Le vendredi 26 février, les « Ambassadeurs Génération 2024 » se rendaient au sein de l’école primaire « Cours La Passerelle » située dans la commune de Pierre Bénite, pour promouvoir les danses urbaines (notamment le Breakdance) et sensibiliser les enfants à cette pratique. Un moment d’exception pour les plus petits, qui ont pu être sensibilisés à cette nouvelle discipline olympique.

Présentation des danses urbaines. Crédit Luc Lavoué

Aujourd’hui, l’équipe du LBB vous retrouve pour le deuxième volet de sa série sur le Breakdance. Aujourd’hui, nous vous proposons une immersion au cœur de l’école primaire « La Passerelle » qui a eu le plaisir d’accueillir les jeunes ambassadeurs en quête de transmission. Leur but ? « Initier aux cultures urbaines et transmettre leur passion ».

Breakdance : une danse ancrée dans la culture hip hop, mais encore trop méconnue

C’est désormais officiel : le breakdance étendra son empire jusqu’aux portes des JO en 2024. Pilier de la culture hip-hop, le breakdance est apparu dans les rues du Bronx, quartier populaire de New-York. Une pratique qui nécessite d’allier la puissance physique, athlétique et acrobatique, sur du goudron ou sur le parquet d’une salle de sport. Pourtant, cette discipline subit parfois encore trop de mépris de la part du milieu sportif. Combien de fois a-t-on pu entendre : « Le breakdance, c’est de la gym » ou encore « le breakdance est-il un sport ou un art ? » ? Cette attitude, s’explique-t-elle par l’absence de caractère institutionnel de la discipline (de nombreux crew n’ont pas d’existence officielle par crainte de perdre leur authenticité urbaine) ? Difficile de le savoir…
Pour cette raison, il est important de sensibiliser autour de cette culture, désormais sport à part entière des Jeux olympiques. Pour ce faire, pas moins de 8 danseurs sont venus à la rencontre des enfants pour évoquer leur passion. 

Le premier à s’élancer dans le périlleux exercice oratoire devant un public d’enfants surexcités est Patricio qui explique les 5 piliers de la culture hip hop : le graff, le Dj-ing, le beatbox, le rap et la danse. Ensuite, Anil prends le relai sur la partie des danses hip hop : « Salut les enfants ! Alors, qui d’entre vous connaît le breakdance ? ». L’un des enfants ne se démonte pas et répond, « C’est le sport  on danse sur le sol ! ». Voilà Anil rassuré, les enfants ne semblent pas complètement étrangers à la pratique. Petit à petit, l’interaction avec les enfants se fait de plus en plus facile, le jeune ambassadeur présente les 4 différentes danses que constitue les danses hip-hop et évoque notamment le locking avec le mouvement du « funky chicken ». L’une des écolières intervient « Chicken ça veut dire poulet » et provoque l’hilarité des enfants. Anil a marqué des points.

Anil se charge ensuite de présenter les 3 autres danses typiques du hip-hop : D’abord le « breakdance », puis le « popping », et enfin la « House Dance » Un peu, plus tard, Anil et les autres interrogeront les enfants sur la différence entre le Hip-hop et le breakdance, un débat qui suscitera l’intérêt des enfants et qui permettra en plus de démonter un préjugé. Il ne reste plus qu’à finir le travail pour le reste de l’équipe. Let’s Dance !

Les ambassadeurs en pleine démonstration. Crédit Luc Lavoué

Cours La Passerelle : favoriser la cohésion de groupe, une vision commune avec le break

Simple fruit du hasard ou véritable clin d’œil du destin, Marielle Desmules, directrice de l’école du Cours La Passerelle, a utilisé une métaphore musicale pour décrire le fonctionnement de son établissement : « Diriger le Cours La Passerelle, c’est comme être le chef d’orchestre d’un ensemble de musiciens, et pour cela veiller à ce que chacun donne le meilleur de soi-même ». alors quand Leidjy, professeur d’EPS au sein de l’école (en plus de son rôle d’ambassadeur) a proposé un atelier autour des cultures urbaines, l’engouement a été immédiat, comme a pu nous confier la directrice : « Avec la venue des danseurs, plusieurs objectifs ont été atteints : tous les élèves ont participé donc c’était vraiment festif, et pour la vie à l’école, c’est idéal parce qu’on fait quelque chose ensemble ! Le fait de découvrir une culture et toutes ces danses urbaines, c’était très intéressant. On a aussi constaté que certains élèves se sont vraiment révélés alors qu’ils ont plutôt l’habitude d’être introvertis et effacés dans un cadre classique de cours. Là, j’en ai vu qui étaient à fond et c’était une vraie belle surprise. Ils ont pris confiance en eux« . 

