« Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre » : de la batucada au groupe Batukenjé

En septembre dernier, le groupe Bakutanjé, venu de Brasília, a fait escale en France pour la 25ᵉ édition du Festival du Lavage de la Madeleine à Paris, le plus grand événement brésilien d’Europe qui s’est tenu à Paris du 10 au 13 septembre 2026. Mais le voyage avait aussi pour but d’animer des ateliers de batucada, genre musical issu de la diaspora afro-brésilienne composé exclusivement de percussions. Leur itinéraire les a ainsi menés dans les environs de la région lyonnaise.

Alors que le groupe a, depuis, repris le chemin d’une tournée Européenne, la rédaction du Lyon Bondy Blog a rencontré son fondateur en marge des ateliers donnés : Célio Zidorio, connu sous le nom d’artiste Mestre Celin do Batuk, et sa chargée d’administration et membre de la Banda Show Batukenjé, Ana Paula Caio Zidorio.

Le groupe de Batukenjé, venu de Brasilia. Photo de Christiano Costa

Mais au fait, c’est quoi le projet Batukenjé ?

Mestre Célin do Batuk nous confie que tout a commencé il y a vingt ans, après le décès de sa mère. Célio Zidorio, de son vrai nom, s’envole alors depuis le Brésil pour la Finlande afin d’y animer un atelier de capoeira. Sur place, il est marqué par la fascination des élèves pour les percussions traditionnelles.

À son retour, il enseigne la capoeira à l’université de Brasília. Il avait pris l’habitude, une fois le cours terminé, d’organiser une ronde d’instruments pour permettre aux participant·es de s’essayer à la batucada et d’apprendre à jouer dans ce qui peut être défini comme un «  orchestre de percussions » composé de différents instruments : de lourds tambours surdos pour donner la pulsation, la caixa (caisse claire) pour maintenir le tempo continu et le repinique, un tambour aigu utilisé pour guider le groupe.

Le succès est immédiat, à tel point que la discipline s’émancipe et devient un atelier de percussion à part entière. Mestre Célin do Batuk commente avec optimisme : « Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre ».

Ce dernier s’est rapidement entouré d’une équipe de passionné·es. Ensemble, ils ont multiplié les initiatives sur le terrain, notamment à travers l’animation d’ateliers thérapeutiques pour les femmes seniors.

« Nous avons commencé à répondre à des appels à projets publics et à développer des projets socioculturels, portant l’enseignement de la percussion afro-brésilienne et afro-brasiliense* auprès d’élèves d’écoles publiques et de différentes communautés.  »

*« Brasiliense », en référence à la capitale du pays, Brasilia.

Si le Mestre Célin porte ainsi la casquette de directeur artistique, la structure même du Batukenjé repose sur un modèle familial, enchaîne Ana Paula Caio Zidorio, chargée d’administration de la Banda Show Batukenjé. Elle explique que la gestion, la production et le développement du projet sont co-construits avec l’épouse, la fille et la sœur du fondateur. Pour elle, c’est ce noyau qui a permis au groupe de grandir et d’atteindre ses 20 ans d’existence.

Celin do Batuk et Ana Paula Caio Zidorio | Crédit photo : Correio Braziliense – Marcas&Negócios

À partir de ces ateliers, le projet se développe, expliquent les deux membres du groupe, et, ainsi, chaque dimanche, en plein air, au Parque da Cidade, dans la capitale brésilienne, les cours continuent et rassemblent une soixantaine de participant·es. Ce qui a progressivement permis de former la Banda Show Batukenjé : nom portant une signification liée aux cultures et langues provenant du continent Africain.

De Cataguases à Lyon

Né à Cataguases, dans le Minas Gerais, il découvre la percussion dès l’enfance. Pendant le Carnaval, il s’installe devant sa porte pour regarder défiler les groupes et les fanfares de rue, ce qui lui donne envie de jouer. Sans instrument à disposition, il utilise alors les seaux et les casseroles de sa mère pour accompagner le passage des musiciens.

« Je me suis mis à chercher, écouter, observer, expérimenter et à explorer différentes références au sein de la percussion afro-brésilienne. Une grande partie de ce que j’ai appris vient de la pratique, de l’observation, de la fréquentation d’autres maîtres et musiciens, et des personnes qui ont généreusement partagé leurs connaissances avec moi »

Bien que musicien autodidacte, cela ne l’a pas empêché de sauter lui-même le pas de l’enseignement. En septembre 2026, le groupe a quitté Brasília pour une tournée en Europe. Batukenjé s’est d’abord rendu à Paris pour le Festival du Lavage de la Madeleine grâce au soutien financier du programme « Conexao », fond de soutien à la culture du district fédéral (Brésil). L’équipe a posé ses valises dans la région lyonnaise pour ainsi transmettre leurs connaissances des percussions jusqu’ici.

Celin du Batuk, positionné à gauche, accompagné par son timbal à Lyon, place Bellecour, lors de leur venue en France en septembre dernier.

En octobre, c’est à Coburg, en Allemagne, que l’équipe pose ses bagages pour participer à l’événement Samba Sound Stage. Le percussionniste animera également un atelier de batucada durant la programmation.

La rédaction

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