Ce samedi 16 mars, une troisième journée de manifestation en soutien au peuple algérien s’est tenue à Lyon. Les manifestants sont partis à 14h de la place Gabriel Péri (7ème arrondissement) en direction du consulat d’Algérie (6ème arrondissement).

Ce week-end à Lyon, les manifestations se sont entrecroisées dans un ballet bien chorégraphié. Marche pour le climat, manifestation internationale contre les violences policières, acte 18 des gilets jaunes et manifestation en soutien aux Algériens, les rassemblements ne manquaient pas dans les rues lyonnaises.

Les Algériens de Lyon disent « Système Dégage »

C’est sous le ciel bleu de mars que ces franco-algériens se sont réunis pour renouveler leur soutien à l’actuel soulèvement se déroulant outre-méditerranée. Déjà la semaine précédente, ils s’étaient rassemblés en ce même lieu et pour les mêmes raisons. Le message qu’ils souhaitent faire passer est bien clair pour Louisa : « On ne veut pas du 5ème mandat et on se mobilise pour ceux qui sont encore là-bas ! »

La manifestation se prépare place Gabriel Péri à 14h. Crédit Photo : Charlène Ponzo / Lyon Bondy Blog

Le lundi 11 mars, le gouvernement Bouteflika avait annoncé l’annulation des élections initialement prévues le 18 avril sans pour autant fournir leur date de report. Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans en Algérie, a également annoncé à cette occasion qu’il renonçait à briguer un cinquième mandat. Le peuple algérien suite à cette nouvelle reste méfiant. Ils craignent en effet que le quatrième mandat de l’actuel président soit simplement rallongé. En cette raison, les manifestations se poursuivent en Algérie et partout à travers le monde. La communauté algérienne s’accorde pour dire au gouvernement Bouteflika « Dégage ».

 « Je t’aime, moi non plus »

Au lendemain de l’annonce faites par le gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika, Emmanuel Macron l’avait ouvertement félicité de cette décision sur les réseaux sociaux notamment. Pour les Algériens c’est une forme de soutien que le gouvernement français accorde à leur actuel président désavoué.

Dans la foule à Lyon, des pancartes brandies par les manifestants accusent Emmanuel Macron de s’immiscer dans les affaires de l’Algérie. Pour Nadir, membre de l’organisation de la manifestation à Lyon, les relations franco-algériennes ont toujours été « extra-conventionnelles ». La déclaration d’Emmanuel Macron est pour lui une maladresse mais il soulève « le fait qu’il est très difficile pour les politiques français de se positionner par rapport à l’Algérie » de par l’histoire commune des deux pays.

Un espoir grandissant

L’espoir de la communauté algérienne se fait de plus en plus grand face au soulèvement actuellement en cours. Lorsque l’on demande à Nadir, étudiant en urbanisme à Lyon s’il pense que le printemps algérien va avoir lieu en 2019, il nous confie son espoir mais nous corrige. Ce n’est pas un « printemps » pour lui mais plutôt une « révolution » : un soulèvement qui s’inscrit dans un processus long de cheminement vers la démocratie.

À l’image de Nadir, nombreux sont les Algériens présents ce jour qui espèrent une amélioration de la situation en Algérie. À quelques pas du consulat un homme nous confie : « Vous croyez que nous sommes ici pourquoi ? Le système politique est mauvais en Algérie, corrompu. » Le mouvement du peuple algérien lui redonne espoir, il ajoute : « On espère tous que ça va s’arranger au mois de mars pour pouvoir y retourner peut-être ».

Une première affiche est accrochée sur la porte close du consulat. Crédit Photo : Charlène Ponzo / Lyon Bondy Blog

Quelques minutes après, c’est devant les portes fermées du consulat (Rue Vauban) que les manifestants ont terminé leur course. Des affiches appelant Bouteflika à quitter le pouvoir ont ensuite été accrochées à la porte principale du bâtiment devant lequel les manifestants sont restés quelques temps. Rue Vauban on chante, on se photographie et on se filme dans ce moment historique pour la communauté algérienne.

Pour plus d’images de l’évènement :