Figurant comme un pays d’égalité et de liberté, la France ne l’a malheureusement pas toujours été. L’homosexualité qui a pourtant toujours existé, reste un sujet tabou encore aujourd’hui dans beaucoup de pays. On a souvent tendance à en voir les progrès mais qu’en est-il de la véritable histoire de la législation de l’homosexualité en France ?

Le terme d’homosexualité apparaît au XIXème siècle vers 1870. Il est d’abord utilisé pour qualifier une pathologie, que, plus tard l’OMS classera en 1990 dans sa liste de maladie mentale.

Dans la Rome Antique, l’homosexualité était un fait et même un droit totalement toléré par ses habitants. C’est à partir du VIème siècle que les choses changent et que l’homosexualité est considérée comme un crime, allant jusqu’à mériter la peine de mort.

La dernière exécution réalisée en France pour motif d’homosexualité date de 1750 dans la ville de Paris. Deux hommes ont été arrêtés puis emprisonnés à la prison du châtelet. Ils seront plus tard condamnés à mort, étranglés puis brûlés.

La révolution Française, grand pas dans l’histoire de la France mais aussi un petit pas pour une lente dépénalisation de l’homosexualité. Après celle-ci, en 1791 le Code pénal ne qualifie plus la sodomie comme un crime. Cependant, l’homosexualité reste une « atteinte à la pudeur » pouvant déboucher sur des poursuites judiciaires.

En 1940, Philippe Pétain fonde le régime de Vichy, c’est une marche arrière pour les droits homosexuels lorsqu’il rétablit la sanction pénale pour tous rapports homosexuels dans la loi du 6 août 1942.

Durant cette seconde guerre mondiale, les nazis se baseront sur des listes pour entamer une « chasse » aux homosexuels. Les personnes concernées sont alors déportées et tuer en camp de concentration.

Ce n’est que le 4 août 1982 que la loi française dépénalisera l’homosexualité impliquant des personnes de plus de 15 ans.

Entre ces deux dates, des milliers de personnes ont étaient traqués, chassés et poursuivies. Cependant aucun chiffre n’a été publiés malgré le travail de plusieurs historiens sur la question notamment par le journaliste Jean Le Bitoux.

C’est réellement à partir de cette date que les progrès concernant les homosexuels sont envisageables. Lentement mais surement.

En 1998, la question se pose sur le droit aux homosexuels d’avoir accès au Pacte Civil de Solidarité (PACS). La politique française entre dans un profond débat, certains s’y opposent ouvertement comme Christine Boutin ou encore Philippe de Villiers qui évoque « la famille en danger » ou encore « un démantèlement de la famille ». Madame Boutin soutient des propos homophobes et s’engage dans une véritable lutte contre les droits homosexuels ainsi que dans toutes les démarches allant dans ce sens. « Le PACS est la résurgence de la répudiation puisque l’un des partenaires peut l’interrompre à tout moment. De plus, il débouchera inévitablement sur l’adoption d’enfants. Et je voudrais la preuve qu’un enfant élevé par deux parents de même sexe est aussi équilibré que les autres ».

Après des mois d’attentes concernant la question du PACS homosexuels, le verdict tombe : Le PACS est adopté le 15 septembre 1999 et mis en œuvre par le gouvernement Jospin.

En 2001, s’en suit un nouveau combat, celui de l’homoparentalité notamment par le biais de l’association des parents gay et lesbiens. La grande instance de Paris accepte cette année-là, la première adoption d’une femme homosexuelle pour les trois enfants de sa compagne.

Cependant, malgré une belle avancée, plusieurs complications viendront faire entrave aux droits homosexuels. Le mariage homosexuel sera annulé définitivement en 2007.

De même qu’en 2008, la France est condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir refusé l’adoption à une femme selon son orientation sexuelle.

A partir de 2012, c’est une réelle agitation en France, le débat sur la question du PACS revient encore plus fort cette fois ci pour le mariage homosexuel. Les manifestations regroupant les personnes pour le mariage sont nombreuses, malheureusement celles anti-mariage gay se regroupent souvent, menés par Civitas mouvement catholique traditionaliste. Crée le 17 novembre 2012, La Manif pour tous reste le collectif d’association le plus important dans la lutte contre le mariage gay et l’adoption. En politique l’extrême droite et la droite révèle une majorité d’arguments contre.

Le verdict tombe, c’est un deuxième suspens dans la lutte pour les droits homosexuels : La loi est adoptée par le Parlement le 23 avril 2013. La France est le 14ème pays à accepter le mariage gay.

Aujourd’hui encore, le combat n’est jamais fini, malgré la progression lente, les droits se multiplient mais le constat est clair : Les mentalités elles, ne changent pas. En 2018, l’association SOS homophobie a recueilli 1905 témoignages d’actes dit LGBTphobes. Ces témoignages comprennent les insultes, les rejets, les agressions mais aussi les discriminations. C’est une augmentation de 15% par rapport à l’année 2017.

C’est la troisième année consécutive que l’association relève une augmentation de ces chiffres. Le nombre d’agression physiques a aussi augmenté passant de 139 en 2017 à 231 en 2018 soit une augmentation de 66%. Cependant, les témoignages d’agressions physiques transphobes ont plus que doublé en 2019. Les progressions sont flagrantes mais beaucoup de travail reste encore à faire.