Rencontre avec l’équipe de tournage de « Velvet ». Ce court métrage, en cours de production, traite de l’exclusion sociale des SDF. Une situation qui touche plus de 140 000 personnes en France. L’association Miravoz, à Vaulx-en-Velin, est à l’origine du projet.

 

La Fondation Abbé Pierre publie chaque année les chiffres du mal-logement en France. De 2012 à 2014, entre 133 000 et 141 000 SDF ont été comptabilisés en France. Les SDF ici recensés ont été au moins une fois en hébergement d’accueil ou dans un lieu de restauration. Mais il est difficile d’étudier de façon précise une population marginale et parfois nomade. La plupart souffrent de l’exclusion sociale, et beaucoup ne se rendent pas dans ces centres. On imagine donc qu’en réalité ils sont plus nombreux.

« Tout le monde passe à côté dans l’indifférence »

Une équipe a décidé de traiter le sujet : l’exclusion sociale des SDF. À travers ce court métrage, Hernan le réalisateur veut mettre en lumière cette situation dont peu se préoccupent. « Il y a des SDF dans la ville, tout le monde passe à côté dans l’indifférence, comme s’ils étaient des fantômes. » Le réalisateur précise : « J’ai toujours voulu écrire un film, c’est en vivant dans des squats que l’idée de Velvet m’est venue. » C’est donc à travers une rencontre entre deux sans-abris, qui prennent la route ensemble, que l’on voit le quotidien de milliers de personnes. Le film est en noir et blanc, « on ne sait pas vraiment s’ils sont vivant ou morts. » Les deux protagonistes sont malades, l’un atteint d’une pneumonie, l’autre d’alcoolisme. « La maladie exacerbe leurs défauts, ce qui complique leurs échanges. » Ces différences les éloignent au début, mais finissent par les lier.

L’association Miravoz, située à Vaux-en-Velin, est à l’initiative de ce projet. Cette structure a pour but de promouvoir l’accès à la culture, aux outils de communication et à la création pour tous. Elle intervient dans des MJC, et autres centres sociaux. « On a décidé de faire un court métrage pour nos 5 ans. » Détaille Raphaël, bénévole à Miravoz qui est le monteur et l’assistant producteur de Velvet. Hernan lui propose alors son scénario. Ensemble ils mettent en place une équipe avec des comédiens, une chargée de projet Kim, un ingénieur du son, etc. Tous ces bénévoles, ensemble, travaillent sur ce projet. « On vient tous de différentes structures associatives. » Nous indique Kim, « c’est une réelle expérience humaine ». Pour tourner ce film, ils n’ont pas de moyens financiers, mais trouvent des solutions. Hernan nous confie, philosophe : « On a envie que le film soit fait, je dirais même que c’est le film qui a envie d’être fait ! »

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Nous rencontrons alors toute l’équipe à l’Oblique, qui est dans un squat situé à la Doua, pour la présentation de leur projet. Ce squat les accueille pour les différentes collectes, présentations et fabrication d’outils nécessaires à la réalisation du court métrage. « On soutient cet endroit. Avec Miravoz, on n’aurait jamais pu se payer cet espace de travail. » Confie Raphael. Les costumes et accessoires sont eux récupérés un peu partout. Ce sont surtout des dons. Raphael nous emmène alors dans les salles que l’équipe utilise et nous montre le matériel qu’ils créent pour le tournage. Il nous explique la fabrication d’un rail en bois pour le tournage. « Si on l’avait acheté, ça nous aurait coûté plus de 1 000 euros. On préfère le faire nous même et ça fonctionne aussi bien ».

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