Premier portrait de notre série d’articles « Ces Lyonnais qui entreprennent ». A 28 ans, Mouldi, jongle avec ses deux casquettes d’agent administratif aux Assedics et de propriétaire heureux de salons de coiffure ! Rencontre avec cet entrepreneur à la fibre sociale…

Etre salarié et patron, c’est possible ! C’est en tout cas le défi quotidien de Mouldi, qui, depuis juin dernier, gère son poste d’agent administratif aux Assedics et ses responsabilités de propriétaire de salons de coiffure. Un emploi du temps de ministre qui ne semble pas démotiver ce jeune entrepreneur de 28 ans.

« Je commence à 8h. Durant la journée, je passe quelques coups de téléphones aux salons pour voir si tout se passe bien. Ensuite, à 17h30, je cours à l’un des mes deux salons pour faire la fermeture à 19h. Le temps de ranger le salon, de faire un peu les comptes… et ma journée se termine vers 20h. », raconte Mouldi. Investir dans deux salons de coiffure, alors que l’on a un emploi stable à temps plein ? Surprenant me direz-vous ? Finalement, pas tant que ça, lorsque l’on connaît le parcours de Mouldi. Bref retour en arrière….

En proie « au spleen de l’étudiant arabe de banlieue », Mouldi arrête la Fac avant d’obtenir sa maîtrise en Sciences de l’Education. Il décide alors de se lancer dans l’import-export de produits cosmétiques avec trois amis. Au bout de 6 mois, Mouldi reprend l’entreprise seul, à son compte, mais les lourdes formalités douanières le contraignent à stopper son activité. « Je me suis ensuite tourné vers la vente de produits déstockés sur les marchés. Mais ma fibre sociale a pris le pas sur l’aspect commercial ! » Le jeune homme décide alors d’arrêter les marchés. Il décroche un contrat d’avenir à l’ANPE, avant de suivre une formation en insertion professionnelle. C’est ainsi que, de fil en aiguille, Mouldi devient agent administratif aux Assedics.

Puis, en juin dernier, nouveau rebondissement ! « L’un de mes amis voulait revendre les parts de son salon de coiffure masculin situé à Vaulx en Velin. J’ai dit Banco ! Même si je n’ai aucune formation en coiffure, ce monde ne m’est pas totalement inconnu. Mon père était coiffeur et c’est un métier que j’apprécie. »
Mais pas question pour Mouldi de couper les tiffs des clients. Il reprend l’administratif du salon en main et recherche activement des coiffeurs de talents. « Il m’a fallu 6 mois pour tout remettre à plat et aujourd’hui le salon fonctionne très bien, grâce notamment à nos coiffeurs et à nos prix très abordables. (NDLR : 10 euros la coupe homme) Bien sûr, je ne gagne pas des fortunes mais la clientèle est là ! », reconnaît fièrement Mouldi.

Fort de ce succès, Mouldi rachète, en octobre, un deuxième salon, mixte cette fois, à Villeurbanne, quartier Saint Jean. « On vient de m’en proposer un troisième mais pour le moment je ne peux pas accepter. Je vais déjà me concentrer sur les deux salons,les développer et faire en sorte que les gens s’y sentent bien ! »
Car au-delà du business et de l’argent, Mouldi voit son entreprenariat comme un challenge, une aventure. Avec, en bonus, la satisfaction de construire un projet et de faire travailler des gens…

 Auteur : Pascale Lagahe

La rédaction

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