Depuis le 10 octobre, la Métropole de Lyon accueil le Festival Lumière. Au programme de cette nouvelle édition : projections, rencontres avec réalisateurs et réalisatrices, conférences et séances de dédicaces. Mais la grande nouveauté de cette année est l’organisation logistique. Le Village du festival a quitté ses préfabriqués, installés lors des précédentes éditions dans le 8e arrondissement à l’Institut Lumière, pour prendre place à la Cité de la Métropole de Lyon, au cœur du Grand Hôtel-Dieu.
C’est plus de 2 000 m² en accès libre pour flâner, prendre un café, se perdre dans les allées de la librairie éphémère et découvrir les nombreux ouvrages cinématographiques mis en avant par les professionnels de l’Institut Lumière en personne.
La rédaction du Bondy Blog Lyon a, elle aussi, arpenté les mythiques alcôves du 2e arrondissement à la recherche de spectateur·ices aguerris ou tout autre curieux·se venu·e (ou pas) pour se plonger dans l’univers du cinéma.

L’accès au Village est possible par plusieurs entrées. La première option, c’est de tenter l’accès par la rue de la Barre. C’est une (petite) mission, même si de timides pancartes indiquent le chemin vers le Village et que le trajet reste très beau pour les yeux. Il faut traverser tout l’Hôtel-Dieu, slalomer entre les cours intérieures, les hôtels de luxe et les restaurants.
Autrement, une autre entrée, plus rapide (et tout aussi jolie), se situe place de l’Hôpital. On débouche directement à côté des terrasses de cafés et de la grande entrée de la chapelle de l’Hôtel-Dieu.

C’est à l’étage qu’est installé le cœur du Village. Réaménagé pour l’occasion, il fait office de réception pour le prolongement de la librairie éphémère et les stocks du marché DVD. C’est aussi ici que prennent place les conférences et les rencontres.
L’une des responsables de la librairie nous confie d’ailleurs son contentement de voir le public déambuler au même endroit que les directeurs du CNC, croisés quelques jours plus tôt. Cela change radicalement des éditions précédentes, où ces derniers restaient d’ordinaire perchés dans leurs bureaux, entre costards-cravates poursuit-elle.


Ce jour-là, Claude Lelouch est en séance de dédicaces, il est installé sur une chaise, ou il signe les ouvrages et tout autre artefact de films emmené pour l’occasion par les cinéphiles de passage.
Dans le cloître de l’ancien monastère, en redescendant, nous avons rencontré Maïa, 18 ans. Elle est assise sur l’une des alcôves avec une copine. Lyonnaise, depuis toujours, elle n’avait pourtant jamais entendu parler du festival Lumière.

« On est venues parce que c’est l’endroit habituel où on se rejoint, pour juste parler ou manger, surtout la plupart du temps », raconte-t-elle en riant.
Les deux copines ont découvert le petit journal du festival installée sur le porte-revues de l’entrée de l’ancien monastère. Le programme a été minutieusement étudié, nous confient t-elles «J’ai feuilleté, j’ai regardé, mais je ne connais pas trop les films qu’il y a dedans »
Maïa est un peu frustrée de ne découvrir que maintenant ce festival dans sa ville d’origine : « J’ai l’impression d’être une fausse lyonnaise, il y a plein de trucs qui se passe et je suis pas au courant ».
En théorie, la culture est accessible à tous et toutes, en pratique, l’accès aux événements reste bien inégalitaire et dépend des cercles dans lesquels on évolue . « Chez moi on en parle pas puis à la fac non plus, puis j’ai pas eu cours ces derniers jours » témoigne Maïa qui aimerait pouvoir se rendre à l’une des séances proposés lors du festival avant ce 18 octobre.
Plus loin, nous rencontrons Marie Balaresque, médiatrice à la Cité internationale du film d’animation d’Annecy. Venue à Lyon pour la première fois à l’occasion du festival, elle est ici pour animer un atelier grand public visant à « initier au cinéma d’animation ». L’atelier s’est déroulée en deux temps : une première partie théorique où Marie a présenté les origines et l’invention de l’animation, suivie d’un volet pratique. Les 25 participant·es ont ainsi pu réaliser leur propre jouet optique afin de créer, à leur tour, une courte animation.
« L’idée était aussi de présenter la Cité internationale d’Annecy puis de faire un atelier pratique pour se rendre compte que toutes les images que l’on voit au cinéma, sont toujours des images par images et qu’il y a un travail artisanales derrière ».

Marie regrette cependant la distinction faite entre « cinéma dit classique » et « cinéma d’animation ». L’animation est pour elle est un format de création qui permet de tester et d’essayer de nouvelles narrations « ce n’est pas uniquement réservé pour les enfants, j’ai l’impression qu’il est encore vu comme ça ». Elle ne restera qu’une journée à Lyon et est bien triste de manquer les projections « je n’ai pas eu le temps de voir des films, mais ça m’a trop donné envie de revenir »
Jusqu’à dimanche des projections ont encore lieux dans la ville. La cérémonie de remise du Prix Lumière aux invités d’honneur Joel et Ethan Cohen se tiendra ce soir, vendredi 16 octobre, à 19h45, au Centre des congrès. Les spectateur·ices se plongeront dans la salle obscure avec la projection d’Inside Llewyn Davis, sorti en 2013 et réalisé par les frères Cohen. Les spectactrices et les spectateurs, enchaineront ce samedi avec la nuit dédiée aux frères Cohen, avant que le festival se termine ce dimanche.





