David Kimelfeld est l’actuel président de la métropole. Rival de Gérard Collomb, il se représente en tant que tête de liste avec « Ensemble Avant Tout ». Le Lyon Bondy Blog l’ a rencontré.

Vous avez été un compagnon de Gérard Collomb depuis son accession à la mairie en 2001, maintenant vous vous présentez contre lui, quelle est la raison de cette rupture ?

Je ne me présente pas contre lui. Il y a une élection avec 7-8 listes, ce n’est pas particulièrement contre Gérard Collomb que je me présente, je le fais pour présenter un projet pour la Métropole de Lyon. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Tout le monde est concurrent au premier tour. Je me présente car j’ai un projet que nous avons élaboré pendant un an, avec beaucoup de gens. C’est plus de 1 000 personnes qui ont participé à des ateliers thématiques. Aujourd’hui, c’est plus de 400 propositions. Ce n’est donc pas juste David Kimelfeld tout seul qui dit :  » je vais aller faire un match contre Gérard Collomb ». Cela ne m’intéresse pas. J’ai passé l’âge de ce genre de chose.
La deuxième chose, effectivement nous étions ensemble en 2001, jusqu’à il y a encore quelque temps. Le grand changement est que je suis le président sortant de cette Métropole. Qui aurait pensé en 2017, quand je deviens président, de ce que nous avons fait en trois ans dans cette Métropole ? On a tous d’abord donné un virage écologique sur celle-ci, ce qui n’avait pas été fait auparavant. J’ai vu hier soir, j’étais frappé, Gérard Collomb était avec moi dans un débat, il a expliqué combien à travers son action il avait amélioré la qualité de l’air, que tout était parfait. C’est là que nous sommes en désaccord. Je ne nie pas que nous avons fait des choses, mais l’urgence est devant nous. Elle n’est pas derrière. Il faut que nous aillions beaucoup plus vite et c’est ce que j’ai fait dès 2017. C’est donc une première raison. Je pense à avoir fait un virage extrêmement important. Qui aurait pensé qu’en trois ans l’on ait une gouvernance complètement changée dans cette Métropole ? Nous avions une gouvernance très verticale avec Gérard Collomb, et des vice-présidents qui avait un peu de mal à exister dans leur propre sujet. Nous avons renversé cela. Qui aurait pensé qu’en trois ans nous ayons mis autour de la table l’ensemble des acteurs associatifs et économiques avec une intensité que nous n’avons jamais connu avant ? Personne. Qui aurait parié sur des résultats économiques aussi importants que nous avons eus ? Nous avons réalisé beaucoup de choses en 3 ans. C’est une des raisons qui me laisse penser qu’il faut continuer à aller de l’avant et apporter un projet pour cette Métropole. Personne n’est parti et tout le monde est resté, autour de cette équipe-là.
La dernière chose est que cette Métropole aujourd’hui, ce n’est pas le Grand Lyon ou la Courly. C’est quelque chose de complètement différent. La différence est que nous avons plus seulement des compétences d’urbanisme, de logement, de propreté. Nous avons aussi maintenant des compétences sociales extrêmement élargies : la protection de l’enfance, le handicap, le vieillissement, l’insertion. Je suis celui qui a fait fonctionner la Métropole et émerger ces sujets. Nous avons donc de vraies divergences. Pas sur tout. Nous ne les avions pas avant parce que la métropole n’avait pas ces compétences-là. Aujourd’hui nous avons ces divergences. Et le monde a changé. Les urgences sont devant nous, et je pense être en capacité par mon expérience d’apporter des réponses concrètes aux urgences liées au climat, et au social aussi.

Vous êtes le premier depuis la Courly – Grand Lyon Métropole à ne pas être le maire de Lyon. Cela implique des relations différentes entre Lyon et la Métropole. Souhaitez-vous développer cela sur la prochaine mandature ? Comment innove-t-on sur cette relation ?

