Dans l’attente d’une décision de la Cour d’Appel sur l’attribution d’un permis de construire à Amazon pour son entrepôt logistique à Colombier-Saugnieu, ses opposants relancent leur mobilisation. 

Crédits : Alternatiba Rhône

Le mot de la fin n’a toujours pas été prononcé au sujet de l’installation de centre logistique controversé que projette d’installer Amazon, sur 21 hectares proches de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Cet été, plusieurs associations altermondialistes avaient érigé un mur de carton devant les bâtiments de la métropole de la rue du Lac (Lyon 3e), pour exiger du vainqueur des élections métropolitaines une opposition au projet d’entrepôt. A l’époque, le candidat Bruno Bernard s’était affiché sur Twitter contre “l’installation de méga-entrepôts Amazon et de nouvelles surfaces commerciales […] qui détruisent le commerce de proximité”. 

A l’occasion du Black Friday 2020 -reporté du 27 novembre au 4 décembre- Alternatiba ANV Rhône a décidé d’exprimer à nouveau son opposition totale à l’installation de cet entrepôt. Une opération massive d’affichage est donc en cours, dans le but de recouvrir les murs de visuels dénonçant la vision d’Amazon. Le collectif a également souhaité se rapprocher des commerces de proximité lyonnais, concernés au premier plan par ce projet. Nelly Sitbon, présidente de l’association Les Vitrines des Pentes qui s’est associée à cette campagne, estime ainsi que “le développement d‘Amazon met en danger la pérennité de nos petits commerces”.  Pour Adrien Montagut, d’Alternatiba Rhône, cette approche transversale est indispensable  : “Amazon est un tel rouleau compresseur qu’il faut être dans une démarche transpartisane pour y faire face”.

La Métropole se range timidement du côté des opposants

Sur la séquence [de mobilisation], l’objectif est d’essayer de faire se positionner la métropole ou la ville sur le sujet”, indique-t-il par ailleurs. Les pouvoirs publics locaux tentent de rassurer des commerçants lyonnais affaiblis par la surpuissance d’Amazon en pleine crise sanitaire. Plusieurs élus du Rhône dont Bruno Bernard ont ainsi signé une pétition pour un “Noël sans Amazon”, tandis que le sénateur signataire Thomas Dossus rappelait la semaine dernière “qu’un emploi créé par Amazon, c’est quatre emplois détruits en parallèle”. A l’initiative d’élus, des projets de plateforme d’e-commerce ont d’ailleurs fleuri à divers échelons, du “Amazon 100% Auvergne-Rhône-Alpes” prôné par Laurent Wauquiez et qui devrait voir le jour courant décembre à la plateforme métropolitaine proposée début novembre par l’opposition centriste “Inventer la Métropole de demain”.

Bien que la collectivité n’ait encore adopté aucune position officielle sur le cas de l’entrepôt, certains membres de la majorité métropolitaine se sont d’ores et déjà prononcés à ce sujet. La Vice-présidente chargée (entre autres) des questions d’économie et d’emploi dans la métropole, Emeline Baume s’est ainsi affichée aux côtés des opposants au projet à l’occasion de la table ronde organisée par Alternatiba, faisant office de lancement de la semaine de mobilisation. Un soutien établi “à titre personnel” mais qui pourrait concerner “d’autres élu.es” selon le communiqué de l’association, dont les membres attendent toujours “des actions concrètes”.

Le tribunal administratif avait donné son feu vert fin 2019 à la délivrance du permis de construire au promoteur Goodman, associant l’entrepôt à un projet d’intérêt collectif malgré les préconisations du rapporteur public. Le géant du e-commerce est aujourd’hui dans l’attente d’une décision de la Cour d’Appel qui devrait tomber prochainement. Du côté d’Alternatiba, on se méfie des faux espoirs : “Ils ne vont pas lâcher si facilement. Si jamais ils perdent, ça va un peu les échauder, mais c’est un lieu stratégique pour eux”, tempère Adrien Montagut.