Municipales et métropolitaines 2026 : Quelle sera la suite ?

Dans la course à la mairie centrale de Lyon, l’Union de la Gauche et des Écologistes, en tête au premier tour, et désormais forte de sa fusion avec la liste Insoumise “Faire mieux pour Lyon” semble favorite pour le deuxième tour ce dimanche. Mais qu’en est-il du reste de la métropole ? 

L’Est Lyonnais, et plus généralement ce qui formait la petite couronne de l’agglomération lyonnaise, voit les fiefs de la banlieue rouge tomber peu à peu. Si les communes des 3V (Villeurbanne, Vénissieux et Vaulx-en-Velin) resteront vraisemblablement à gauche, les autres communes historiquement ouvrières de l’est et du sud sont déjà devenues des bastions de la droite, et forment ce qu’on appelle aujourd’hui la “ceinture bleue”. 

A Rilleux-la-Pape, le maire sortant Alexandre Vincendet est d’ores et déjà réélu dès le premier tour, avec un score de 72,67%. Idem pour les maires sortants de Bron, Oullins Pierre-Bénite, et Saint-Priest, réélus eux aussi au premier tour confirmant ainsi la dynamique lancée par les victoires de 2014 et 2020 (Bron). Ces résultats du premier tour ne sont donc pas une surprise mais une confirmation pour ces maires qui se disent “boucliers” des politiques menées dans le centre de la métropole. 

Cependant il est important d’inscrire ces succès municipaux massifs dans une stratégie plus vaste, qui est la conquête de la présidence de la métropole par la droite. Car dans les circonscriptions métropolitaines, le poids du maire sortant est déterminant. Là où la droite, désunie, avait échoué en 2020, elle réussit maintenant, derrière Jean-Michel Aulas, à remporter 37 sièges dès le premier tour sur les 76 nécessaires à une majorité absolue. Cette percée est notamment due au duo Sarselli-Gascon, qui dans leurs secteurs respectifs de l’Ouest et Portes des Alpes, aidés par Vincendet sur Plateau Nord-Caluire, apportent au camp Aulas ses plus grands contingents de sièges. Tout le paradoxe est là, la droite est hégémonique dans les quartiers populaires mais peine encore dans le centre de la métropole, à Lyon et Villeurbanne notamment. 

Dès lors, l’enjeu de ce second tour dépasse la simple gestion municipale : il s’agit d’une bataille pour la Métropole. Pour Jean-Michel Aulas, l’équation est complexe : comment transformer l’essai des banlieues en une victoire lyonnaise et ainsi ouvrir la porte de la métropole à la droite. Car pour obtenir les sièges manquants, il faut absolument passer  par les arrondissements lyonnais, où l’électorat modéré, effrayé par la radicalisation de l’Union de la Gauche désormais alliée aux Insoumis, pourrait faire office d’arbitre. A l’inverse, si la gauche s’unit pour sanctuariser les 3V, comme elle l’a fait ce lundi 16 mars pour la mairie centrale, elle conservera les clés de la métropole, condamnant les maires de la ceinture bleue à six nouvelles années d’opposition dans une métropole plus que jamais fracturée par des stratégies politiques.

Hadrien Metton

Etienne Aazzab

Etienne a contribué depuis 2 ans dans le journal satirique FOUTOU’ART. Il a intégré l’équipe du « clic 2014 » : Collectif local d’informations citoyennes à partir de novembre 2013. Il rejoint le Lyon Bondy Blog à partir de janvier 2014. Twitter : @AazzabEtienne Ses sujets de prédilection : #Politique #Société #Sport

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