Entretien avec Gautier Chapuis « Quand on est société civile, quand on est ensemble, on gagne. »

Gautier Chapuis, adjoint au Maire de Lyon en charge de la Végétalisation, de la Biodiversité, de la Condition Animale et de l’Alimentation, ainsi que co-président du Groupe des Écologistes au Conseil municipal, revient avec nous sur son parcours, son engagement pour l’écologie et les enjeux du projet porté par la majorité écologiste depuis 2020.

Dans le cadre de notre dossier “à un an des municipales : l’heure du bilan”, nous avons exploré le fonctionnement du scrutin, les pouvoirs du maire et proposé une rétrospective des élections de 2020, ainsi qu’un aperçu de la composition du Conseil municipal lyonnais. Aujourd’hui, nous vous proposons la seconde partie de notre entretien avec Gautier Chapuis, figure engagée de l’écologie politique à Lyon et acteur clé de la majorité municipale.

Entretien Partie 2

LBB : Est-ce qu’il y aura besoin d’un autre mandat pour finaliser tout ce que vous avez décidé d’entreprendre?

Gautier Chapuis : Alors, ça, de toute manière, c’est sûr. Que ce soit nous qui le pilotions ou pas, c’est comme ça quand on vote un plan pluriannuel d’investissement. En fait, il y a forcément une partie qui déborde sur le mandat suivant. Nous, au début de notre mandat, on a récupéré des projets qui étaient de l’ancien plan pluriannuel d’investissement. On peut réajuster, bien sûr, en fonction du projet pour lequel les Lyonnais et les Lyonnaises ont voté. Cela n’empêche, ça dépasse forcément un mandat. Typiquement, le projet de rive droite sur le Rhône, c’est un projet qui va même dépasser au-delà de ça si les suivants le poursuivent encore une fois. Voilà, il y a un choix légitime de la démocratie qui fait que des projets peuvent être arrêtés, ajustés, amendés. C’est ce qui se passe pour la Part Dieu, par exemple, où on a souhaité l’arrêt de construction des grandes tours. Et la rive droite, par exemple, fait partie de ces projets-là qui vont nous suivre finalement, que ce soit nous ou d’autres. Alors, peut-être que ce sera réajusté, peut-être que ce sera aussi arrêté. Mais en tout cas, c’est sûr que pour finir ce projet-là, comme on le pense, il faudra plus d’un mandat. On est au début, finalement.

LBB : Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de ce mandat ? Et qu’est-ce que vous changeriez si vous étiez réélu lors des élections municipales de 2026 ?

Gautier Chapuis : Déjà, le contexte de ce mandat-là, il est particulier. On pourrait dire qu’il se succède de crises. Crise Covid, puis il y a eu la guerre en Ukraine, l’inflation, crise du pouvoir d’achat, crise démocratique aujourd’hui. Enfin, avec un gouvernement qui est là, mais qu’on ne sait pas pour combien de temps. Un rassemblement national qui est très rusé, qui prend du pouvoir. Bref, les crises environnementales, de justice sociale et démocratique, si on reprend ce triptyque, s’enchaînent depuis le début de notre mandat. Ça, ce n’est pas une difficulté. Je pense qu’il faut juste se dire que c’est maintenant la course normale du monde, savoir qu’on va vivre dans cette période-là, une période de transition vers un nouveau modèle. Bon, ça, typiquement, on pourrait parler de difficulté dans le sens où on ne sait jamais quelle va être la prochaine crise, entre guillemets. Donc, c’est à appréhender. Après, c’est un mot un peu désuet, mais il faut faire preuve de “résilience”. Voilà, c’est dans notre ADN finalement, chez les écologistes, de toujours s’adapter. Donc ça, c’est quand même, par rapport au mandat précédent, une nouveauté à prendre en compte, qui vient impacter quand même le bon déroulement des opérations que l’on a. L’autre chose, c’est la construction des collectivités, puisque c’est la première fois qu’il y avait ce vote au suffrage universel direct de la métropole, où du coup, il a fallu réinventer une collaboration ville et métropole. Dans le sens, c’est la première fois où il y avait une urne pour voter pour cette collectivité-là. Il y avait une liste métropolitaine et une liste pour la ville, sous un format départemental, finalement. La métropole de Lyon est un peu unique en France, elle a les compétences de la ComCom et du département. C’est une collectivité, maintenant, qui a son existence démocratique propre. Avant, c’était des regroupements d’élus de chaque ville qui composaient cette collectivité-là. Ce qui veut dire qu’au niveau fonctionnement interne et inter-service, c’est des collectivités qu’il faut reconstituer d’un point de vue organisationnel. Et ça, je ne dis pas que ça a été une difficulté, mais ça a été à appréhender, comme à chaque fois qu’on crée quelque chose de nouveau, il faut retrouver ses marques. Et ça s’est super bien passé parce qu’on est alignés de manière assez fine avec Bruno Bernard et les élus métropolitains. Cela n’empêche, au niveau des administrations, il a fallu créer des manières de travailler différentes. 

