Éboueurs de la Métropole de Lyon- Crédit : Twitter "Eboueurs de Lyon"

Le quotidien d’un éboueur lyonnais sur Twitter

Après le déconfinement et la levée des restrictions, les Lyonnais ont tout naturellement repris leur rythme de vie: festif, joyeux et vivant. Liberté retrouvée rime avec charge supplémentaire de déchets, dont la collecte est assurée par des agents de propreté urbaine.

Éboueurs de la Métropole de Lyon- Crédit : Twitter "Eboueurs de Lyon"
Des éboueurs de la Métropole de Lyon – Crédit : compte Twitter « Eboueurs de Lyon »

Florian, 32 ans, jeune Lyonnais, éboueur depuis trois ans et propriétaire du compte Twitter « Eboueurs de Lyon » depuis le premier confinement. Il partage quotidiennement et de manière positive les différents aspects de sa profession. Astuces et conseils pour faire un tri parfait, coups de gueule quant aux déchets délaissés sur la voie publique ou encore des moments de bonheur, des clichés avant et après son passage.

Éboueurs : en première ligne face au Covid-19

Selon Florian, il y a eu deux temps. Début de la pandémie et premier déconfinement. « Lors du premier confinement, les gens passaient davantage de temps chez eux. À ce moment, ils étaient soucieux de l’environnement, préoccupés par la collecte et le tri des déchets, mais depuis ça s’est dégradé. » La fin du  premier confinement était un moment clé pour notre éboueur,  « une prise de conscience a apparu pour aussitôt disparaître avec le retour à un semblable de normalité »  affirme-t-il.

Bien que le regard de la population sur les agents de propreté ait changé au printemps dernier, le retour à la réalité était brutal, « On a eu plus de  situations d’accrochages ces derniers temps qu’on pouvait avoir pendant ou avant la crise sanitaire » regrette-t-il.


« Dans les lieux de regroupement, les gens ont peu envie de se casser la tête. En quittant les lieux, ils laissent tout sur place, notamment sur les quais du Rhône ou de la Saône » atteste Florian. En effet, ce fléau d’incivilité est particulièrement présent sur les quais, et a fait l’objet d’une contestation pendant l’été 2020. La métropole de Lyon avait publié un communiqué pour appeler à l’ordre, « au-delà de la légitime envie de profiter de sa liberté retrouvée, il est impératif que chacun respecte les espaces publics »,  avait déclaré David Kimelfeld, l’ancien président de la métropole.

Twitter pour lutter contre la stigmatisation

Interrogé sur l’origine de son compte Twitter, Florian explique que le confinement a été un vrai déclic, « lors du premier confinement, j’étais étonné que les gens nous applaudissent et nous remercient, on nous donnait des bouteilles d’eau, on avait droit à des dessins, à des sourires. C’était la première fois qu’on parle de manière positive de notre métier et c’est de là que l’envie de partager mon quotidien est venue ».

Suivi par à peu près 729 abonnés, l’agent de collecte reçoit majoritairement des messages bienveillants et des questions en rapport avec le fonctionnement du métier. Cependant, il n’échappe pas aux sollicitations de citoyens jugeant que leur quartier n’est pas assez propre.

Se confiant sur son ressenti, l’écart entre réactions virtuelles et échanges dans la vie réelle est notable, « dans la rue, c’est diffèrent.  Il y a un regard, une stigmatisation du rôle de l’éboueur qui est déplaisante » déplore le jeune trentenaire.

Zineb El Mountassir

La rédaction

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