À partir de septembre, plusieurs élections vont s’enchaîner ce qui va entraîner une agitation de la classe politique, et tous les regards tournés vers les présidentielles de 2027. États des lieux de la politique française.
À moins d’un an du premier tour, la campagne présidentielle française ressemble déjà à un chantier permanent. Alors que le mandat d’Emmanuel Macron touche à sa fin, la rentrée 2026 confirme ce que les observateurs pressentaient depuis des mois : jamais une élection n’aura été aussi précocement — et aussi densément — investie par les prétendants.
Une clarification à droite, un choc à l’extrême droite
À droite, Les Républicains ont tranché : Bruno Retailleau a été largement désigné candidat par les adhérents du parti, mettant fin à une incertitude sur le format de désignation avec une primaire ouverte, primaire fermée, ou choix direct par le président du parti.
Du côté de l’extrême droite, la donne a changé au cœur de l’été.Quelques heures après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national, Marine Le Pen a officiellement annoncé sa candidature début juillet, rebattant les cartes d’un camp que l’on croyait acquis à un autre porte-drapeau.
Le centre en ordre dispersé
Le camp macroniste, ou ce qu’il en reste, se cherche un visage. Édouard Philippe, personnalité politique préférée des Français selon les enquêtes d’opinion et ancien Premier ministre, a lancé sa candidature dès l’automne 2025 sous l’étiquette Horizons. Mais d’autres figures issues du même bloc gouvernemental n’ont pas encore tranché : Élisabeth Borne, qui vient de quitter la direction de Renaissance, a publié un livre esquissant des pistes pour un futur projet collectif, sans se déclarer candidat. Plusieurs autres ministres ou anciens ministres du bloc central, sont également annoncés « en réflexion », avec des annonces attendues à l’automne.
Une gauche fragmentée, une primaire fragile
C’est peut-être à gauche que l’éparpillement est le plus visible. Entre un député socialiste candidat depuis février qui refuse toute primaire avec son propre parti, un maire hostile lui aussi à une primaire de gauche, et une candidate écologiste qui plaide au contraire pour un rassemblement unitaire, les lignes de fracture stratégiques s’ajoutent aux divergences de fond. Un ancien Premier ministre s’est également positionné, ainsi qu’une ancienne ministre de l’Écologie devenue présidente d’un petit parti. La perspective d’une primaire commune à toute la gauche, censée éviter la dispersion des voix, semble de plus en plus compromise par ces candidatures concurrentes.
À la gauche de la gauche, la dynamique est différente : Jean-Luc Mélenchon, qui a déclaré sa candidature en avril, multiplie déjà les initiatives de campagne, fort d’une base militante rodée à trois candidatures précédentes.
Plus de trente noms, une élection encore ouverte
Au total, les décomptes des rédactions politiques évoquent une trentaine d’élus déclarés ou potentiellement candidats, un chiffre qui donne la mesure de l’éclatement du paysage. Certains poids lourds n’ont pas encore abattu leurs cartes : le calendrier des annonces s’étalera sur les prochains mois, plusieurs responsables ayant indiqué vouloir se prononcer à l’automne.
Cette précocité et cette multiplicité ne sont pas propres à 2027. Mais elles posent, une fois de plus, la question du filtre : primaires internes, seuil des 500 parrainages, poids des sondages précoces — autant de mécanismes appelés à réduire, d’ici avril 2027, une liste de prétendants que plus personne ne semble en mesure de tenir en un seul tableau.
Ce panorama reflète l’état de la course tel que rapporté à la mi-août 2026 ; plusieurs candidatures restent susceptibles d’évoluer d’ici le scrutin.





