Tribunal de Grande Instance de Lyon, comparution immédiate, vendredi 28 avril 2017.

Julien* aura 21 ans  dans quelques jours, pourtant il n’en est pas à son premier passage chez le juge. Son casier judiciaire fait l’état d’une dizaine de mentions et 62 mains courantes ont été faites contre lui en trois ans.  Aujourd’hui, il est là pour possession illégale d’arme de catégorie B et de drogue.

Jeudi 27 avril 2017, le jeune homme s’est  fait arrêter par la police pour un simple contrôle. Au moment d’ouvrir le coffre, les forces de l’ordre ont trouvé un fusil de chasse à cross coupé avec des munitions. Après une fouille plus poussée de la voiture, 16 barrettes de cannabis soit 45 grammes de substances ont été retrouvées dans l’habitacle du véhicule ainsi que 920 euros en liquide. Les policiers ont par la suite fait une perquisition chez sa mère où il habite. Ils ont trouvé 540 euros et le chien a détecté plusieurs endroits qui auraient abrité de la drogue.

Tout cela, Julien l’explique par une dette de 4 000 à 5 000 euros qu’il a auprès d’un individu: « Je dois de l’argent à une personne et je dois faire des choses pour elle contre mon gré ». Par « des choses », il entend transport d’armes ou de drogues ainsi que sa vente. Le jeune homme raconte que ne pouvant pas rembourser, il s’est déjà fait violenter. Il refuse de dire le nom de cette personne par peur des représailles sur lui ou sa famille.  Cette dette, il l’aurait contracté à la suite d’un accrochage avec sa voiture en octobre 2016.Par contre, il admet la consommation de drogue de son propre aveu: « j’assume totalement », «  le chite, ça m’apaise ». Pourtant, ce dernier est diabétique, insulinodépendant et il est sous traitement médical. Il explique avoir déjà commencé les démarches pour essayer de se sevrer de la drogue. Mais très vite, Julien a abandonné.

L’enquête a révélé que le Vénissian est « un principal acteur de l’affaire » et non une victime, surtout au vu de son large casier judiciaire. De plus, il est encore aujourd’hui en période de mise à l’épreuve. Julien est sorti de prison en octobre dernier. Depuis, il a travaillé comme chauffeur-livreur. Pour cela, il a passé son permis de conduire. Mais, il a dû quitter son emploi après une blessure au tendon de la main.

La procureure demande une « lourde peine » contre Julien, 2 ans d’emprisonnement, l’interdiction de séjour à Vénissieux, 15 ans d’interdiction du port d’arme et le retrait de son permis de conduire: « il n’est pas un ange » dit  le magistrat.

C’est à l’avocate du prévenu de faire sa plaidoirie. Elle parle d’abord de l’état des prisons : « la France est en septième position de la surcharge carcérale ». Pour elle, ce n’est pas des conditions optimales pour une personne  malade comme Julien. Puis, l’avocate revient sur le comportement du jeune homme « il faut que ça s’arrête » aurait-il dit le matin en présentation, en expliquant que « les choses sont allés trop loin ». Elle veut ainsi prouver la bonne foi de son client et sa volonté d’arrêter notamment la drogue, trouvant le réquisitoire du procureur très dur: « On n’est pas dans la chambre antiterroriste » dit-elle. Pour s’éloigner de Vénissieux, elle ajoute qu’il y a une possibilité d’hébergement dans l’Ain.

Finalement, Julien est reconnu coupable des faits. Il écope de 18 mois de prison dont 6 avec sursis avec une mise à l’épreuve incluent une obligation de travail et de soins ainsi qu’une interdiction de venir à Vénissieux.

Au suivant.

Le prénom a été modifié.