Mercredi 12 avril, à 18h30, des français de toutes les régions étaient présents à Eurexpo, à Lyon, pour assister au meeting de François Fillion, candidat Républicain aux présidentielles. La  Drôme, l’Ardèche, la Loire, la Saône-et-Loire en passant même par la Savoie, tous firent quelques heures de route pour quelques heures de meeting.

18 heures durant la queue à Eurexpo

Les jeunes, le soutien central de François Fillion

Après une heure de queue sous un soleil brûlant, le public arrive enfin à rentrer dans l’enceinte du bâtiment. Un militant demande à un responsable combien ils seront environ : « 4 600 et quelques je pense ». Ce monsieur était bien loin du compte, d’après le journal Le Point, la salle était occupée par 7 000 personnes, voire 8 000 d’après France 3. Autour de moi, le public est principalement composé de personnes âgées. Mais le cliché se brise lorsque que se forme au loin une grande troupe d’étudiants à peine majeur pour certains. Tous groupés contre la barrière devant la scène, attendant l’arrivée de leur élu.
Pourquoi veulent-ils voter pour ce candidat de droite ?

Alex, Hubert et Samuel, trois militants Les Jeunes avec Fillion :

Hubert : « Fillon a les épaules pour être président, et il va remettre la France à flot. Mais on va en chier parce qu’il est libéral, on va devoir se bouger le cul. »

Samuel : « Il va surtout pouvoir réduire les dépenses publiques et ainsi supprimer certains emplois de fonctionnaires qui ne sont pas nécessaires, qui engendrent donc des dépenses. »

Alex : « Ce qu’on attend de ce meeting, c’est de nouvelles idées, créer un vrai mouvement, sentir qu’on n’est pas seul quoi. »

Samuel et Alex

Les murs parsemés de « VOTEZ FILLON »,  mille et un jeunes en t-shirt rouge grouillent dans la salle. Ces jeunes, très méfiants des médias, semblent être les gardiens des valeurs des Républicains, attroupés pour montrer leur intention de vote. « J’en racole des jeunes ! Au moins 15 ou 20 ! » S’exclame l’un d’eux à un responsable dans la foule. « Y a pas que des vieux hein ! »

Des personnalités politiques publiques présentes pour soutenir Fillon et légitimer sa candidature. 

On annonce l’arrivée de Laurent Wauquiez et la salle se met à chanter un Joyeux Anniversaire en son honneur. L’ambiance est à la fête, les Français de droite ont l’air fiers de leur rassemblement et semblent s’amuser malgré la tempête médiatique qu’a dû traverser leur candidat. En effet, le but de cette réunion lyonnaise est bien de montrer qu’il y a des jeunes, mais surtout qu’il y a encore du monde qui soutient encore François Fillon. « Est-ce qu’il y a des drapeaux français ce soir ?!

Est-ce-que vous pouvez bien les montrer pour qu’on les voie bien sur les images s’il-vous-plaît ?! » Crie le chauffeur de salle sur un fond de musique électro.

Mais ces sympathisants et militants n’étaient pas les seuls mobilisés : François Barouin ; Philippe Meunier, secrétaire de la commission de la défense nationale et des forces armées ; Damien Abad, député de l’Ain ou encore Marielle Goitschel, ancienne championne Olympique étaient présents.

Après une introduction de musique techno ponctuée de « Fillon, Président ! », tous firent un discours élogieux sur leur candidat. Sur son courage, sa ténacité, sa volonté, mais surtout, sur sa victoire tant espérée.Vient ensuite la diabolisation des autres personnalités politiques : François Hollande qui a « laissé exempte la France », Macron son « héritier », et enfin Marine Le Pen et les « populistes », pour ne pas dire la gauche et ses autres mouvements, qui ne « doivent pas prendre le pouvoir ». Selon eux, il faut « un homme qui place la France avant toute volonté terrestre, et cet homme c’est François Fillon ! ». La mission de conversion politique contre-la-montre se met en route : « il reste 10 jours pour convaincre les indécis ».

Après presque une heure de discours élogieux sur la droite, et satyrique sur le quinquennat « Hollando-Macronien », les « bobos socialistes », à plaindre les retraités, les familles et les agriculteurs, soit presque tout le programme du candidat, celui-ci arrive enfin sur scène en remerciant la foule.

Soutiens : Laurent Wauquiez ; François Barouin ; Philippe Meunie ; Damien Abad ; Marielle Goitschel. Pour « un homme qui place la France avant toute volonté terrestre».

Agali Mainassara

Agali Mainassara, Conseiller Municipal délégué à la parentalité de VilleFontaine, élu Républicain : « Je veux voir mon candidat rassurer les Français. Ce qui compte ce n’est pas les individus, mais la France. Il est le seul à avoir des solutions, les autres partis sont tel un Titanic. Continuer à faire un travail surplace comme ces cinq dernières années c’est démoralisant. Ce qui m’intéresse le plus c’est la sécurité et la Justice.  Il faut restaurer l’autorité de l’état. »

Une France accablée par les dépenses publiques et le communautarisme dans une Europe malade

Son discours débute par son envie de changement, « ça suffit.. ! » lance-t-il à la foule. De la dette nationale de 2 200 milliards à la bureaucratie politique, Fillon dénonce le cercle vicieux qu’est la dépense publique : « si la dépense publique faisait le bonheur de gens, la France serait le pays le plus heureux du monde ! ». Il parle ainsi de l’ascenseur social bloqué par l’Etat-providence, dont la maintenance serait le libéralisme.

