Qu’il s’agisse d’un symptôme de la consommation de masse ou de l’intérêt général des Français pour la mode, les 700.000 tonnes de vêtements jetés chaque année en France représentent un problème pour notre environnement terrestre et notre économie nationale.  

Un Français achète en moyenne 20 kilos de vêtements par an, soit un tiers de son poids moyen. Mais où passent donc tous ces vêtements après leur achat ? Au bout de 5 années, les Français gardent-ils leur tonne de vêtements dans leur placard ? Ce système de consommation est-il normal ?

On a tous ce petit blouson dans notre placard que l’on ne met plus depuis des années mais que l’on aime encore de loin.  En France, d’après le documentaire France 5, Vêtements, n’en jetez plus ! un foyer possède en moyenne 114 euros de vêtements jamais portés (soit 442 millions d’euros jetés par la fenêtre en France). Cela est dû a un changement fondamental de la consommation nationale, qui est devenue une consommation de masse dans toutes les catégories de produits et/ou services. D’après l’INSEE, un foyer français dépense aujourd’hui une moyenne de 3 000 euros par an pour leur apparence physique. Cependant le centre de statistique précise que « la part de ces dépenses dans le budget total des ménages s’est […] réduit de moitié, passant de 14,1 % en 1960 à 7,3 % en 2015 ». Nous pouvons remarquer que si la part du budget dépensé par les foyers a diminué en 45 ans, cela est majoritairement dû à l’émergence du prêt-à-porter des marques comme Zara ou H&M, grâce à leur ” fast fashion ” à petits prix. Mais cet avantage marketing cache de nombreux défauts. Premièrement la plupart de nos textiles sont en fibres naturelles (coton, lin, etc.) ou en fibres synthétiques (viscose, polyester, etc.) et sont exportées soit de Chine (3,8 millions de tonnes de coton), soit des États-Unis (3,5), de l’Inde (2,1 ou du Pakistan (1,3). Exportation polluante dont la main d’œuvre est payée 50 euros par mois au Bengladesh (Second exportateur de textile d’Europe), ce qui remet en cause notre morale française envers le code du travail et notre manière de vivre. En plus de la pollution rejetée par le transport, la matière première de ces textiles est bombardée de pesticides car ce secteur représente 5 à 10% des ventes mondiales de pesticides (soit 2,7 milliards de dollars américains). Le bilan est simple : cette consommation mène à une dégradation de nos emplois, de nos produits et de notre environnement.

Faire le tri

Sur les 700 000 tonnes de vêtements jetés par an, 160 000 tonnes seulement sont recyclés. Où jeter nos vêtements ? Que deviennent-ils ensuite ? Comme vous vous en doutez sûrement, pour recycler, il faut d’abord trier. Pour ceux ou celles qui ont des difficultés à faire des choix, vous pouvez faire appel à des professionnels tels que des coachs vestimentaires, ou simplement un(e) ami(e) qui a les mêmes goûts que vous !  Chose faite, les manières de recycler sont aussi riches que les couleurs de votre placard.  La plus connue de toutes est la benne à vêtements, on en compte 40 000 sur le territoire français. Vous pouvez les trouver simplement grâce à des sites tels que La fibre du tri  https://www.lafibredutri.fr/  ou https://ourecycler.fr/. Ces conteneurs sont généralement des « entreprise à but social », précise Elodie, chargée de développement au Relais de Lyon, qui en a implanté 111 000 dans la métropole. Ces centres de tris (19 en France) ont pour but de revendre à bas prix des vêtements ou de les recycler. Ils sont également membres du réseau Emmaüs dont ils récupèrent les invendus. Plus proche des gens, vous pouvez également donner directement vos vêtements au Secours populaire, à Emmaüs, ou encore au Foyer de Notre Dame des Sans Abris : associations qui vivent de vos dons et de vos achats.  Si vous n’aimez pas vous déplacer, nous avons aussi pensé à vous : Percentil (https://percentil.fr/) est une entreprise sur internet qui rachète vos vêtements en bon état ; vous envoyez le tout par la poste et vous toucher un petit pourcentage sur la vente. Vous êtes comme des petits actionnaires grâce à vos dons. De plus, les invendus sont soit recyclés soit donnés à des ONG (1 800 000 vêtements envoyé en Afrique depuis juillet 2012).

