90 ans après, dimanche 9 novembre 2008 à 10h30, une marche est organisée allant de la mairie au cimetière de la Mulatière, pour la pose des noms de musulmans morts pour la France pendant la grande guerre de 14/18.

Il aura fallu 90 ans pour réparer cet oubli, pour inscrire les noms des 202 musulmans morts pour la France ? C’est grâce, à M. Frederic Couffin, scientifique venant répertorier tous les noms inscrits sur les plaques officielles de la ville, que le gardien le conduit à la découverte d’un monument en friche dans le coin du cimetière de la Mulatière.

M.Couffin me dit : « Mes démarches auprès de Monsieur Kabtane et des autorités militaires, on fait qu’aujourd’hui, on a pu réparer cet oubli et déposer trois plaques des musulmans civiles et militaires morts pour la France. Je précise que ces musulmans sont ici, parce qu’un hôpital militaire était  à côté sur la commune d’Oullins, je pense que la France n’a pas trop cherché à  graver son passé colonial. » Il rajoute : «  La France collabo et la Guerre d’Algérie n’’ont pas arrangé les choses. »

 

Ce devoir de mémoire a fait déplacer une grande partie de la population de toutes origines dont  l’imam de la grande mosquée, le grand rabbin, le gouverneur militaire, le sous-préfet, le maire de la Mulatière et diverses associations d’ancien scombattants, de harkis, d’Africains et les consuls des pays nord-africains.

 

Le cercle Edouard Herriot, la fédération du Rhône de la ligue des droits de l’homme, le musée d’histoire militaire de Lyon et la MJC de Saint-Just, organisent le jeudi 13 novembre à 19h30, à la MJC de Saint-Just (6 rue des Fossés de Trion Lyon 69005) la projection, suivie d’un débat, du film réalisé par Patrice Robin en 1992, Le Tata paysage des pierres , qui traite du massacre de tirailleurs sénégalais  par les nazis en juin 1940 à Chasselay et dans les environs. C’est une œuvre boudée depuis 16 ans et qui n’a pas été distribuée par les chaînes françaises, malgré sa participation à de nombreux festivals et sa diffusion dans de nombreuses chaînes francophones

 

Le Tata Sénégalais d’architecture soudanaise fut construit à Chasselay en 1941/1942. Tata signifie : “enceinte de terre sacrée” où sont inhumés des soldats morts au combat,  destinée aux sépultures des soldats venus d’Afrique tués dans ce village et aux alentours – comme la commune de Fleurieu sur Saône où le 24 juin 1940  furent abattus d’une balle dans la tempe 6 soldats nord-Africains. Le maire les a enterrés dans sa commune, pour ensuite les exhumer et inhumer au Tata. Par la suite,  une simple stèle fut mise à l’endroit de la tuerie, rappelant ces faits sur les quais de Saône de la commune.

Pour la commune de Lozanne dans le bois où furent fusillés 4 Sénégalais,  il n’y a même pas de plaque, selon l’ancien maire de la commune.

 

Devoir de mémoire !

 

Auteur : Azzedine Benelkadi

La rédaction

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