La mairie de Villeurbanne va mettre en place une assemblée citoyenne de 80 habitants. Elle devrait voir le jour en octobre avec comme objectif d’accroître la participation du citoyen à la vie publique.

L’assemblée sera constituée de personnes tirées au sort, de volontaires et de représentants d’instances consultatives. Crédit : capture d’écran Youtube

Fraîchement élue à Villeurbanne, la liste de Cédric Van Styvendael (PS-PCF-EELV) avait dévoilé en juillet 2020 un programme ambitieux pour intégrer le citoyen dans la vie publique. Parmi les mesures dévoilées, une assemblée citoyenne devait voir le jour. C’est chose faite désormais, avec le début du tirage au sort des habitants qui composeront la future assemblée en octobre prochain.

Toute personne de plus de 16 ans habitant ou travaillant à Villeurbanne peut y participer. L’assemblée sera composée de 80 membres avec des personnes tirées au sort, des volontaires et des représentants d’instances consultatives comme les conseils de quartier, les conseils des aînés ou des conseils de la jeunesse.

Un recrutement en trois étapes

Le recrutement s’effectue en trois étapes : les habitants non volontaires, les représentants des instances existantes puis les habitants volontaires. Une volonté expliquée par Jonathan Bocquet, adjoint à la Transition Démocratique à la mairie de Villeurbanne et grand instigateur du projet : «  On a démarré avec les non-volontaires parce que ce sont ceux qui sont les plus difficiles à convaincre. L’élément vraiment important pour nous dans la démocratie participative est d’aller chercher ceux qui sont éloignés de la vie publique. »

Pour cela, Jonathan Bocquet veut mettre en place « un système extrêmement ambitieux sur le tirage au sort ». Ce dernier consiste à informer que la personne a été tirée au sort puis de l’appeler directement et lui proposer un rendez-vous en mairie ou chez elle pour la convaincre si elle ne donne pas de nouvelles. « Il faut les convaincre de deux choses. Premièrement, qu’ils sont légitimes, que leur parole compte et qu’ils ont des choses à dire. Deuxièmement, que c’est intéressant pour eux de participer, qu’il y a des choses à faire et que ce n’est pas forcément vingt heures par semaine à consacrer à l’assemblée citoyenne », explique l’adjoint.

L’enjeu ? Améliorer le taux de conversion, soit le pourcentage de tirés au sort qui participent à des actions citoyennes. « On s’est rendu compte que les villes qui ont fait des tirages au sort ailleurs sont sur des taux de conversion de 1 à 2 % des tirés au sort. C’est ridicule et ça veut dire que ceux qui ont dit oui étaient de toute façon déjà intéressés », ajoute Jonathan Bocquet.

Un « contrat de confiance »

Le premier rassemblement de l’assemblée citoyenne est prévu en octobre. À partir de cette date, elle sera libre de mener son propre agenda. Elle pourra effectuer des enquêtes, interpeller le conseil municipal et lui faire des recommandations ou bien mener des actions. Elle coordonnera en plus le budget participatif d’investissement qui est de l’ordre d’un million d’euros par an.

Néanmoins, la municipalité garde un contrôle sur les propositions de l’assemblée. « Quand les citoyens font émerger une mission, on va les rencontrer en amont, que ce soit moi ou mes collègues en fonction de la thématique, pour discuter avec eux du cadre et des marges de manœuvre qu’on leur laisse. J’appelle ça le « contrat de confiance ». Il ne faut pas leur faire croire qu’ils peuvent tout faire, ne serait-ce parce qu’on a été élu sur une liste qui avait un programme, qui a défendu un certain nombre de valeurs ».

La confiance se doit d’être réciproque. C’est pourquoi un comité de vigie composé d’associatifs, de citoyens et de chercheurs sera créé pour juger la qualité des relations entre l’assemblée citoyenne et la municipalité ainsi que la rigueur éthique et démocratique du fonctionnement. « Ça nous engage et nous oblige à être à la hauteur. Les élus ne peuvent pas balayer d’un revers de main les propositions de l’assemblée citoyenne », indique Jonathan Bocquet. Le comité assurera aussi un rôle de labo afin de proposer des innovations, des expérimentations ou des modifications dans les modes participatifs et les instances afin de les améliorer continuellement.

« Être dans une démocratie locale la plus intense possible »

L’émergence d’une assemblée citoyenne ne risque-t-elle pas d’éclipser les autres instances de participation citoyenne déjà existantes ? Pas pour Jonathan Bocquet, qui a tenu à ce qu’elles soient présentes au sein de l’assemblée. « L’idée est d’être dans une articulation entre les différentes instances pour être dans une démocratie locale la plus intense possible. » En effet, l’assemblée citoyenne dispose d’un pouvoir qui s’articule à l’échelle de la Ville, dans une logique d’intérêt général tandis que d’autres instances comme les conseils de quartier sont plus dans une démarche de démocratie de proximité. Il serait donc judicieux pour l’élu que chaque instance ait un rôle différent et s’empare d’un dossier en fonction de ses compétences et de son échelle d’action.

De plus, multiplier les instances de participation citoyenne est, selon Jonathan Bocquet, la solution pour aller chercher des profils différents. « J’ai la conviction qu’il n’ y a pas un espace et un format de participation idéal. Il faudrait un format spécifique pour chaque habitant ou presque. C’est pour ça qu’on va multiplier les espaces comme les assemblées citoyennes, les conseils de quartier, les conseils des jeunes, les conseils des aînés, les jurys citoyens ou les comités d’usagers pour que chaque habitant puisse trouver sa place. »

Pour les éventuels intéressés, vous pouvez candidater en ligne ici pour participer à l’assemblée citoyenne ou envoyer un courrier à l’adresse suivante : Mission démocratie participative, direction générale des services, BP 65051 – 69601 Villeurbanne Cedex.

Victor Labrousse-Vergier