Marielle Desmules a également insisté sur les vertus pédagogiques de cette discipline : « Cette rencontre a aussi permis de continuer le travail déjà amorcé à l’école : favoriser la concentration en mémorisant les pas de danse, garder le rythme, chose qui n’est pas donnée à tout le monde. Ça demande une vraie compétence. Et enfin le plaisir de faire une activité tous ensemble, parce que ça nécessite de faire attention à son copain juste à côté. Chacun était unique par le choix de ses mouvements et en même temps, faisait partie d’un groupe, et ça, c’est pertinent et intéressant »

Déroulé de la journée : entre pédagogie des ambassadeurs et pratique active des enfants

Camélia et Sidjy initient les enfants. Crédit Luc Lavoué

Arrivés en début d’après-midi, les 8 jeunes en service civique pour l’UFOLEP AURA (Fédération sportive multisport régionale) commencent à échanger avec les enfants à 13 h30. Alors toute l’équipe y met du sien pour mobiliser les enfants : « Salut les enfants, est-ce que vous êtes chauuuuds aujourd’hui » s’exclame Théo, l’un des danseurs présents, accompagné de son micro. Tour à tour, chaque danseur se présente avec entrain et dynamisme. À leur manière, ils effectuent chacun leurs pas de danse fétiches. D’abord Anil, puis Patricio, Camélia, Leidjy, Constance mais aussi Sidjy, Théo et Roxanne. Et même s‘ils plaisent tous aux enfants, il faut bien admettre que l’un d’entre eux retient toute l’attention, et il s’agit de Leidjy. Quand arrive son tour de présentation, la trentaine d’enfants présents dehors est en délire : « Leidjy, Leidjy, Leidjy » scandent les enfants à tue-tête, au mépris de l’excès de décibel sonore. « Nous remercions Leidjy pour cette opportunité ici, on l’applaudit très fort » tient à rappeler Maïssa Barouche, tutrice et référente des ambassadeurs des JO de Paris 2024. Alors Leidjy s’improvise dans un solo de Krump et tout le monde se prend au jeu. Théo, prends la suite des débats en pratiquant avec les enfants de la « dancehall » accompagnée de Roxane.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, la directrice définissait l’organisation des ateliers devant les enfants  : « Il y aura 3 ateliers différents, le premier sera un atelier Krump avec les CP et CE1. L’autre sera un atelier breakdance avec les CM1/CM2, et le troisième sera un atelier Dancehall avec les collégiens ». Le ton est donné. Anil se lance dans une démonstration de breakdance avec du « top rock » ou « pas de préparation » dans le jargon de la discipline (pas du breaker avant sa descente au sol), mais aussi du « footwork » (déplacement au sol) et d’un freeze (technique d’équilibre sur des positions instables et difficiles comme un « arrêt sur image »)

Tout au long de l’après-midi, les enfants peuvent admirer toute la richesse des danses urbaines. Anil leur montre ainsi plusieurs mouvements techniques du breakdance accompagnée de Constance. 

Pour clôturer l’intervention, Camélia et Sidjy, regroupent tous les enfants dans la cours de récréation pour un « mini flashmob ». Chaque groupe d’enfant a pu également mis en pratique les pas de danse appris quelques heures plus tôt devant les autres classes : Dancehall, Krump, Body rythm (percussions corporelles) et Breakdance. Ils y en avaient pour tous les goûts vers le préau du Cours La Passerelle. 

Pour finir et comme à l’accoutumée, les enfants ont terminé la journée en descendant les drapeaux de l’école, avant d’applaudir chaleureusement l’équipe des « Ambassadeurs Génération 2024 ».

Les ambassadeurs sont félicités par la direction. Crédit Luc Lavoué