Lyon accueillait hier soir les candidats de l’Union des Démocrates et Indépendants aux élections européennes. En tête, Jean-Christophe Lagarde, président du parti et numéro 1 de la liste « Les Européens », Nora Berra et Louis Giscard d’Estaing, respectivement numéro 2 et 3 pour les européennes.

Pendant près d’une heure, à l’Anticafé du 1erarrondissement de Lyon, les candidats de l’UDI ont déroulé leurs ambitions pour l’avenir de l’Europe. Des projets plein la tête, les membres du parti n’hésitent pas à s’attaquer aux autres listes en campagne. Pour les membres du parti, leur liste est « fondamentalement européenne » avec un « projet concret, des idées concrètes et nouvelles ».

 

L’Europe des transformations

Jean-Christophe Lagarde n’a pas hésité à expliquer les points principaux du projet européen de l’UDI. Il est d’ailleurs celui qui a le plus parlé pendant la conférence.

La transformation de l’Europe est la clé du projet de l’UDI. « Nous avons une vision de l’Europe concrète, positive, avec des avancées extrêmement précises. »

 

A commencer par les données des utilisateurs d’internet. Pour lui, ces données devraient être stockées sur le continent européen et un droit de propriété des données devrait être créé. Les géants du net tels que les GAFA devraient alors payer chaque utilisateur pour revendre ses données.

 

Pour continuer sur les payements, il voudrait faire de l’euro une monnaie d’échange internationale.

L’UDI souhaiterait (et le souhaite depuis 1989) une police et des gardes-côtes européens. Si cela avait été voté dès le début, il n’y aurait « pas de morts en mer et de réfugiés débarquant sur les plages ». Un FBI européen est aussi demandé pour lutter contre le terrorisme et les grands trafiquants.

 

En ce qui concerne l’environnement, l’Europe doit « être leader pour lutter contre le continent plastique », avec un objectif zéro plastique en moins de 10 ans. « S’il n’y a plus de vie dans la mer, on fait quoi ? On jette un camion poubelle de plastique dans la mer chaque jour en France ! » Le développement des moteurs à hydrogène surtout pour les bateaux et les avions doit être mis en avant. Jean-Christophe Lagarde rappelle que le 1erbateau autonome à hydrogène est français. La création d’un livret E européen permettrait de verdir le continent et finançant des actions telles que l’isolation de bâtiments. « C’est bon pour l’environnement, la balance commerciale et le porte-monnaie des français et des européens. »

 

En terme d’agriculture, le parti la souhaiterait plus sainte et respectueuse de l’environnement. Pourtant, la Commission européenne a pour projet de baisser de trois milliards d’euros le budget de la politique agricole commune. « On propose de l’augmenter de 3 milliards sans qu’il en coûte un centime ». D’après le président de l’UDI, avant le Brexit, l’Europe donnait six milliards d’euros aux Britanniques. Cet argent réintroduit dans l’agriculture, servirait à financer les agriculteurs, qui sont déjà engagés dans le changement.

 

Les changements sont aussi à faire au sein même des institutions européennes. « Il faut que l’Europe gagne en démocratie. » Jean-Christophe Lagarde prend pour exemple les décisions prises à l’unanimité. L’Europe est « paralysée depuis 2005 ». « Le dernier de la classe bloque les vingt-six autres. Il vaut mieux faire les choses bien à quatre, six, huit que de ne rien faire à vingt-sept ».

 

La liste des « Européens » est la « seule qui ait une vraie ambition européenne en limitant l’Europe à des actions stratégiques ». Le président de l’UDI a pris des exemples d’actions « inutiles » qu’aurait prises l’Europe, comme la vitesse de clignotement des clignotants de voitures, l’heure d’été et la demande aux poissonniers de mettre le nom latin des poissons de leur étalage…

De gauche à droite : Christophe Geourjon, Nora Berra, Jean-Christophe Lagarde, Louis Giscard d’Estaing et Yves-Marie Uhlrich
Crédit : Camille Romand

« Il y a encore des gens qui veulent nous envoyer dans le mur »

Les candidats de l’UDI aux élections européennes qui se dérouleront le 26 mai prochain ont peur pour l’Europe car « elle est attaquée par l’extérieur mais aussi par l’intérieur » et peut disparaître. Beaucoup de partis prôneraient la sortie de l’Europe ou bien même la sortie des traités de l’Europe. Jean-Christophe Lagarde cite Marine LePen qui dit vouloir sortir de l’Europe sans réellement en sortir ou bien encore Laurent Wauquiez qui souhaite une Europe à 5. Il rajoute aussi qu’ « ils défendent tout sauf notre intérêt national ».

 

Les Républicains veulent rétablir les frontières nationales en mettant des policiers entre les pays de l’Europe mais avouent tout de même ne pas vouloir en mettre à chaque frontière. Jean-Christophe Lagarde, qui développe un peu cette ambition, finit par lâcher que « ce projet est un mensonge ».

 

« C’est une Europe de l’échec »

Emmanuel Macron, qui jusque-là n’avait pas encore été évoqué, n’a pas été laissé sur le banc de touches. Bien au contraire, il en prend pour son grade. Le président de la République a évoqué un SMIC Européen, ce qui, pour Jean-Christophe Lagarde, est « surréaliste » puisque le plus faible SMIC en Europe est celui de la Bulgarie qui s’élève à 232 euros par mois, il serait alors compliqué de trouver une entente entre tous les pays. Pour Nora Berra, c’est un tout autre point. Insistant sur le fait qu’Emmanuel Macron s’isole fortement sur la question du Brexit, il a levé un espoir chez les Européens qui ont fini par être déçus. Selon elle, il aurait suscité la « crispation des partenaires européens en se positionnant comme un donneur de leçons vis-à-vis des gouvernants élus démocratiquement ». Le président aurait fait une belle bourde en mettant l’ancienne directrice de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) à la tête de la liste européenne. Sachant qu’il veut supprimer l’ENA, Louis Giscard d’Estaing se demande si ce n’est pas là un message pour envisager la suppression de l’Europe.

 

« Le pouvoir c’est dans les urnes, pas dans la rue »

Alors que les sondages annoncent 1 à 1,5% d’intentions de vote pour l’UDI, Jean-Christophe Lagarde rétorque qu’il ne les prend pas pour les élections du fait de l’abstention des citoyens. Sans réelle solution pour inviter les Français à venir voter, le président du parti centre-droit, donne essentiellement des propositions. Un seul mot d’ordre « ne laissez pas les autres décider pour vous ». Il explique que la possibilité de s’exprimer se fait pendant le vote, lorsque les Français ne vont pas voter ils n’ont pas à contester le résultat final.