LBB : Suite aux européennes, Marie Toussaint, votre candidate, a fait 5,8%. Et au niveau de la majorité municipale. Grégory Doucet a sorti un peu les muscles en mettant vraiment une majorité verte. C’est-à-dire que les autres parties, Sandrine Runel est partie à l’Assemblée nationale, Audrey Henocque a récupéré la culture. On remarque quand même que Grégory Doucet sort les muscles non ? 

Gautier Chapuis : Vous voulez dire qu’il reprend la main par rapport aux partenaires ? Alors, il y a deux choses là-dedans. Déjà, dire qu’il y a une équation qui est née de l’élection de 2020. C’est-à-dire qu’au suffrage, on arrive dans cette composition avec 41 élus écologistes sur 73 au niveau du conseil municipal, 6 élus partenaires et puis 4 élus partis socialistes et apparentés. Donc, déjà structurellement, il y a un déséquilibre, il faut le dire, qui est né en 2020. Si on parle de 2026, si sera forcément restitué, et c’est notre souhait, on voudrait repartir ensemble. Donc, ce déséquilibre là fait naître également un déséquilibre dans l’exécutif, de fait. Pour autant, c’est une volonté qui a été très forte de la part du maire de donner des portefeuilles importants à ses partenaires parce qu’il y a un respect de ces partenaires-là. Et comme je vous le disais, la construction du projet pendant l’entre-deux-tours nous a nourris et a montré que chaque famille politique, même si on avait les mêmes valeurs, avait des différences fondamentalement inspirantes pour un projet en commun. Et donc, du coup, ils donnent effectivement l’éducation, les affaires sociales, à Stéphanie Léger, Sandrine Runel qui reprend les affaires sociales, et Nathalie Perrin-Gilbert qui avait la culture. Et puis Laurent Bosetti,  insoumis,  qui a les ressources humaines. Donc, c’est des gros portefeuilles finalement dans les budgets, j’entends, à la fois fonctionnement et investissement, puisque le premier budget d’investissement, c’est l’éducation, et les premiers budgets de fonctionnement, c’est  la culture. Et donc, on a cette volonté-là de donner du poids. Après, l’histoire s’est écrite, et malheureusement, Nathalie Perrin-Gilbert décide de se mettre à l’écart de cette majorité-là. Après, derrière, il y a une question aussi de parité femmes-hommes. Et il s’avère que chez nos partenaires, c’est comme ça. Il y a une parité entre femmes et hommes du côté du PS, mais il y a plus d’hommes que de femmes du côté Lyon en commun. Pour la partie affaires sociales, en fait, c’est même une belle histoire de faire en sorte que la quatrième circonscription soit gagnée. C’est une surprise, nous on l’espérait, mais c’est quand même une surprise parce que c’est historique. Et que Sandrine passe députée, c’est vraiment une victoire. On a aujourd’hui quatre députés NFP qui racontent l’union. C’est-à-dire que quand on est ensemble, on gagne. C’est ça que ça veut dire. Quand on est insoumis, quand on est écolo, quand on est PS, quand on est société civile, puisque c’est ça le message de Maurice Tavernier, on gagne quand on est ensemble.

LBB : Justement, vous n’étiez pas déçu que Benjamin Badouard ne reparte pas en 2024 ?