Nous innovons en montrant que nous l’avons déjà fait. J’ai été président avec George Képénékian comme maire de Lyon. Nous avons montré qu’il était possible d’avoir des relations extrêmement équilibrées et denses, dans le sens où nous partagions un certain nombre de choses. Nous l’avons montré pendant les 16 mois où George Képénékian a été maire de Lyon. Nous voyons bien que Gérard Collomb n’est pas du tout dans cette perspective-là. C’est lui qui a choisi le candidat pour la ville de Lyon, à tel point que c’est lui qui a annoncé sa candidature. Au moment où je vous parle, Yann Cucherat n’a jamais dit dans une phrase assez simple : « je suis candidat à la ville de Lyon ». C’est quand même incroyable, si nous prenons toutes les interviews, il ne l’a jamais dit. C’est assez révélateur. C’est une phrase assez simple à dire. Mais non, il ne le dit pas, il l’a fait dire par Gérard Collomb, car c’est inscrit dans son programme de diriger la ville depuis la Métropole. C’est extrêmement dangereux pour la ville de Lyon et pour l’ensemble des communes. Nous ne pouvons plus continuer à travailler comme nous le faisions dans le passé, c’est tout à fait exclu. J’ai vu une interview de Yann Cucherat qui disait : « il y a un capitaine, c’est Gérard Collomb, et toute l’équipe est derrière le capitaine ». Mais aujourd’hui, il y a deux collectivités. Il y a une ville avec une élection, et une métropole avec une autre. Il ne faut pas tout confondre.
Nous avons expérimenté cette relation équilibrée avec George Képénékian à la ville de Lyon, mais aussi avec l’ensemble des autres communes. Si aujourd’hui j’ai beaucoup de maire de commune de petite taille ou de taille moyenne autour de moi, c’est parce qu’ils ont compris qu’il y aurait une équité des territoires. Nous pouvons continuer à faire ensemble ce qui a été mis en place en 2017.

C’est-à-dire qu’ils n’ont pas à avoir peur d’être phagocytés par le centre-ville ?

C’est ce que j’ai indiqué très clairement. Quand j’ai dit qu’il fallait nous remettions au goût du jour ce que nous appelons la « dotation de solidarité communale », qui est une aide financière de la métropole, c’était pour montrer que la Métropole accompagne toutes les communes. Il ne s’agit pas de laisser de côté la ville de Lyon évidemment, c’est la ville centre comme l’on dit, mais il faut une relation extrêmement équilibrée. Il faut des rapports de forces dans le bon sens du terme : équilibrés et cordiaux. Nous ne pouvons pas avoir dès demain, ce qui était dans le projet de Gérard Collomb quand il est revenu, je redeviens le maire de Lyon et je dirige la Métropole. C’était un point de notre désaccord. J’étais président de la Métropole, et je lui ai dit que s’il la voulait, il fallait qu’il la reprenne.

C’était cela le point de rupture avec Gérard Collomb ?

Il y en a eu d’autres avants. Un des premiers points de rupture était sur la question sociale, sur la question de l’hébergement, sur la question des mineurs non accompagnés, où Collomb depuis Beauvau considérait que je portais trop d’attention sur ces sujets-là. Nous étions en désaccord sur cela. Je n’ai jamais remis en question les décisions qui avaient été prises avant que je devienne président de la métropole. Je n’ai pas arrêté un seul projet, ils se sont déroulés comme ils devaient se dérouler. C’est normal, c’est la démocratie. Mais quand les nouveaux sujets arrivaient, je n’avais pas demandé l’autorisation au ministre de l’Intérieur. Pour ce que je devais faire dans ma propre Métropole. Il en était exclu. Il y a eu d’autres ruptures ensuite, mais elle s’est concrétisée quand Gérard Collomb est devenu maire de Lyon, c’est le moment où moi je me sépare de ma directrice de cabinet et de mon chef de cabinet que j’avais conservé par pure loyauté sachant que pour Gérard Collomb, il fallait qu’il retrouve ses équipes. Cela n’a pas été une partie de plaisir, quand pendant les 18 mois j’ai dû travailler dans ces conditions. Mais une fois que Gérard Collomb a dit qu’il ne revenait pas à la Métropole, je n’étais plus engagé, je m’en suis séparé. Cela a fait partie des tensions. Ils ne sont pas malheureux, ils l’ont retrouvé, dans son cabinet. Je ne m’étais pas trop trompé dans mon analyse.

Vous avez une vision plus humaniste que Gérard Collomb, notamment après la loi « anti-migrant » qu’il a fait passer ?

