Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin, a invité les journalistes vendredi 14 juin à une conférence de presse à 16h. Celle-ci suivait un conseil de représentants locaux et de la métropole sur le sujet de la sécurité et de la délinquance. Le débat entre les différents porte-paroles à fait ressortir un sentiment d’insécurité présent dans la commune. Bien que le discours soit plus lissé, la municipalité s’inscrit dans une démarche sécuritaire.

L’heure est à la discussion ce vendredi 14 juin à la Mairie de Vaulx-en-Velin. En début d’après-midi, les acteurs privés et public locaux se sont retrouvés autour d’un conseil local : le CLSPD . Créé en 2017, il débat du sujet de la sécurité et de la prévention de la délinquance. Il regroupe la Police Nationale, les services judiciaires, l’éducation nationale, les associations … Les discussions permettent de réfléchir sur la manière de mettre en place trois principaux axes : « la prévention de la délinquance des jeunes et de la récidive, les questions de violences faites aux femmes et des violences intrafamiliales, ainsi que la tranquillité publique »

Après cela, la conférence de presse qui s’est tenue à 16h rend compte du débat. Elle dresse le constat de l’année passée après la signature du Plan Local de Prévention de la délinquance 2018. Celui-ci avait été signé dans une réunion exceptionnelle après des incidents survenus dans la ville. Nous n’avons pu y avoir accès. Les données sont sensibles semble-t-il. La maire de la ville, Hélène Geoffroy, avait annoncé le 31 mai 2018 dans Lyonmag : « Face aux voyous et aux fauteurs de troubles, la réponse est sécuritaire, et je l’assume ». La mairie souhaitait renforcer le nombre de caméra de surveillance et la présence policière, maintenant équipée d’une arme de poing létale. Le ton était donné. 

De la coopération avec la justice …

Emmanuelle Dubee, préfète déléguée à la défense et à la sécurité, prend la parole. Elle évoque des « échanges très riches” avec les acteurs présents pour mettre en place une « politique partenariale ». Elle met en avant le désir de la ville de donner des réponses fermes à court terme mais aussi des réponses d’amélioration de la vie quotidienne à moyen terme « avec des problématiques du quotidien qui ont été évoqués par les représentants : rodéo, trafic de stup, et l’ensemble des actes qui perturbent le quotidien »
À titre d’exemple, 100 millions d’euros sont investis dans la ville sur la réhabilitation urbaine, deux millions dans la politique de la ville.

Dans un premier temps, la conférence de presse aborde donc le volet sécuritaire. En effet, Nicolas Jacquet, procureur de la République de Lyon, évoque le renforcement de la coopération du parquet avec la politique judiciaire de la ville : « J’ai décidé de mettre en place avec le parquet un groupe local de traitement de la délinquance (GLTD), qui s’est réuni une première fois au mois de mai, et qui réuni, bailleurs sociaux, police nationale et municipale … ». L’idée est de coller à la réalité du terrain de Vaulx-en-Velin. Il rappelle ensuite la mise en place par la municipalité de travaux  d’intérêt générales pour les condamnés dans les locaux de la mairie. Un retour sur les chiffres des procédures engagées contre les rodéos est aussi fait.  Le chiffre est de 28 depuis un an, certaines pouvant aller jusqu’à de la prison ferme, jusqu’à 18 mois, en comparution et incarcération immédiate.

… à la prévention

Par ailleurs, la ville souhaite s’inscrire dans la prévention à travers l’enfance. Le projet est aussi de « recréer avec l’éducation nationale, avec les familles, les citoyens, les moyens de diminuer et encadrer l’insécurité et le glissement vers la délinquance » comme le dit Georges Kepenekian, Vice-président de la Métropole délégué à la politique de la Ville. Notamment avec des « actions vers l’enfance, en sanctionnant plus sévèrement les adultes qui instrumentalisent les enfants”. La maire de la ville souhaite créer « un village éducatif autour de l’enfant dans la philosophie des cités éducatives”. Elle évoque ensuite la mise en place des « rappelles à l’ordres » pour les mineurs depuis 2018. Cela consiste en un rappel à la loi pour le mineur ainsi que la mise en place d’actions avec les parents. Au nombre de six, cette année-là, la mairie souhaite « exploser les résultats avant la fin de l’année 2019 ».
Le ton est – légèrement – plus modéré qu’il y a un an. Le champ lexical sécuritaire reste néanmoins prépondérant d’un point de vue global, au détriment du social.