Cinéma : « La Città Proibita » : Le Kung-Fu s’invite à Rome

Ce vendredi 3 avril, le « Comoedia » a presenté à la presse le film La Città Proibita, de Gabriele Mainetti. Sorti en 2025 mais resté jusqu’ici confidentiel en France, le long-métrage était projeté en avant-première dans le cadre du festival Hallucinations Collectives. Entre film d’action et récits de vengeance, cette œuvre hybride nous plonge dans les tréfonds de l’Esquilino, le quartier chinois de Rome, pour un récit aussi nerveux que visuellement saisissant.

Synopsis : L’histoire, c’est celle de Mei (Yaxi Liu), une jeune femme qui débarque de Chine à Rome avec une seule idée en tête : retrouver sa sœur disparue depuis des années. Son enquête la mène au cœur de l’Esquilino, le quartier chinois de la capitale italienne. Elle y croise Marcello (Enrico Borello), un gars du coin qui essaie tant bien que mal de faire tourner le restaurant familial sous la pression de petits chefs de la mafia locale. Mais Mei n’est pas une touriste ordinaire : elle maîtrise les arts martiaux comme personne. Ensemble, ils vont devoir affronter « La Cité Interdite », un restaurant clandestin qui sert de façade à des activités bien moins honorables.

Mot de la rédaction : Dans “La Città Proibita”, la première chose marquante, c’est le choix des décors. On est loin de la Rome touristique et des monuments historiques. Le film nous emmène dans une ville vivante, bruyante et parfois étouffante. Cette ambiance de quartier, filmée avec une grande justesse, donne immédiatement au spectateur l’impression d’être aux côtés des personnages, dans les cuisines des restaurants ou les arrière-boutiques sombres.

Après les décors toujours bien choisis, la réussite de ce projet tient beaucoup à ses interprètes. Yaxi Liu incarne Mei avec une force tranquille et une émotion contenue qui évitent les clichés habituels. Face à elle, Enrico Borello joue un Romain « ordinaire », un peu dépassé par les événements, auquel on s’identifie facilement. Leur collaboration, d’abord forcée puis sincère, constitue le véritable cœur du récit. On notera également la performance solide de Marco Giallini, qui apporte une touche de sagesse et d’humour bien dosée.

La Città proibita reste un film d’action, mais avec du sens, les scènes ne tombant jamais dans la démesure. Chaque coup porté semble réel et les enjeux restent humains. On sent que la maîtrise des arts martiaux de Mei est un outil de survie et non une simple démonstration technique. Cette sobriété rend les affrontements d’autant plus percutants. Le rythme est soutenu, même si le film s’autorise quelques pauses nécessaires pour laisser respirer l’émotion, malgré quelques longueurs ressenties dans la dernière partie.

Au-delà de l’intrigue, le film pose un regard intéressant, mais jamais moralisateur, sur la cohabitation entre les communautés à Rome. Entre l’ancienne génération, opposée viscéralement au partage et à l’échange et la nouvelle, celle des protagonistes, il y a un changement de mentalité. Il montre comment la solidarité peut naître de situations de crise, dépassant les barrières de la langue et de la culture.

En résumé, La Città Proibita est une œuvre généreuse et accessible. C’est un film qui parle de famille, de courage et de survie avec une efficacité certaine. Une proposition cinématographique solide que l’on vous conseille d’aller découvrir pour son énergie et la justesse de son interprétation.

Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014. Twitter : @AazzabEtienne Ses sujets de prédilection : #Politique #Société #Sport

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