Ce qui m’a choqué, ce n’est pas la loi en tant que telle, même s’il y a beaucoup de choses à dire, mais surtout, la manière dont il la présente et les propos qu’il a pu tenir qui étaient tout sauf rassembleurs sur cette question. Au-delà de ça, plus humaniste, il est clair que je ne partage pas avec lui cette notion « d’appel d’air ». Tout le monde s’accorde à le dire, y compris dans un dernier débat-là qui a eu lieu sur « le pouvoir de vivre » de Nicolas hulot où toutes les listes, même les plus à gauche, ont considérés que ce qui avait été fait sur les MNAs était bien fait, même si nous n’avons pas à en être fier, nous avons simplement rempli notre mission. Il reste des choses à faire, mais nous avons beaucoup progressé. Il y avait encore deux ans, presque 650 mineurs étaient à l’hôtel. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’environ 150 ou 120, ce qui est beaucoup trop, mais ce qui veut dire que nous avons créé beaucoup de places d’hébergements. C’est également de l’accompagnement avec des associations de créé.
Là-dessus, nous avons un vrai désaccord. Gérard Collomb, parlait lui au moment où l’on créait ces places, et en le mettant en avant, une montée de la délinquance liée au MNA. Il faut en avoir une lecture plutôt rapide pour dire cela. Puis la deuxième chose est de penser qu’il y aurait un « appel d’air », ce qu’il a dit lors de mes vœux dans le quatrième arrondissement où il a, à haute voix, expliqué que la Croix-Rousse deviendrait un lieu où bientôt plus personne ne pourrait se promener parce que nous avons créé des places pour les mineurs non accompagnés. Je ne partage pas cette vision-là du territoire. Je le dis toujours de manière très simple, je ne connais pas une seule entreprise qui ait refusé de s’installer sur la Métropole parce que nous avions créé des hébergements pour des gens qui n’en avaient pas. Cela étant, rien n’est parfait, il y a beaucoup à faire à la Métropole sur ce sujet-là. D’ailleurs, tout n’est pas des compétences de la Métropole. Il y a aussi des responsabilités de l’État sur un certain nombre de sujets.
Cela touche aussi l’analyse même que nous avons du développement de la Métropole. Elle est très attractive. Elle attire beaucoup d’habitants, beaucoup d’entreprises. Il faut que nous puissions être au rendez-vous des investissements qui vont avec. Je crois que nous avons finalement été, quelque part, victime du succès. Nous voyons bien aujourd’hui qu’en matière de logement, de transport, il faut investir de manière beaucoup plus forte sur ces sujets. Avec la pression immobilière, cela devient de plus en plus difficile aujourd’hui de se loger y compris au cœur de ville et nous ne pouvons pas laisser faire uniquement le marché et la fatalité.

L’Est lyonnais est considéré comme « le parent pauvre » de la Métropole, qu’est-ce que vous voulez faire pour aider cette partie de la métropole ?

L’Est lyonnais, c’est tout ce territoire qui va de Vaulx-en-Velin à Saint-Priest et qui descend jusqu’au sud avec Saint-Fons et Vénissieux. Il y a plusieurs choses à faire. Il y a tous d’abord à améliorer les mobilités. Je l’ai dit il y a assez longtemps. Lors des premiers vœux à Vaulx-en-Velin où je suis allez, j’ai dit qu’il fallait faire le tramway jusqu’à Vaulx-en-Velin Mas du Taureau et centre-ville. De la même manière qu’il faut le tramway sur Feyzin et Saint-Fons. Il y a un sujet mobilité extrêmement fort sur ces territoires-là. Il y a un sujet de rénovation urbaine qui est engagé qu’il va falloir continuer sur ces secteurs. Je pense que c’est avant tout ces deux priorités.
Il faut aussi investir de manière beaucoup plus forte sur ces territoires. C’est vrai que l’Est lyonnais, il y a beaucoup de possibilités de développement. Il faut que l’on accompagne de manière plus forte sans opposer les territoires.

En parlant de transport, dans ces communes-là, les gens regrettent que les transports soient uniquement banlieue/centre-ville et pas de banlieue à banlieue par exemple d’aller de Vaulx-en-Velin à Saint-Priest, que pensez-vous sur ce sujet ?