Gautier Chapuis : Pas du tout. C’est un équilibre qui se joue. Et c’est légitime, finalement, que le Parti socialiste ait une circonscription sur la ville de Lyon. Qu’il la gagne, c’est encore mieux puisque c’est les valeurs qu’on défend en commun, finalement. Donc, Sandrine monte à Paris, c’est une très bonne chose. C’est un très bon relais que l’on a au niveau de la ville. Cela n’empêche que ça pose encore cette question-là de parité. Grégory Doucet propose à Stéphanie Léger de reprendre la délégation. Ce qui est quand même, à vrai dire, assez important. Et de manière tout à fait ouverte, elle décide de ne pas prendre cette responsabilité. C’est un choix qui est tout à fait respectable, mais qui, du coup, nous pose en difficulté, qui reste plus que des hommes du côté du Parti socialiste. Et c’est une femme qui doit porter cette délégation. Et donc, Marie Alcover et Sophia Popoff qui est aussi adjointe au logement, reprend les affaires sociales et l’hébergement d’urgence. Marie Alcover, qui était donc conseillère déléguée, monte comme adjointe puisqu’une place s’est libérée. En fait, c’est assez mécanique. Il ne faut pas y voir de lecture politicienne derrière. C’est vraiment assez mécanique, ce qui se passe.  Des équilibres de déséquilibre, du coup, qui ont fait qu’on a cette majorité-là depuis 2020. Et simplement, on essaie de composer avec un rééquilibrage politique avec les personnes qui sont autour de la table à un instant T. Et l’histoire se racontera en 2026, parce que nous, encore une fois, on souhaite l’union. Et elle se racontera d’une manière différente de rééquilibrage en fonction des forces politiques. Si on souhaite l’union, ça sera encore plus constructif sur le premier tour puisqu’on constituera des listes sur lesquelles on s’est tous entendus et tout le monde s’est rééquilibré. Nous, ce que l’on souhaite, c’est de tous partir ensemble.

LBB : Dès le premier tour ?

Gautier Chapuis : Oui. On aura vécu six ans en majorité à gouverner ensemble. À la ville comme à la métropole ou dans d’autres villes, comme à Villeurbanne, par exemple où c’est le cas inverse. Le maire est socialiste, mais le plus gros groupe de Villeurbanne, c’est les écologistes.

LBB : Y-a-t-il un pacte de non-agression suite à la nomination de Boris Tavernier dans la deuxième entre Bruno Bernard et Cédric Van Styvendael ? 

Gautier Chapuis : Non, je ne crois pas qu’il y ait de pacte. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il y a surtout des valeurs communes et une construction des politiques publiques intelligentes. Le plus gros groupe à Villeurbanne, c’est le groupe écologiste. Mais il y a un respect des valeurs et des individus sur un pacte de politique publique que l’on met ensemble. Et c’est ça qui fait qu’aujourd’hui, on est ensemble. Qu’est-ce qui nous ferait ne pas partir ensemble en termes de valeurs communes, en termes de projets communs ? Bien sûr, il y a des divergences. Comme je vous le disais, c’est des familles politiques différentes. Mais au fond, ce que l’on porte, même s’il peut y avoir des abstentions, parfois même des votes contre, c’est le jeu des familles politiques sur lesquelles on s’accorde, en disant : “’on sait que sur cette ligne-là, vous n’êtes pas d’accord avec nous”, et vice-versa. Peu importe, sur la vision globale que l’on a de notre ville et de notre métropole, et puis même au niveau de l’État, le NFP vote ensemble. Ce qui s’est passé, par exemple, dernièrement sur la niche écolo, tout le monde était d’accord, sur notamment les PFAS aussi. C’est ça qui doit nous guider encore plus pendant la crise démocratique que l’on vit là. On est peut-être moins impactés directement (quoique l’extrême droite est en train de monter sur Lyon), cela n’empêche, on a une responsabilité à ce niveau-là. De ne pas laisser la place à des partis qui sont d’extrême droite. Et un ou une conseillère municipale d’extrême droite demain au conseil municipal de Lyon, c’est une personne de trop qui pourra répandre ses idées nocives pour la société.

LBB : Concernant la loi de PLM, elle a été adoptée en 1982 dans le contexte de la loi de décentralisation. Est-ce que vous pourriez un petit peu nous expliquer en quoi consisteraient ces potentielles modifications et quelles seraient leurs conséquences ?

