L’année 2020 fut synonyme de bousculement, et de rebondissement. Entre alliance, crise sanitaire, et mobilisation historiquement basse, les élections municipales de 2020 ont provoqué un raz de marée dans la politique lyonnaise. Retour sur le triomphe d’Europe Ecologie les Verts.
Dans le cadre de notre dossier sur le scrutin à venir dans moins d’1 an, nous avons déjà éclairci le fonctionnement des élections municipales et les pouvoirs du maire. Aujourd’hui, nous vous proposons une rétrospective sur les élections de 2020 ainsi qu’un aperçu de la composition du Conseil municipal lyonnais.
Grégory Doucet, une victoire municipale sur fond d’incertitude
Il faut le dire, les élections municipales de 2020 à Lyon se sont déroulées dans un contexte plutôt inédit.
L’histoire politique lyonnaise était imprégnée de la patte de Gérard Collomb, maire sortant qui a dirigé la ville pendant près de deux décennies. Installé à l’Hôtel de Ville de 2001 à 2017 sous l’étiquette du Parti Socialiste, il revient en 2018 avec LREM lors de sa création. Mais à l’approche du second tour des municipales, Gérard Collomb a annoncé une alliance avec la droite, s’effaçant ainsi derrière le candidat François-Noël Buffet pour la présidence de la métropole de Lyon.

Crédit photo : France Info, Métropole de Lyon : Gérard Collomb s’explique sur son désistement au profit du sénateur LR François-Noël Buffet
Cette décision, perçue par beaucoup comme un franchissement de la “ligne rouge”, a provoqué une réaction en chaîne au sein de la gauche lyonnaise. En réponse, le Parti socialiste, La France Insoumise (Lyon en commun) et Europe Écologie Les Verts ont formé une coalition pour le second tour. Ensemble, ils ont mis l’accent sur la nécessité d’un changement durable et inclusif pour la ville tout en se présentant comme une alliance “écologique, sociale et progressiste”.
Mais parallèlement aux alliances tactiques et compromis douteux, ces élections ont également été fortement influencées par la pandémie de COVID-19. Le second tour, initialement prévu en mars, a été reporté au 28 juin 2020 dans une période où la France sortait progressivement du confinement. Cette situation exceptionnelle s’est largement fait sentir dans les urnes. L’abstention a atteint des niveaux sans précédent, reflétant les inquiétudes sanitaires mais également et surtout une certaine lassitude électorale. En moyenne, la métropole a compté environ 62 % d’abstention.
Malgré ce contexte, la “vague verte” a su mobiliser son électorat. Grégory Doucet, tête de liste écologiste, a remporté la bataille avec environ 53 % des voix. Cependant, cette victoire reste à nuancer : ces 53 % représentent seulement environ 19 % des inscrits, soulignant ainsi les défis liés à la participation électorale.

Crédit photo : JEFF PACHOUD, AFP
La vague verte tient le Conseil municipal
Suite à la victoire de la liste “Ensemble, l’écologie pour Lyon”, menée par Grégory Doucet (EELV), la composition du conseil a inévitablement et logiquement mutée. Forcément, les écologistes bénéficient de plus de la majorité des sièges disponibles avec 41 sièges sur 73.

Crédit image : Enzo Genoud
Ainsi, être le parti majoritaire au sein de l’assemblée délibérante confère une influence décisive sur les orientations politiques et les décisions locales, facilitant l’adoption de projets conformes à son programme. De même, les élus EELV possèdent ainsi des postes clés, leur permettant d’appliquer et de s’engager quotidiennement pour les projets défendus marqués par :
- une volonté végétalisation de la ville
- le développement des mobilités douces
- la mise en place d’une politique alimentaire durable
- la lutte contre les inégalités sociales.
- une volonté de rendre la ville plus agréable à vivre, et plus respirable.
De Audrey Henocque (1ère adjointe, Finances, commande publique, grands événements), Chloë Vidal (3ème adjointe Démocratie locale et redevabilité, évaluation et prospective, vie étudiante), ou encore Gautier Chapuis (Végétalisation, lien ville-campagne biodiversité, eau, condition animale, alimentation), ces 41 élus agissent en collaboration avec les différents partis siégeant à la proportionnelle dans le conseil municipal.
Quelles professions se cachent derrière nos élus ?
Mais, si nous nous sommes concentré sur les logiques partisanes et les dynamiques institutionnelles, qu’en est-il des profils professionnels qui façonnent les actions publiques des membres du conseil municipal ? Pour répondre aux questions que l’on se pose tous, nous vous avons concocté un panorama des parcours professionnelles au sein des partis.





Il semble alors que les métiers de la fonction publique et de l’administration tels que les enseignants, les cadres territoriaux ou encore les agents de l’État, représentent le secteur professionnel majoritairement représenté au sein du conseil municipal. Suivis de près, les cadres, chefs d’entreprise et ingénieurs modèlent également en grande partie nos élus.
Article signé Clara Semard.