Je n’étais pas rentré en détail dans le plan mobilité, mais il y a aussi une volonté de mailler autrement le territoire. C’est-à-dire de ne pas continuer à faire ce que l’on a fait depuis très longtemps, mais l’on souhaite pouvoir faire communiquer les communes entre elles. On a certains nombres de projets de métro, de bus à haut niveau de service pour les relier, ainsi que sur le sujet du vélo. Il faut que l’on puisse allez d’une commune à l’autre en périphérie et ne pas raisonner uniquement sur « comment est-ce que l’on rejoint la ville centre ? ». On a un plan des mobilités que l’on a présenté sur 3 mandats. C’est 10 milliards d’euros sur 3 mandats avec des projets d’extension de métros, de tramway ou de nouvelles lignes, mais aussi des bus à haut niveau de service. Ce sont des projets qui demandent du temps. Les projets de bus à hauts niveaux de services peuvent être mis rapidement en place et l’on va le développer sur un certain nombre de territoires.

C’est-à-dire que vous voulez aussi baisser le nombre de voitures au sein de la Métropole ?

Je ne suis pas obsédé dans un combat « anti-voiture » parce que je crois qu’il y a des gens qui ont encore besoin de leur voiture pour tout un tas de raison. Puis tout le monde dans leur quotidien ne fait pas simplement domicile/travail, c’est une réalité quotidienne, mais il faut offrir l’alternative. Je pense que la personne lambda, quand elle se lève pour aller au travail, sa première réaction n’est pas de savoir si elle va sauver la planète ou pas. C’est d’abord de savoir si elle va y aller dans des prix raisonnables, en toute sécurité, dans une bonne fréquence, avec des délais qui sont respectés pour aller à un point B. Si en plus elle peut contribuer à sauver la planète, c’est tout bénéfice, mais c’est cela la première réaction.

Il faut donc proposer des solutions alternatives, mais tant que l’on n’en a pas, on ne peut pas imposer aux gens en décrétant « passez-vous de votre voiture, et faites comme vous pouvez ». Ce n’est pas raisonnable. Tout d’abord, c’est facteur de déséquilibre social. Par exemple, si vous êtes un couple et que vous habitez dans la première ou deuxième couronne et que vous venez travailler à l’hôpital de la Croix-Rousse car vous ne pouvez plus vous loger, car cela coûte trop cher, si vous n’avez pas de solution de transport, je ne sais pas comment vous venez. C’est un peu moins ma ligne de conduite sur ce qui fait sans doute la différence avec EELV par exemple. On a beaucoup parlé de Gérard Collomb, mais on voit bien avec les chiffres qui sortent que de toute façon il ne gagnera pas la Métropole de Lyon, car il est seul. Ce n’est pas avec 23%-24%. Il ne le fera pas avec les verts, pas avec la gauche, peut-être François Noël Buffet, mais cela ne fait pas une majorité. Ce qui fait la différence donc avec EELV est sans doute cette approche où l’on dit que l’on ne peut pas tout lire par la transition écologique. On dit que la transition écologique se fait à condition qu’en face de cela il y ait la justice sociale et puis un lien fort aux entreprises.

J’ai proposé d’ailleurs dans notre projet que chaque fois que l’on proposera une décision en matière de transition écologique l’on mesure l’impact sur les 10% des familles les plus défavorisées : si cela provoque une dégradation à leur pouvoir d’achat, un frein à leur mobilité, etc. Par exemple, si l’on décrète demain la zone « à faible émission », les voitures des particuliers qui ne sont pas en crit’air 1 ne rentrent plus. Dans ce cas, mesurons l’impact sur les 10% des personnes les plus fragiles. Quand vous allez mesurer ça, vous allez voir que parmi ces personnes-là il y en a qui ne vont plus pouvoir aller au travail le matin.

Sur cette question là, EELV propose des réductions de prix, des gratuités pour les familles les plus pauvres, pour les enfants dans les transports urbains, qu’en pensez-vous ?