Gautier Chapuis : Oui, alors on peut dire que nous, on n’est pas opposés à une réforme. En fait, tout dépend de l’objectif que l’on se fixe sur cette réforme-là. Encore une fois, par rapport à tout ce que je vous ai dit pendant l’entretien, plus on fait de démocratie de proximité, plus on redonne du poids, dans la proximité et au niveau des gens, le mieux c’est. Et donc, une loi qui verrait re-questionner un mode de scrutin avec cet objectif-là, ça serait même plutôt bon signe. Ça voudrait dire qu’on se re-questionne sur nos modèles démocratiques. À vrai dire, pourquoi pas ? Encore une fois, je ne crois pas que ce soit l’objectif de cette loi, malheureusement. Déjà, parce que sur les compétences, notamment les compétences des environnements, il n’y a pas une ligne. On ne sait pas aujourd’hui comment on va redonner du poids aux arrondissements dans cette loi. Cette loi, elle est surtout basée sur un mécanisme de calcul électoraliste sur un tableau Excel pour dire comment on gagne Paris, comment on gagne Marseille quand on est du camp présidentiel. Et ça, moi, ça ne me va pas. Déjà, on ne gagne pas une élection en faisant une réforme électoraliste, ça n’a jamais marché. On gagne une élection quand on a un projet, quand on a une équipe, quand on a une dynamique, mais pas quand on magouille un tableau Excel pour compter ça et là, comment on redécoupe, comment on refait la réforme pour gagner. Donc ça, ça me pose un problème. Il n’y a rien sur les compétences. Elle est pensée un peu à la va-vite, sans trop de considération de terrain. Cela s’explique très simplement parce qu’ils se sont rendus compte qu’il y avait trois scrutins le même jour si on le faisait à Lyon, ce qui est logistiquement très difficile, voire impossible. Parce que ça fait autant d’urnes supplémentaires, autant d’assesseurs, autant de présidents, présidents de bureaux de vote. C’est des gens qui s’organisent dans des gymnases pour faire des votes. C’est ça dont il s’agit. Et d’un point de vue très terre-à-terre, aujourd’hui, on n’a pas assez d’urnes, on n’a pas assez d’isoloirs, on n’a pas assez de lieux physiques pour organiser les scrutins de manière opérationnelle. Et ça, déjà, ça en dit long sur la manière dont est pensée la loi. Ils n’avaient même pas vu ce problème. C’est-à-dire qu’ils n’étaient même pas venus voir ce qui se passait sur les territoires, et notamment sur la ville de Lyon. Et après, le deuxième souci qui est un peu embêtant, c’est que ça ne re-questionne pas le point de vue démographique. La loi de 1982, elle a été faite en fonction des arrondissements avec un nombre d’habitants par arrondissement, et donc des élus en proportion. Là, il n’y a pas cette réinterrogation. Typiquement, le 7e arrondissement a pris beaucoup d’habitants parce qu’il y a eu des projets urbains. Et là, on est en inéquité par rapport à d’autres arrondissements où il y aurait moins d’élus par habitant et par habitante. La loi ne le rééquilibre même pas. Autre sujet, c’est qu’il y a quand même aussi une question de prime majoritaire. Alors là, tout ce que je vous dis, c’est assez technique, mais en fait, c’est ça, le cœur de la loi. C’est qu’il y aurait une prime majoritaire de 25 %. Donc ceux qui gagnent, gagnent 25 % des sièges, puis en proportion, le reste, alors que dans les autres villes, c’est 50 %. Ca veut dire qu’il y a un problème entre Toulouse et Lyon, qui sont à peu près en même nombre d’habitants et d’habitants. C’est-à-dire qu’un Toulousain qui met un bulletin dans l’urne n’a pas le même résultat, n’a pas les mêmes règles, finalement, en termes de prime majoritaire qu’un Lyonnais. Ca, ça me pose problème. Pas le fait de baisser la prime majoritaire, parce que finalement c’est bien, ça rajoute de la proportionnalité dans les assemblées. En fait, celui qui gagne, gagne beaucoup. Et ça écrase un peu les nuances. Oui, la majorité qui gagne est très imposante. Exactement. Et ça, nous, chez les écologistes, on est assez favorables au modèle qui donne plus de proportionnel, finalement. Parce que, justement, il y a ce biais-là d’écrasement de la majorité qui gagne, qui est moindre. Mais là, ça voudrait dire qu’on ne le fait que sur 3 villes. Il n’est pas ailleurs. C’est quand même assez loufoque.

LBB : Il y avait Thomas Dossus qui avait proposé quelque chose, non ?

