Rendez-vous dans un fast food, pour rencontrer Getheme, danseur et professeur de hip hop de 22 ans, avec ses élèves et le Ultimate Crew.

getheme

 

Getheme baigne depuis sa tendre enfance dans un univers de danse, avec 8 frères et sœurs et une « mère passionnée ». C’est à 18 ans, à Londres, lorsqu’il prépare un BTS (Brevet de Technicien Supérieur) orthopédiste qu’un parisien lui fait découvrir des mouvements de hip hop, et plus précisément du poppin‘. Getheme se trouve alors une vocation : danseur hip hop. En 2010, le manque de moyens financiers l’a forcé à retourner parmi les siens à Lyon, en passant par Paris. En sillonnant la capitale, Getheme découvre cette véritable mode où des danseurs s’exercent lors de mariages, d’anniversaires et de battles (compétitions de danse) bien sur. Il commence à s’instruire en allant vers les « anciens » pour apprendre les bases du mouvement « old school », en gardant en tête la nécessité d’évoluer continuellement en apprenant des nouveautés.
A quoi correspond le Getheme’s style ?
Puis le danseur se forge sa propre personnalité, sa signature. Il se décrit comme « jouant le prétentieux » et montrer « un côté efféminé » en prenant ce que les femmes « devraient mettre plus en valeur » avec des mouvements de waacking par exemple. Il y a en effet peu de filles qui gagnent les compétitions. Ce sont celles qui « s’affirment le plus et qui font ressortir le côté ghetto qui s’en sortent ». Pour illustrer sa thèse, il nous cite Mufasa de chez Egotrip, un groupe niçois, comme référence. Il décrit son style masculin et son inspiration venant des danses africaines, qui nous offre un mélange hip hop et féminin qui « peut facilement rivaliser avec es garçons ».

Le danseur s’inspire aussi de la danse contemporaine d’où il tire son approche « terrienne de la danse », en prenant l’énergie du sol et en se déplaçant à partir de celui ci. Cette idée d’utiliser une autre discipline lui est venue lors de son passage sur la chaine NT1 dans l’émission « You can dance ». Les juges préférant des danseurs contemporains, Getheme n’a pas pu être retenu. Cela l’a poussé à aller voir des spécialistes du genre pour apprendre les bases et les intégrer dans son propre style.
Un tour de France de la danse et la spécialité lyonnaise
Getheme a pu tout au long de son parcours rencontrer différentes personnalités, différents styles et surtout différentes villes. Le danseur nous fait une cartographie du hip hop en France en décrivant la philosophie de chacune des régions de l’hexagone et de leurs villes les plus importantes.
Avec Bordeaux à l’Ouest, la cité old school « des années 1970 et 1980 », qui rivalise avec le Sud et Marseille qui offre un style des plus « techniques et impressionnant », puis le Nord qui utilise surtout les bases du hip hop. Et Lyon dans tout ça ? La ville des Gones est connue dans le monde entier pour sa pratique du break dance. Quant à sa danse debout, « Lyon préfère l’expérimental », créer un style propre innovant comme « Sarah du Woof Woof crew qui veut inventer leur propre danse ».

En parlant de sa ville, Getheme regrette certains manques dans la pratique de la danse debout. Il y a quatre fois moins d’évènements qu’à Paris, Marseille ou encore Genève, ce qui empêche un certain développement du mouvement. Il faudrait, selon lui, mettre en place des scènes ouvertes où chaque groupe présente une chorégraphie « de façon gratuite pour rassembler le plus de lyonnais possible ». De plus la mentalité locale se retrouve être allergique au côté commercial de la danse, au fait que cette activité puisse faire une grosse rentrée d’argent. C’est une ville également « très réaliste, qui ne voit pas d’un bon œil le fait de devenir une célébrité et de réussir », il manque une certaine fantaisie à  Lyon.
Des défaites comme tout danseur, Getheme en a eu. Il a vu l’évolution par rapport au soutien qu’il a pu avoir en venant de son équipe, le Ultimate Crew 69 crée en 2011, qu’il n’avait pas à ses débuts. Etre dans une famille nombreuse ne lui permet pas d’être compris par ses proches. En effet, Getheme vit sur un autre rythme. Il s’entrainent  presque tous les jours à l’Opéra « de 13h à 23h » pour acquérir des techniques, rencontrer d’autres danseurs et découvrir des déplacements pour perfectionner sa personnalité. Ce qui lui a permis de se faire remarquer pour donner des cours dans différentes salles et à domicile. Lorsqu’on lui pose la question des cours à domicile, il nous répond que les élèves préférant ce cadre sont surtout des timides ou des personnes qui veulent simplement rester en forme.
Aujourd’hui Getheme possède un palmarès de quatre coupes gagnées lors de compétitions obtenues entre 2011 et 2012. Il fera un autre battle et partira ensuite en Suisse le 10 Février pour le célèbre Juste Debout. Souhaitons lui bonne chance !

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