C’est bien que vous proposiez la gratuité, mais si vous n’avez pas de transport, vous pouvez toujours proposer de la gratuité sur quelque chose qui n’existe pas. Là-dessus sur la gratuité, il propose la même chose que nous disons. Nous avons proposé la gratuité pour les enfants de moins de 11 ans. Nous la proposons pour les personnes aux minimas sociaux, parce que l’on sait que la mobilité est souvent est frein à l’insertion, et l’on propose aussi un tarif minoré pour les étudiants à 20 euros y compris avec le vélo’v. Mais au-delà de ça, c’est surtout la capacité à dire : ne prenons pas de décisions s’il n’y a pas d’alternative. Si vous n’avez pas de ligne de transport, si vous n’avez pas les capacités de les accompagner à changer leur véhicule, on ne peut pas leur l’imposer et leur dire de trouve un travail à côté de chez eux. C’est sans doute une des différences que nous avons avec EELV, qui n’est pas une divergence de fond sur l’objectif, mais qui est sur la façon d’y aller.

À côté de cela, je suis assez frappé par le débat. Hier soir, nous étions à un débat, et Bruno Bernard dit sur l’éco rénovation, et pourtant c’est leur sujet, car Béatrice Vessilier est vice-présidente en charge de ces sujets-là, il faut y consacrer 10 millions d’euros par an. Heureusement qu’il n’était pas président de la Métropole quand Béatrice Vessilier me demandait de rajouter 20 millions d’euros sur les deux dernières années parce que sinon cela faisait un peu juste. Enfaite, pour remplir nos objectifs, il faut consacrer 50 millions d’euros par an. Il y a un certain nombre de petites approximations sur un certain nombre de sujets. Pour le coup, l’éco rénovation est un quelque chose d’extrêmement vertueux sur lequel on peut aller, car avec cela on isole les appartements. On consomme moins d’énergie, c’est bon pour la planète. En plus, nous faisons baisser la facture énergétique des plus modestes, parce ce que cela pèse dans les charges. Avec cela, on dope une filière de l’éco rénovation qui est une filière économique qui peut être locale et profiter aux PME de nos territoires. D’autant plus que c’est un sujet sur lequel on peut mettre l’insertion, car nous sommes sur des métiers accessibles sans de longues études avec la possibilité de réintégrer des gens dans le travail. Il faut y aller, j’avais envie de dire sans limites, mais la limite est celle du budget. Certains projets écologiques risque de ne pas être vertueux comme de dire les véhicules des particuliers, plus personnes ne rentres s’ils n’ont pas le Crit’Air 0. Ce n’est pas très vertueux pour les personnes les plus modestes.

On parlait de l’éco rénovation, concrètement il y a les bâtiments appartenant à la métropole, mais pour les bâtiments privés, comment cela se passerait-il ?

L’éco rénovation est avant tout pour s’occuper du parc privé et des bailleurs sociaux. Les petites copropriétés de la Métropole peuvent aussi candidater à être accompagné sur l’éco rénovation. On lance aussi un dispositif, il faut que l’on rénove aussi nos bâtiments publics comme nos collèges. On a pris du retard là-dessus.

Vous avez commencé à chiffrer pour les bâtiments de la Métropole ?

On va consacrer 50 millions sur la rénovation. En tous cas pour le dispositif, il faudra, je pense, dépenser tout autant sur un mandat pour pouvoir au fil de l’eau isoler l’ensemble de nos bâtiments.

Vous pensez que c’est faisable en un mandat ?

Peut être pas tout, mais une bonne partie en tous cas. Si tenté que la filière suive. Le problème est la manière dont les entreprises répondent à la demande.

Par rapport à la circulation, le point noir du tunnel de Fourvière, vous savez que maintenant c’est déclassé, que contez-vous faire là-dessus ?

Vous savez, le déclassement de l’A6-A7 a été prévu en la déconnectant du fameux anneau des sciences dont le seul qui le soutient encore est Gérard Collomb. J’ai dit que n’étions pas partisan pour faire cet anneau des sciences. D’ailleurs même si nous l’étions, il ne se fera pas, car, d’une part, il n’est pas finançable. Il l’était avec du financement de l’état et de l’Europe, mais l’Europe a dit qu’elle ne financerait très clairement plus des structures autoroutières, ainsi que le gouvernement qui l’a annoncé aussi. Emmanuelle Macron a dit déjà depuis un moment qu’il ne souhaitait pas que l’état finance. La Métropole se trouverait seule face à un financement de ce type-là qui est estimé à de 4 à 6 milliards d’euros. On ne sait pas réellement. Je rappelle que c’est une autoroute enterrée à 80%.

