La friperie associative itinérante Ciguë Vintage s’associe avec Le Foyer de Notre-Dame des Sans-abri, pour proposer aux clients une seconde vie à leur vêtement. Il suffit d’amener les habits dans les points de ventes éphémères et ainsi d’en faire don au Foyer.

Les vêtements de seconde main sont mis à l’honneur dans la friperie Ciguë Vintage. Elle ouvre ses portes lors d’événements ponctuels, hébergés par l’association Superposition. Les deux associations s’engagent contre la surconsommation et dans un processus écologique et solidaire. Désormais, les clients de la friperie peuvent amener leurs habits aux points de vente, qui sont directement donnés au Foyer. Ils sont ensuite revendus dans leur boutique Bric à Brac, après un tri. Si le produit est trop abîmé, il sera « upcyclé », c’est-à-dire que seul le tissu sera utilisé en tant qu’isolant et mis en vente. Ce sont les personnes en insertion professionnelle du centre de tri textile de Décines qui s’occupent de sélectionner les vêtements qui vont à la vente et de les étiqueter. Les bénéfices servent ensuite pour favoriser l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et l’insertion des plus démunis.

La friperie Ciguë Vintage propose leurs vêtements lors d’évènements ponctuels. Crédits photo : Lionel Rault

Une démarche qui profite aux deux acteurs du projet

Le partenariat est avant tout un échange. Un savoir partagé, puisque chacune des associations se forme aux techniques de l’autre. Ciguë Vintage     a pu découvrir le tri classique avec l’aide des bénévoles du Foyer, afin de se rendre compte des volumes traités. Voir également ce qui est réinjecté dans la boutique du Bric à brac. Les employés en réinsertion, quant à eux, ont été sensibilisés à l’esthétique rétro par l’équipe de la friperie. Un partage de bon procédé, puisque la friperie chine la majeure partie de leurs pièces directement dans le centre de tri. Le but c’est de pouvoir expliquer leurs attentes. Après un pré-tri fait par les employés, les « dénicheuses de fringue de qualité » sélectionnent une fois par mois les produits un à un. Orbianne Wolff, cofondatrice de la friperie, explique que « l’idée c’était vraiment de créer une économie circulaire où le moindre morceau de vêtement est revalorisé. Quand tu viens acheter du vintage, tu peux aussi laisser tes affaires que tu as peut-être achetées avant en fast-fashion. Le but est de créer des mécanismes chez les consommateurs et de mettre en avant un cercle vertueux. »

Un partenariat qui va durer

« C’est donnant-donnant ! », explique la chargée de communication du Foyer de Notre-Dame des Sans-Abri, Pauline Mugnier. « En moyenne, les salariés en insertion trient trois tonnes de textiles par jour. C’était intéressant que les fondatrices de la friperie voient un peu la charge de travail : le tri par saison, par établissement, par besoin. Et qu’elles puissent, en échange, spécifier les produits qui les intéressent. »
Le partenariat va être maintenu sur un an renouvelable. La friperie souhaite s’inscrire dans une logique éco-responsable et dans la durée.

Une initiative dans l’ère du temps, puisque la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde. Qui plus est, à des prix abordables pour tous.