Le Palais des sports de Gerland est assailli de toutes parts. Des files interminables s’impatientent, militants, simples citoyens, curieux…tout ce petit monde attend patiemment que les grandes portes s’ouvrent enfin. Tiens donc il me semblerait presque que nous sommes à un concert…

Mais non c’est bien François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle qu’ils sont venus voir. Mais les 7500 places que contient le Palais des sports ne seront pas suffisantes, heureusement un écran géant été installé à l’extérieur. Au total c’est plus de 10 000 personnes qui seront venues écouter le candidat toujours en tête dans les sondages.
18h30 : la salle est bouillante. Il est vrai qu’après l’introduction de Filipetti présentant le combat traditionnel de la gauche (vidéo de Léon Blum, Mitterand à l’appui), faisant intervenir Daniel Piccoli puis Gérard Collomb (maire socialiste de Lyon), les spectateurs brûlent d’envie de voir apparaitre le candidat. C’est à grand renfort de « Hollande président » qu’ils appellent leur élu, finalement c’est dans un tonnerre d’applaudissement et sur une mélodie plutôt rock que le candidat apparait s’autorisant un bain de foule jusqu’à la scène.

 

Premiers mots, premier cheval de bataille : la lutte contre le chômage qui atteint 10% en France c’est selon lui un facteur d’affaiblissement de la France. Il dresse ensuite la liste (et elle est longue) de tout ce qui fait que nous sommes en crise : faiblesse des exportations, trop d’importations (déficit de la balance commerciale), l’endettement (300 milliards en 5 ans, sous-entendu pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy), multiplication de nouveaux impôts, «la finance folle venue des Etats-Unis». 
Vient ensuite le moment de critiquer le candidat sortant UMP, là aussi il ne manque pas de défauts : mettre au cœur de la société les puissants, les plus riches en délaissant les ouvriers, les classes moyennes qui font la richesse de la France, il est également accusé d’attiser la haine entre les français, de créer la division.

Contre tout cela, F.Hollande se place en grand réconciliateur, il veut réintégrer la laïcité, le respect de l’autre, la justice sociale au sein de la société. Grande mesure phare annoncée déjà la veille du meeting, une nouvelle taxe touchant les plus riches, les citoyens gagnant plus de 1 million de revenus par an seront prélevés à 75%. Bien qu’ils soient peu nombreux en France, c’est une mesure politique et symbolique visant à réintégrer l’égalité dans l’impôt dans le pays. Le candidat socialiste assène donc le coup fatal au bouclier fiscal défendu par la droite il n’y a pas si longtemps que ça.

Le volet de l’éducation est également un point central du programme de François Hollande : plus 60 000 postes supplémentaires afin d’améliorer la qualité de notre enseignement, aider davantage les élèves en difficultés dès la primaire, détruire le déterminisme social qui a trop tendance à favoriser les enfants issus de milieux favorisés. Les jeunes sont au cœur de son programme, les jeunes sont l’avenir, les talents de demain c’est pour cela qu’il faut créer des emplois afin qu’ils s’insèrent plus facilement dans le monde du travail. En cela il a raison et a parfaitement saisi les enjeux actuels.

Egalité salariale hommes/femmes, amorcer la transition énergétique, mariage gay, fin du cumul des mandats, fin de l’immunité présidentielle…autant de mesures qui séduisent un public principalement jeune mais aussi des déçus du gouvernement actuel qui essaient de trouver le candidat idéal, ou en tout cas celui qui leur proposera un avenir différent, plein d’espoir.

« Le changement c’est maintenant » : en tout cas au Palais des Sports chacun l’espère !