photo maireA chaque municipale, son lot de communes dont le maire est élu sans liste concurrente. Ne vous y trompez pas, ce n’est pas plus facile ou moins légitime qu’ailleurs. La curiosité nous a poussé à en savoir plus sur cette banlieue de la banlieue : “la campagne”. En ce sens, nous avons rencontré le maire d’une ville d’un peu moins de 3000 âmes, M. Eric Savignon, à Saint-Siméon-de-Bressieux, entre Lyon et Grenoble.


Saint-Siméon-de-Bressieux est une petite bourgade de l’Isère sans histoire ou presque. Quelques faits divers ici est là sont à constater. Mais rien de très grave. On voit pour autant une fois par décennie un mari trompé par sa femme qui décide de décimer toute sa famille ou de la séquestrer tout un week-end. Ce genre de choses arrive en rase campagne.

M. Eric Savignon était déjà le maire de la ville. Il avait remplacé l’ancien maire, mort en fonction et dont il était le premier adjoint. Il s’était donc retrouvé maire sans que l’expression des citoyens de sa commune ne soit nécessaire, seulement celui du quorum des élus. Selon ses propos, la situation était « inconfortable » dans le sens où il ne se trouvait pas légitime.

Un franc maire

La légitimité est un facteur plus important pour un maire sans concurrence que pour une élection classique à plusieurs candidats. En effet, une fois tous les éléments de notre enquête réunis, nous constatons qu’être élu maire sans concurrence n’est pas chose aisée. Le candidat n’ayant pas de concurrence a ses plus grands ennemis au sein même de sa liste (divergence des idées, des ambitions, des priorités). Ce qui donne très souvent des idées de régicide autant pour les petits poucets de la liste qui ce voient déjà propulsés ; que pour les numéro deux, en fin de compte aussi légitimes que la tête de liste.

Ce que nous décelons dans ce petit village accueillant de Saint-Siméon-de-Bressieux, c’est que, malgré une certaine concurrence des idées et des priorités, aucun habitant ne se trouvait compétent ni légitime pour défier le maire en exercice, que ce soit dans son propre camp ou dans un autre. D’autant plus que ce maire jouit d’un certain charisme et formalisme, dû surement à son métier d’instructeur pompier dans la région. Ces critères qui paraissent de prime abord anodins sont les seuls remparts contre une lutte fratricide au sein d’une même liste. Alors que dans des élections traditionnelles, c’est à dire avec au moins deux candidats, les camps ont choisi le candidat après une campagne où chacun présente ses idées, ce qui facilite grandement la dynamique d’une campagne électorale.

Pour M. Savignon, même si certains refus ne lui ont pas fait de mal, il n’a pas été très difficile de former sa liste. Ce n’est pas le cas de tous les candidats sans concurrence. Le dilemme auxquels ils s’exposent est: Comment former une liste avec les personnes ayant le plus d’aura tout en évitant les personnages populaires trop ambitieux ou ayant des priorités trop divergentes de celle du candidat ?

M. Sauvignon nous confie sagement qu’il faut ratisser large, ne pas hésiter à adapter, négocier son programme avec ces personnes. Parce qu’en fin de compte ces gens là sont la voix des habitants. La messe est dite.

La rédaction

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