S’ensuit la « balkanisation du pays » causée par les politiques incompétents et par le communautarisme. Il ne veut pas « laisser passer les lois Salafistes avant celles de la République ». Suite à un long discours sur la méritocratie française, qu’il vante, et sur les maghrébins intégrés ou morts pour la France. Il annonce qu’aujourd’hui les immigrés « réclament le droit avant le devoir » et qu’ils devront attendre deux ans avant de toucher des prestations sociales, s’il est élu. Pour une « France prospère et unie qui donne à tout le monde sa chance ! ». Nous comprenons bien que pour Fillion « tout le monde » s’arrête au sien.

Pour Fillon, la classe moyenne est la « colonne vertébrale » de la France, les gouvernements se moque des familles et des agriculteurs. Le public, dont le discours est bien ciblé, est touché en plein cœur et applaudit, monte sur les chaises, heureux d’être enfin reconnu par quelqu’un. Grand ennemi des dépenses publiques, il veut cependant rendre le logement social à ceux qui sont dans le besoin, et pour la famille, « cœur de la France », veut verser des allocations familiales. Nous ne savons cependant pas dans quelle mesure, ni pour quelle famille.

Il parle d’une France malade qui causera la désintégration de l’Europe, une France bloquée entre une Angleterre du Brexit et une Allemagne de l’économie. Il veut parler au « génie français » pour faire de la France la première puissance européenne. Mais quelles sont les solutions dans son programme ? En finir avec les 35 heures « utopistes », en finir avec la taxe des riches, qui est schizophrène selon lui, car en effet, pourquoi « taxer les français si c’est pour se rouler dans les richesses d’Arabie Saoudite » ?

Education : respect et autorité pour une égalité des chances

C’est au tour des professeurs de prendre pour leur grade : eux, qui font « croire au élève que tous égaux signifient tous identiques ». Pour cela, Fillon propose deux choses : l’école doit enseigner deux fondamentaux, « l’autorité et le respect », et y imposer l’uniforme dans le privé comme le public. Un jeune sympathisant de 13 ans se dit en effet pour l’uniforme, « comme ça tout le monde est pareil ». L’école signifie alors « tous égaux et tous identiques » pour Fillon contrairement à ce qu’il affirme ?

Justice et Sécurité : les deux points forts de son programme

Après avoir parlé au cœur, on parle au ventre : la justice et l’insécurité en France. Les Français ont peur, alors pour une France de « l’autorité et du respect », le gouvernement créera 10 000 postes pour les policiers et les jeunes pourront dès 16 ans être  traduits en Justice. Voilà comment Fillon favorise l’ascension sociale chez les jeunes, un uniforme ou la prison. La foule l’acclame une fois de plus face à son discours mille fois évangéliste, celui du « sauveur des Chrétiens d’Orient ». Il estime que tout français ne doit pas avoir peur en se promenant dans les rues, ou dans ls quartiers sensibles. Cependant, l’Etat d’Urgence n’a pas été commenté par le candidat.

A la fin de son discours, il remercie son public et ses militants sans qui il ne serait rien. « On va gagner !! » crie la foule. Son discours s’achève d’un habituel «Vive la République ! Vive la France ! », Dont les applaudissements crescendo se stoppent par le retentissement de la cloche savoyarde des sympathisant du Mont-Blanc. La foule est partie aussi vite qu’elle est rentrée. Dans la salle à demie-vide, une enseignante, mère de trois enfants, exprime ce qu’elle pense du candidat Républicain. « Au départ j’étais pour Macron, mais il clivera plus avec la France d’en haut que d’en bas. De plus, c’est le seul candidat qui parle des femmes seules ou battues. Je pense que cette personne se résume à son humanité ».

Berthe-Ngola, Camerounaise ne pouvant pas voter :
« Je suis Camerounaise, mais mes enfants sont Français. Je suis là depuis 22 ans et ce pays est en train de changer de manière incompréhensible. Fillon, c’est le Moïse de la France ! Si les français élisent un autre candidat, ce sera tant pis pour eux. Je vote pour Fillon parce que je veux être aussi heureuse que quand je suis arrivée en France. C’est le pays de la liberté et de l’amour. On doit respecter ce pays. Je veux le meilleur pour mes enfants, donc je veux éjecter la gauche. Mélenchon est un démagogue, alors que Fillon à les cartes en main. Macron et Hamon, eux, sont trop jeunes. La sagesse vient avec la vieillesse. Quant à l’affaire Fillon, j’aimerai qu’on jette la première pierre à celui qui n’a jamais péché, la morale n’a rien à faire dans la politique. Je ne suis pas française alors je suis la plus objective pour savoir qui doit-être élu, non ? »

Berthe-Ngola

Même si la foule était séparée en deux camps, de l’un des vieux, de l’autre des jeunes, l’ambiance était amicale et un véritable amour pour la France en émanait. Mais cet amour est aveuglé par la peur, et alimenté par le terrorisme, la crise, et le chômage… Pourtant, dans cette salle la majorité des gens ne semblent pas concernées : des retraités, des habitants de communes excentrées, famille bourgeoise aux polos Ralph Lauren… C’est leur peur de voir un pays, resté homogène dans leur esprit, se détruire devant leurs yeux, et ceux de leurs enfants. Cela Fillon l’a bien compris, et c’est avec cette corde qu’il joue avec merveille. Peu de faits et beaucoup de problèmes, voilà la recette de son meeting. Fillon se présente exactement comme le gentilhomme défenseurs des droits de la classe moyenne, comme il le reprochait si bien à François Hollande en 2012.

N’oublions pas que son électorat est en majeure partie composé de la Manif’ Pour Tous, à qui il ne fit que très peu allusion, en dehors de son combat pour « le droit de l’enfant et non du droit à l’enfant ». Un peuple conquit, qui affirme sans gène faire aveuglément confiance à leur candidat, sans en connaître les mesures de son programme. Fillon est décidément le messie de ces Français, encore guidé par l’héritage missionnaire Chrétien qui peuple leur esprit.