À Vaulx-en-Velin, l’association 10 pour 10 aide depuis trois ans les personnes engagées dans des a­ssociations à trouver un emploi. Une initiative saluée alors que la cité vaudaise possède un taux de chômage très élevé. 

Le gouvernement a récemment lancé un plan d’urgence « un jeune, une solution » pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes en cette période de crise économique. La banlieue, où un chômage de masse règne, n’a pas attendu le covid-19 pour avoir des chiffres inquiétants. À Vaulx-en-Velin, 14,5 % de la population active était au chômage en 2017 et le taux atteignait même plus de 35 % pour les 15-24 ans. (INSEE

Plusieurs actions ont donc été menées que ce soit par la municipalité ou des associations. Parmi elles, 10 pour 10. En début 2017, Richard Bonin, consultant dans l’inclusion sociale et l’intégration professionnelle, est contacté par plusieurs chefs d’entreprises Vaudais. Leur constat est le suivant : ils n’arrivent pas à recruter à Vaulx-en-Velin, à fidéliser l’emploi et remarquent qu’il y a des personnes engagés dans le milieu associatif qui ont de belles compétences et à qui on donne des missions et des tâches. Richard Bonin leur propose donc de créer une structure associative qui s’appellera 10 pour 10, soit dix entreprises pour dix emplois, en avril 2017. Maria Coulin-Lamier, directrice associée du groupe UBIC, est choisie comme présidente. Six mois après, l’association est reconnue d’intérêt général. 

Le succès est immédiat. Dès la première année, l’association rassemble plus de 80 personnes en recherche d’emploi. Un an plus tard, la mairie de Vaulx-en-Velin s’associe au projet et Saint-Fons tout comme la Métropole commencent à manifester leur intérêt. En 2019, 10 pour 10 se concentre sur plusieurs territoires : Saint-Fons et la CTM (Conférence Territoriale des Maires) de Rhône-Amont regroupant Décines-Charpieu, Jonage, Meyzieu et Vaulx-en-Velin. Aujourd’hui, l’association est financée par la ville de Lyon, les collectivités locales et les entreprises partenaires. Ces dernières sont actuellement une trentaine à parrainer le projet. 20 associations sur les 48 de Vaulx-en-Velin sont également en lien étroit avec 10 pour 10. Seul au début, Richard Bonin emploie maintenant deux salariés à plein temps. 

« Aider à l’emploi des personnes engagées »

Le but du projet est clairement énoncé par Richard Bonin : « aider au développement de l’inclusion de personnes en difficulté et à l’emploi de personnes engagées. » Pour cela, l’association engage un bénévole référent dans les clubs sportifs ou associations culturelles qui cherche les personnes sans emploi et les met en contact avec 10 pour 10. Même cas de figure dans les entreprises soutenant le projet, où un référent récupère les CV puis contacte directement le demandeur d’emploi pour un éventuel contrat.  « Aujourd’hui, quand les gens recherchent du boulot et je ne parle même pas des 15-16-17 ans qui recherchent un apprentissage, ils envoient des CV de partout et ils n’ont jamais de réponses. C’est là où l’on a besoin d’avoir un interlocuteur ou une interlocutrice au sein d’une entreprise de façon qu’on ne soit pas une boîte aux lettres de CV. », nous explique Richard Bonin. 

Autre mesure innovante : le « service après vente de l’emploi », comme le dit Richard Bonin. Cela consiste en fait à aller faire deux ou trois visites par an dans une entreprise qui a engagé une personne grâce à l’association pour voir si tout se passe bien. « Aujourd’hui, ce qui fait ce côté humain, c’est qu’on assure le service après-vente par un suivi dans l’emploi. Ça rassure l’entreprise, ça crée du lien et ça fidélise. », assure Richard Bonin. Très enthousiaste concernant l’avenir de 10 pour 10, il envisage d’étendre l’association dans d’autres territoires de l’agglomération lyonnaise comme Vénissieux ou Villeurbanne. 

Retrouvez l’association sur le site : https://www.10pour10.fr/

Vous pouvez aussi contacter l’association au 06 85 87 80 33 ou par mail (contact@10pour10.fr).