Conteneur à vêtement Le Relais.

Recycler et bien acheter c’est sauver des emplois et un peu d’air frais

A première vue, nous pourrions être heureux de voir que de plus en plus de centres de tris et d’associations reçoivent des vêtements (8% de plus chaque année). Hélas, cette augmentation est essentiellement due à l’obsolescence des vêtements et à la baisse du court du textile sur le marché. Prenons l’exemple du Relais : seul 6% des collectes, qui représentent la « crème » des dons, sont revendus et seul ces 6% aident à maintenir le Relais en vie. Même si le Relais est la plus grande entreprise participative dans ce secteur avec un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros, la disparition de vêtement de bonne qualité entrainerait la perte de plus de 2 200 emplois en France (et 500 en Afrique). Comme dans beaucoup d’associations, ce sont des emplois de réinsertion qui aident des personnes en difficultés. Suite à la délocalisation massive des entreprises dans des pays moins développés, le travail du textile et de l’habillement perd 60% de son effectif entre 1990 et 2009. Comme dirait Guillaume Sarkozy, frère aîné de Nicolas Sarkozy et ancien vice-président du MEDEF (1994 – 2000) : « Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants : la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution ». Il faut alors privilégier des vêtements de marque, les friperies ou encore acheter directement dans les associations comme Emmaüs présent partout en France. Cela sauve les emplois textiles Français mais également ceux des associations qui s’occupent des ventes et du tri.

De plus pour chaque kilo de vêtements acheté en centre de tri, 1,6kg de CO2 est économisé ainsi que 2 900 Litres d’eau. Il faut remettre en question notre manière d’acheter et de consommer : durable, recyclable et équitable, voilà ce qui marche pour aider à son échelle.

Pour les curieux qui aimeraient bien mettre leurs vêtements à la poubelle, il y a Freitag (https://www.freitag.ch/fr), un créateur suisse qui créé des vêtements en bâche de camion ou en chanvre et en lin pour un recyclage optimal et une décomposition en deux mois dans un compost pour les pantalons !

Sac en bâche de camion 155€… Ouch !

Documentaire pour bien se renseigner : Vêtements, n’en jetez plus ! , France 5 (2016), Made in France, Benjamin Cale (2014).

 

 

 

 

Annexes :

Made In France ; Ne jetez plus !

http://www.europe1.fr/economie/les-chiffres-du-gaspillage-textile-2738608

https://www.youtube.com/watch?v=4k1J9PW_fBc

https://www.lafibredutri.fr/je-depose?gclid=EAIaIQobChMIzs2krfPo1gIV4bztCh3tRQZhEAAYASAAEgLL-fD_BwE

http://girlstakelyon.com/donner-vetements-a-lyon/

http://www.mairie-champagne-mont-dor.fr/Ne-jetez-plus-donnez.html

http://www.croix-rouge.fr/Nos-actions/Action-sociale/Aides-alimentaires-materielles-et-financieres/Aide-vestimentaire

https://ourecycler.fr/recyclage/tissus-vetements/69007/LYON

http://srv2.lemig.umontreal.ca/donnees/geo1222/Textile1222.pdf

https://aspd.revues.org/811

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2550287

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/02/28/2419708_la-delocalisation-massive-du-textile-habillement.html

https://www.actu-environnement.com/ae/news/recyclage-textile-filiere-le-relais-18697.php4

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/recyclage/isr-rse/recyclage-du-textile-une-filiere-qui-reunit-ecologie-et-emplois-d-insertion-139863.html

https://ourecycler.fr/recyclage/tissus-vetements/69007/LYON