Vendredi à 11h, le PCF organisait un rassemblement pour défendre l’emploi et les salaires Place Guichard, devant la Bourse du Travail. Une trentaine de militants et d’élus communistes se sont réunis en présence de représentants syndicaux pour interpeller sur la situation sociale. 

“L’emploi et l’industrie ne doivent pas être les parents pauvres des politiques publiques”. Dès les premiers mots au micro, le ton est donné. Les militants entendent reprendre les propositions nationales du PCF, qui a annoncé que la protection de l’emploi serait une de ses premières priorités

Le rassemblement Place Guichard s’inscrit d’ailleurs dans le cadre d’une mobilisation nationale, visant notamment à dénoncer les plans de sauvegarde de l’emploi mis en place sur tout le territoire. Entre le 1er mars et le 27 septembre 2020, plus de 450 de ces plans ont en effet été initiés en France. Cela représente près de 65 000 ruptures de contrats envisagées. L’ampleur de cette crise alerte un militant : “le rapport du Secours Populaire montre que 1 400 000 personnes sont venus à l’aide alimentaire pendant le confinement dont 45% pour la première fois. Dans le 5ème pays le plus riche du monde, on devrait pouvoir aider ces familles à se nourrir décemment”.

 

Une volonté de rallier l’opinion publique

Dans la Métropole, plusieurs entreprises ont d’ores et déjà été touchées par ces plans. Des représentants de General Electric (qui devrait supprimer 250 emplois à Saint-Priest et à Lyon), de JTEKT (qui a annoncé une réduction d’effectif de 219 postes à Irigny avant la fin de l’année) et de Renault Trucks (463 emplois supprimés entre Saint-Priest et Bourg-en-Bresse) ont témoigné lors du rassemblement. 

Ils alertent sur le besoin de rallier l’opinion publique à leur cause : “il y a une bataille syndicale forte dans les entreprises, on a besoin de relais pour peser plus fort sur le patronat et le gouvernement”. 

Raphaël Debû, secrétaire départemental du PCF, insiste également sur le besoin d’une action concertée pour porter le sujet de l’emploi : “Quand il y a une action syndicale sans prolongement politique ou une action politique sans fondement syndical, on n’aboutit à rien. Il faut qu’on marche ensemble, avec aussi le monde associatif. La question de l’emploi est au coeur de la bataille politique, et elle n’est pas traitée nationalement.”

 

Une critique du plan de relance gouvernemental et des “licenciements abusifs”.

Tour à tour, les militants communistes et les représentants syndicaux prennent la parole pour dénoncer le plan de relance du gouvernement. Selon eux, celui-ci encourage notamment les “effets d’aubaine” qu’évoquait déjà Nathalie Arthaud dans nos colonnes. 

Les licenciements à Renault Trucks s’inscrivent par exemple dans cette logique selon un représentant syndical, qui estime qu’ “il n’y a pas de crise dans le secteur de l’automobile et des poids lourds”. Les syndicalistes s’interrogent par ailleurs sur les cibles de ces plans, qui concernent -fait rare- des secteurs “d’avenir”, notamment en ingénierie et en R&D. Selon eux, les transferts des compétences françaises vers l’Asie, notamment dans la filière énergétique (GE), pourraient à terme menacer la souveraineté nationale. 

Il y a beaucoup d’entreprises qui se séparent de leurs salariés parce que c’est le bon moment pour le faire, nous confie R. Debû. Depuis le début du confinement, on a 23 000 chômeurs de plus dans le département et personne n’en parle. On ne peut pas continuer de déverser de l’argent sur les patrons sans qu’il n’y ait jamais aucune contrepartie pour l’emploi”.  

Présent au rassemblement, Pierre Ambrosini (responsable fédéral des JC du Rhône) renchérit : “les jeunes en particulier seront les sacrifiés du gouvernement Macron”. Il rappelle qu’un jeune sur six a perdu son emploi avec la crise économique. Ils devraient être un sur quatre d’ici la fin de l’année.