Pour notre premier volet de notre série ‘’vue de quartier’’ nous avons exploré Décines, ville de l’est lyonnais, qui se décompose en plusieurs quartiers périphériques. Tram T3 Décines Centre, tout le monde descend.

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Premier cliché dans le quartier de Marie-Josée, avenue Marcelin Berthelot, non loin du Centre Social de Décines. Petites barres de 5 à 8 étages. Marie-Josée nous raconte qu’elle est née à Lyon et qu’elle a toujours vécu dans le coin. Cependant, la hausse constante des loyers la décide à déménager. Elle cible l’Isère où les prix semblent beaucoup plus attractifs.

Au Centre social, nous prenons quelques informations auprès de Geneviève Babeau, Conseillère en économie sociale et  familiale et Responsable du Développement Social et qui travaille sur la ville depuis 19 ans. Elle nous explique que Décines est une ville qui évolue beaucoup, ce que l’on peut voir d’après les nombreux immeubles en construction. L’absence de centre-ville – due à l’histoire de la ville construite en longueur autour de l’avenue Jean Jaurès – rend la vie de quartiers ‘’périphériques’’ très importante.

Selon Geneviève BABEAU, c’est « une ville où il fait bon vivre » et qui attire de plus en plus les classes moyennes. Derrière l’évolution de la ville, on entraperçoit l’accession à la propriété qui est favorisée. Lorsqu’on lui demande s’il existe des quartiers HLM, elle nous parle du quartier du Prainet « qui avait autrefois mauvaise réputation mais qui a changé  depuis “… La hausse des loyers conjuguée aux efforts pour favoriser l’accession à la propriété lui font dire que « Décines n’est pas une ville à vocation sociale ».

Quartier dit du Marais, nous croisons la population gitane de Décines. Ce quartier est très excentré par rapport aux installations urbaines et aux quelques maisons aux alentours. La communauté gitane du Marais est présente depuis près de 60 ans : elle est donc sédentarisée, d’après les petits « chalets » de bois et maisons en dur qui côtoient leurs caravanes encore présentes dans les jardins. L’aspect visuel de ce quartier est très surprenant. Nous croisons un groupe de femmes: « On est entre nous, on peut faire des fêtes en plein air et mettre la musique à fond sans gêner personne ».

Effectivement, les gitans vivent entre eux et les visiteurs, comme nous, sont très vite repérés…D’abord interrogatifs, les visages se font très vite souriants. Une ancienne nous explique que la population est en augmentation : « les enfants grandissent, ils se marient et font à leur tour des enfants… ». Une partie du quartier, ‘’Les Roseaux’’ abrite la famille de Danièle, une mère de famille dynamique, spontanée et accueillante. Elle nous raconte comment la municipalité a mis plus de 10 ans pour leur fournir une maison. Au final, ils ont hérité d’une grande pièce à vivre où elle et son mari ont dû faire les aménagements eux-mêmes (cloisonnements, cuisine, salle de bain…).

Danièle aime se raconter et c’est non sans une certaine fierté qu’elle nous annonce que sa famille a eu l’honneur de faire partie du tournage du film « Les Lyonnais » d’Olivier Marchal au casting impressionnant : Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval (rien que ça !) . Sortie  prévue  le 30 novembre 2011. Ni la mairie, ni le centre social ne nous avaient incité à aller découvrir ce quartier du Marais, comme si rien d’intéressant ne s’y trouvait. Nous y avons croisé des gens vivants, accueillants, souriants  et si notre curiosité ne l’avait pas emporté sur la non considération ambiante, nous serions passées à côté du quartier qui a suscité l’intérêt de l’un de nos cinéastes français.

En ce qui nous concerne, le rendez-vous est pris pour aller voir l’incroyable Danièle et les membres de la communauté gitane du Marais  sur les écrans !

Laura Tangre

La rédaction

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