Lendemain décisif chez les socialistes. Julien a rencontré Lucie Briatte, 25 ans, orthophoniste, responsable des jeunes socialiste du Rhône et récemment élue auprès de Thierry Philip.

 -- Cliquez pour voir l'image en entier Pourquoi vous êtes vous engagée dans la vie politique?
“Comme beaucoup de jeunes j’étais révoltée mais je ne savais pas comment traduire cette révolte de manière concrète, j’étais pas mal prise par mes études et à la fin de celles-ci je me suis inscrite au MJS.
Je me suis engagée, cela aurait pu être au front de gauche, chez les verts mais en fin de compte c’est des socialistes que je me sentais la plus proche au niveau des idées.”

Avez vous déjà été déçue par la politique, notamment par la gauche?

“Oui, et ça m’arrive encore, heureusement moins. Cela m’arrive d’être déçue pas le Parti Socialiste, je me sens socialiste mais au sein du ps je me sens encore un petit peu plus à gauche et c’est pour ça que le mouvement des jeunes socialistes me correspond bien car globalement les idées défendues par les MJS vont plus loin que celles proposé par le PS. Aussi lorsque je vois le projet des socialistes pour la présidentielle, je m’y retrouve complètement. Je pense que notre rôle en temps que jeunes socialistes c’est d’apporter au PS, c’est complémentaire, le fait de susciter certain débat, d’aller plus loin dans les idées permet des échanges et des discussions, donc de faire avancer tout le monde au delà même du parti socialiste.”

Qu’avez vous pensé de ces primaires, et du résultats du premier tour?

“C’est la première fois qu’on permet à des gens qui ne sont pas dans un parti de participer à la désignation d’un candidat à la présidentielle. Nous, les jeunes socialistes, avons beaucoup œuvré pour faire avancer nos idées. Pendant deux ans, nous avons fait un grand travail de débats avec des organisations de gauche, des mouvements associatifs et des partenaires de la société et nous avons pu faire aboutir certaines de nos propositions dans le projet socialiste.
J’étais dans le bureau de vote dimanche dernier et j’y retourne ce dimanche je suis très contente de la participation. J’espère que cela va donner du dynamisme politique et qu’ensuite la gauche l’emportera en 2012.”

Que pensez vous du résultat d’Arnaud Montebourg?

“A mon sens cela traduit la volonté d’avoir des propositions qui tranchent très clairement avec celles de la droite aujourd’hui car il y a un ras le bol que se traduit de plusieurs manières comme l’abstention ou de le désintérêt de la politique en générale. Je trouve que c’est une bonne chose pour la démocratie quand on arrive a ressusciter le débat et faire en sorte que des voix jugées minoritaires soit mieux entendu. Cet élan envers Arnaud Montebourg augure de bonnes choses, car certaines de ses propositions sont partagées par les jeunes socialistes. Aussi, tous les candidats socialistes ont approuvé le projet socialiste mais c’est une question de positionnement et de priorités.”

Comment le mouvements des jeunes socialistes s’est organisé pour les primaires et va s’organiser pour la campagne présidentielle?

”Il y a 2 ans on a lancé le site internet http://www.perspectives2012.fr/ , où toutes les MJS de France organisaient des réunions et des débats qui on permit de faire remonter des propositions. A la fin il y en avait beaucoup, on en a gardé 21 qui semblaient les plus pertinentes et qui avaient été les plus plébiscitées par les militants. On a ensuite présenté ces 21 propositions, on est passés à 8 qu’on a proposé aux candidats socialistes à La Rochelle. Aujourd’hui parmi ces 8 propositions il en reste 3, ce sont l’attestation de contrôle d’identité (http://www.jeunes-socialistes.fr/2011/08/attestation-de-controle-didentite-mettons-fin-au-controle-au-facies/), l’égalité des salaires entre hommes et femmes (http://www.jeunes-socialistes.fr/2011/08/etablir-legalite-des-salaires-entre-les-femmes-et-les-hommes/) et le parcours d’autonomie (http://www.jeunes-socialistes.fr/2011/08/parcours-dautonomie-une-solution-pour-chaque-jeune-un-avenir-pour-la-france/).

Pour la campagne de 2012, nous avons eu des primaires donc cela va tout bouleverser par la suite, j’espère qu’il y aura un mouvement populaire derrière le ou la candidate choisie. Avec les Mjs on va poursuivre ce qu’on fait déjà, et d’une façon plus générale essayer d’intéresser les jeunes à la politique, pour qu’un sursaut se crée, que l’abstention diminue et le vote du Front national baisse. Pour nous c’est vraiment deux grandes priorités, je ne les mets pas du tout sur le même plan car je pense que cela traduit deux choses bien différentes. Il ne faut jamais minimiser l’augmentation des idées racistes et xénophobes, et j’ai l’impression que ces derniers mois c’est devenu normal d’inviter de partout Marine Le Pen , d’en parler comme d’une candidate comme les autres c’est une impression personnelle mais pour moi les idées qu’elle présente ne sont pas compatible avec les valeurs républicaines. Après il y a des associations qui empêchent certaines dérives et propos racistes. Ainsi oui il est normal d’autoriser le Fn et Marine Le Pen de s’exprimer mais il faudrait plus de contradicteurs.”

Enfin pour finir, envisagez-vous une carrière politique?

“Alors d’abord je n’aime pas beaucoup le terme de carrière car cela voudrait dire que c’est un métier et je ne l’envisage pas comme un métier. J’ai déjà la chance de beaucoup aimer mon métier , je suis très bien dans ce que je fait et ça me prend du temps et beaucoup d’énergie. Pour ma part la politique c’est vraiment complémentaire, j’ai commencé jeune socialiste et j’en suis très contente, c’est un engagement complètement bénévole, là aussi les rencontres on fait que je me suis engagée au parti socialiste et que j’y suis de plus en plus engagée. J’aimerais avoir un parcours politique, cela ne fait que trois ans donc j’espère qu’il va continuer. J’ai encore beaucoup à apprendre, à partager, je suis toujours autant révoltée si ce n’est plus qu’au début de mon engagement. J’espère surtout qu’il y aura beaucoup de victoires de la gauche pour faire en sorte que la vie des français soit améliorée et que les choses changent vraiment parce que je ne sais pas si c’est le fait de m’être engagée qui ma fait percevoir que les choses allaient aussi mal. Sans faire de pessimisme il n’y a pas de doute sur le fait que depuis quelques années la situation s’aggrave. Je ne pense pas que la crise sur laquelle on met tout soit l’unique cause de tout cela.”