Gautier Chapuis : Oui, sur au moins le rééquilibrage au niveau du nombre d’élus par habitant et par habitante. Il l’avait fait avec le groupe au Sénat de manière assez agile parce qu’il ne voulait pas augmenter le nombre d’élus. Ce qui, d’un point de vue de sobriété, même de finances publiques, est assez malin. Donc, on a rééquilibré  en fonction des arrondissements  tout en étant toujours à 73 sur le nombre de conseillers municipaux. C’est la moindre des choses. Moi, j’aimerais bien qu’on fasse sauter aussi cette prime majoritaire. C’est ou pour tout le monde pareil ou pour personne. Je préférerais que ça soit pareil pour tout le monde pareil. Mais le mieux, ça serait qu’on prenne du temps. Il y avait eu sur le statut de l’élu à l’époque des discussions constructives. Ils avaient demandé plein de choses qui dépassent le cadre de la loi mais qui réinterrogent le rôle du statut de l’élu local et je trouve que c’est la vraie question. Comment on est représenté ? Dans quelles modalités ? On le fait et on exerce ces mandats qui sont pour Lyon certainement peut-être parfois plus simples que pour des petites communes par exemple. Mais en tout cas, se questionner sur le statut de l’élu local, c’était une bonne question. C’était une bonne chose. Et puis pour la ville, il y a cette question de démocratie de proximité qui manque cruellement. Les arrondissements demandent plus de pouvoir. C’est leur droit et ce serait notre devoir de revoir la loi pour en donner plus. 

LBB : Nous arrivons à la fin de l’entretien. Est-ce que vous avez  quelque chose à rajouter ?

Gautier Chapuis : On est dans une période où effectivement, il y a beaucoup de travaux, il y a beaucoup de chantiers. Moi-même, je ne circule pas sans croiser des travaux et des chantiers. Je pense que c’est pareil pour tous les Lyonnais et les Lyonnaises. Dire que c’est pénible, mais dire que c’est aussi le projet qui a été porté et qu’on réalise. Quand on plante des arbres, effectivement, il faut faire des trous, il faut faire des travaux. Notamment pour plus de transports en commun, notamment pour réduire la pollution de l’air, c’est effectivement pénible sur le moment, mais après, tout le monde est content. Et donc, c’est ça que je voudrais dire. C’est que c’est une période qui va prendre fin. On l’espère le plus vite possible évidemment. Mais c’est un temps où il faut être un peu patient, et cela portera ses fruits. Et quand je vois, par exemple, que Lyon est dans top 5 mondial des villes où il est le plus facile de marcher, c’est édifiant.

LBB : Et justement, est-ce que ce n’est pas la France qui est en travaux ? Est-ce que ce n’est pas un gros changement en France ?

Gautier Chapuis : Au sens figuré, au regard de tout ce qui se passe en France effectivement. Mais ici je parle du sens propre et je voudrais finir sur ceci. C’est effectivement la surface, mais c’est aussi les travaux de fond dont il faut parler, et dire qu’il y a quand même eu du retard pris. Et c’est pour ça aussi qu’il y a eu des travaux sur les mandats précédents. La, c’est les canalisations qu’on refait. C’est des canalisations d’eau potable qui fuyaient, qui n’avaient pas été refaites depuis 100 ans. Donc, effectivement, c’est pénible et personne n’en prend la responsabilité politique, surtout à la Rive Droite où il y a beaucoup de circulation. Mais si on ne le fait pas, quel jugement porteront les générations futures ? Ça faisait 100 ans que l’on n’avait pas refait les canalisations d’eau, une ressource qui est de plus en plus urgemment importante à préserver. Quand on refait, par exemple, le réseau de chaleur urbain, c’est vrai, c’est pénible parce qu’on creuse et que c’est lourd comme travaux. Mais connecter des habitations au réseau de chaleur urbain, on l’a prouvé, c’est 30% de réduction sur les factures. Et dans une période où il y a une inflation affolante, c’est aussi notre rôle de redonner du pouvoir d’achat. Tout ça, ces travaux-là, ça a du sens derrière. Et c’est à nous de l’expliquer, de le réexpliquer, d’être sur le terrain. Oui, c’est pénible, mais derrière, c’est pour le bien des Lyonnais et des Lyonnaises. Moi, comme je vous le disais, j’aime ma ville, cette ville. Gérard Collomb disait quand il y a des travaux, c’est qu’il se passe quelque chose. Bon, ben voilà. Là, en ce moment, il se passe beaucoup de choses. Sans omettre aucunement le fait qu’il y a une nécessité d’adapter les travaux en fonction des commerces. Et ça, j’y tiens parce qu’une ville qui est vivante, c’est une ville qui a des commerces de proximité. Tout ceci c’est pour remettre cette ville dans le top des classements. Je crois qu’on aime bien être en haut des classements à Lyon. On aime encore plus être devant Paris, même si ce n’est plus le cas dans tous les classements sportifs. 

LBB : Eh bien, merci beaucoup, Gautier Chapuis.

Gautier Chapuis : Merci à vous. 

Interview réalisée par Etienne Aazzab et Clara Semard.

La rédaction

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