Deuxièmement, cela a été réfléchi en 1987. Je pense que cela ne correspond plus à la situation en matière de qualité de l’air et de transition écologique. On est sur quelque chose qui n’est plus d’actualité. Troisième point, on ne pourra pas y mettre de mode doux de transport sur des voies réservées. Il y a deux fois deux voies. Si vous faîtes cela, il n’y a plus qu’une voie et des remontées de file dans tous les sens, ce n’est juste donc que pas possible. Gérard Collomb dit hier :  » mais voyez à Madrid, on a enterré l’autoroute, on a mis des sapins au-dessus, c’est extraordinaire ! ». Il faut bien que les fumer sorte d’une manière ou d’une autre. Elles ne disparaissent pas par la poudre de perlimpinpin. Elle sort soit par en haut, soit sur les extrémités.

Et dernier point, notre dernier argument est de dire que dans 10 ans, dans 15 ans, mais ce qu’y est montré par les spécialistes est que les émissions de particules sont émises à 50% par les freinages, par les pneus, donc on n’aura pas réglé le problème. À partir de là, le fait que de toute façon cela ne se fera pas, car si cela avait dû se faire, cela aurait pu se faire avant. Il faut offrir une alternative, et c’est un plan de mobilité extrêmement fort et intensif.

Il se trouve que l’on est la métropole européenne où les métros et les lignes de tramways sont les plus courts, donc on a pas assez investi. On a les moyens d’investir de manières fortes. Je l’avais dit, il y a un peu près 8 mois à un conseil syndical du Sytral qu’il faudrait doubler le budget du Sytral. François Noël Buffet et Gérard Collomb à l’unisson ont dit que « ce n’est pas possible », « c’est totalement irresponsable ». Je reprends des déclarations, c’est assez incroyable. Aujourd’hui dans leur programme figure la nécessité de doubler le budget du Sytral. Je n’avais donc pas tord de le dire !
Bien évidemment que cela est nécessaire, et le Sytral est dans une situation financière extrêmement bonne et favorable sans augmenter les tarifs, voir même en proposant sur un certain nombre de tarifs pour les moins de 11 ans, les minimas sociaux ou les étudiants.

En empruntant ?

Oui. L’endettement du Sytral est de moins de 2 ans. Si vous doublez le budget, vous allez friser les 4 ans. C’est tout à fait soutenable sans dégrader la situation financière du sytral, tout comme on avait dit qu’il faudrait investir 1 milliard d’euros supplémentaires sur la Métropole parce que nous sommes dans une situation familière favorable, sans augmenter l’impôt, voir même en la baissant. Nous souhaitons baisser la taxe sur les ordures ménagères de 20% actuellement à 30%. C’est aussi une baisse de la fiscalité, mais cela ne met pas en péril l’équilibre financier de la métropole.

Et le RER à la Lyonnaise, vous êtes favorable ?

Très favorable. Nous souhaitons favoriser le ferroviaire, car comme ça l’on adresse une réponse pour celles et ceux qui sont dans la Métropole, mais aussi en dehors de la Métropole, car aujourd’hui, on a 200 000 véhicules qui y rentrent, mais qui viennent d’en dehors. On a un enjeu fort en matière ferroviaire. C’est pour cela qu’en tant que président de la Métropole j’ai entamé une relation suivie avec Laurent Wauquiez, nous n’avons pas le même avis sur beaucoup de questions, mais cela n’empêche que pour l’intérêt général il fallait qu’on arrive à contractualiser notamment sur le ferroviaire, sur le développement économique, c’est comme cela que l’on a signé le plan Inter-Région.

Et avec la SNCF, le dialogue se passe bien ?

Oui, il se passe bien. Après, vous savez, la SNCF est une entreprise compliquée. C’est pour cela qu’il faut une alliance des collectivités pour faire le poids face à la SNCF réseau notamment. Le fait de pouvoir avancer en de bonne collaboration avec la région qui avait des compétences ferroviaires, c’est sans doute comme cela qu’il faut faire. Si l’on y va chacun séparément, on n’y arrivera pas.