insoumise.

Quel regard portez-vous sur le début de mandat de Grégory Doucet ?

Plutôt un bon regard pour l’instant. Il a commencé à mettre en place des thèmes sur lesquelles on s’était accordé auparavant avec Lyon en Commun. Pour l’instant c’est plutôt positif.

Quel est selon vous le dossier principal que la Mairie doit traiter en priorité et faites-vous confiance à Gregory Doucet et son équipe pour y faire face ?

Très clairement le dossier principal c’est la gestion de la crise Covid, c’est quelque chose qui impacte tous les lyonnais. Il faut être sur la brèche par rapport aux décisions du gouvernement ou du préfet. Là-dessus, je sais que Gregory Doucet a été beaucoup en contact avec le Préfet du Rhône. Malheureusement, ce travail-là n’a pas forcément payé par rapport aux annonces gouvernementales. Mais sur ce dossier, je lui fais confiance ! Ils sont aussi très attentifs au niveau de l’épidémie, au niveau des institutions, que ce soit pour les écoles ou des EHPAD.

Le Maire et le président de la Métropole ont demandé jeudi 1er octobre au Premier Ministre l’assouplissement des mesures sanitaires dans la métropole lyonnaise. Grégory Doucet avait montré qu’il était contre la fermeture des bars, qu’aviez-vous pensé de sa position sur le sujet ? Selon vous, quelles répercussions aura le couvre-feu sur les Lyonnais ?

Je suis d’autant plus impliqué là-dessus puisque je suis cuisinier et que je travaille dans un restaurant. Il y a deux choses : d’une part le couvre-feu a un impact violent sur notre façon de vivre et sur nos interactions sociales. Après c’est certainement une mesure qu’il faut prendre. A propos de la position qu’ont pu avoir Grégory Doucet ou Bruno Bernard, je pense qu’il faut continuer à dialoguer comme ils le font pour trouver la meilleure solution. Eviter au maximum de mettre la population dans une situation difficile, que ce soit au niveau social ou économique, tout en gardant des actes concrets pour enrayer l’épidémie.

En septembre, Grégory Doucet a signé une tribune pour un moratoire sur la 5G, afin qu’il y ait avant son déploiement, un débat démocratique à son propos. Etes-vous d’accord avec cette tribune ? 

Oui, je suis complétement d’accord avec cette tribune ! Je pense que c’est important de débattre sur la 5G, que ce soit sur son impact écologique mais aussi sur les bienfaits que pourraient avoir cette technologie. Il ne faut pas remettre en question l’avancée technologique mais il faut un débat éclairé.

Dernièrement, Grégory Doucet prévoyait de maintenir la fête des lumières à une jauge de 5000 personnes. Pensez-vous qu’il est encore possible de la maintenir, et dans quelles conditions ?

Personnellement je ne me prononcerai pas sur ce sujet… Grégory Doucet ne peut pas prendre cette décision au vu de la situation sanitaire qui évolue de jour en jour. Je pense que cette décision devrait être prise dans les semaines qui vont venir. Il faut avant tout assurer la sécurité au niveau sanitaire. 

Voyez-vous une différence dans vos capacités à discuter avec la majorité lyonnaise depuis que les équipes de Grégory Doucet sont au pouvoir ? 

Pas spécialement, le groupe Lyon en Commun reste vigilant par rapport aux idées que nous portons. En particulier sur la question de la laïcité. On a su affirmer nos positions face à la majorité, cela a été plutôt entendu. Le dialogue se fait bien au niveau de la majorité.

Grégory Doucet souhaite recruter 20 policiers municipaux supplémentaires, parallèlement il projette d’implanter dans tous les quartiers une antenne de police municipale. Faites-vous confiance aux élus écologistes pour traiter les questions de sécurité et pourquoi ? 

J’ai confiance en la majorité. Quelque soit le bord politique, la question de la sécurité est importante. On a peut-être des visions différentes en fonction des partis ou des idéologies. Par exemple, à Lyon en commun on pousse pour qu’il y ait plus de prévention. On pousse aussi pour qu’il y ait plus de présence humaine pour régler les problèmes d’insécurité plutôt que d’être simplement dans la répression. Ne pas miser uniquement sur les moyens technologiques comme la vidéo-verbalisation. On peut voir qu’il y a des sensibilités différentes dans la majorité. On en est arrivé à un compromis à savoir augmenter les effectifs. On peut toujours étudier les intérêts de la vidéo-verbalisation. Les élus “Lyon En Commun” ne sont pas fermés, il faut étudier toutes les pistes.

La Mairie souhaite renforcer son action pour l’égalité à travers la mise en place d’un “budget sensible au genresur l’éducation et le sport, la valorisation du travail des femmes à travers la commande publique ou encore l’ouverture d’un débat sur l’écriture inclusive. Pensez-vous que ces initiatives sont  efficaces ou qu’il s’agit d’une campagne de communication ? Êtes-vous favorables à ce genre de pratiques de discrimination positive ?

Là-dessus, je ne suis pas sûr que l’on puisse parler de dicrimination positive. On est plus sûr de l’égalité femmes-hommes. Celle-ci sous-entendrait des mesures d’équité. Là, il s’agit de ramener à l’égalité. Ce sont des valeurs que je porte aussi.

La métropole de Lyon a fait plusieurs propositions d’aide aux quartiers populaires tels que la création de Maison de l’alimentation dans les 37 quartiers prioritaires de la ville ou encore l’augmentation significative du nombre de logements sociaux. Que pensez-vous du fait que la Métropole semble prendre l’ascendant sur les sujets sociaux ? 

L’action sociale est une des compétences principales de la Métropole. Elle est d’abord portée par le département, en l’occurrence pour Lyon, c’est la Métropole. C’est tout à fait normal que ces projets émanent d’elle. La majorité à Lyon travaille de manière étroite avec l’exécutif de la métropole que ce soit sur la question de la sécurité alimentaire ou même sur l’encadrement des loyers proposés par Renaud Payre.

Pour redynamiser la démocratie participative à Lyon, la Mairie travaille sur la création de conseils des aînés, de conseils d’arrondissement des enfants ou encore d’un baromètre du bien-être des lyonnais. On peut aussi noter la création d’un budget géré par les citoyens représentant au total 5% du budget d’investissements. Que pensez-vous que ces initiatives permettent réellement une meilleure participation politique des citoyens, alors que l’abstention est en hausse ces dernières années ?

Oui, je pense que c’est positif de partir de presque rien et d’amener de nouvelles choses. Après tout, ceci est encore à l’état de projet… il faut encore que ça se mette en place. Il faudra du temps pour évaluer ces avancées. En tout cas, il y a une vraie importance à se concerter, à avoir des débats démocratiques pour redonner aussi de la confiance aux citoyens. Les 5% du budget d’investissement aux citoyens c’est une très bonne idée ! Par rapport à l’augmentation de cette perte de confiance, il y a certainement plus à faire. Nous, nous souhaitons encourager ces démarches et nous cherchons à être toujours plus en discussion avec les citoyens.

Concrètement, quels changements espérez-vous encore dans la gestion municipale de Gregory Doucet ?

Je n’ai pas grand chose à dire de plus. On va voir comment les choses vont évoluer, et on réagira en fonction. La majorité doit encore se mettre en place. 100 jours, c’est beaucoup et peu en même temps. Je crois qu’il reste encore environ 2000 jours pour ce mandat.