Mise à l’écart du Groupe de réflexion et d’action métropolitaine (GRAM) qu’elle avait fondée, la maire du 1er arrondissement de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, pourrait sembler aujourd’hui relativement isolée. C’est sans compter sur la France Insoumise (LFI) et Elliott Aubin. Du mouvement chez les anciens du Front de gauche donc… pour quelle finalité ?

Depuis plusieurs mois, leur rapprochement s’opère avec une mise en scène apparemment bien orchestrée. Cela avait commencé avec leur soutien mutuel au deuxième tour des législatives. Nathalie Perrin-Gilbert et son adjoint Elliott Aubin (LFI) font de régulières apparitions ensemble et s’affichent un soutien sans faille depuis plusieurs mois, notamment sur Twitter.

Crédit : capture d’écran Twitter.

Crédit : capture d’écran Twitter.

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Renouveau au GRAM

Celle qui avait d’abord soutenu Benoît Hamon puis finalement voté pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2017 se retrouve sans parti depuis son éviction du GRAM. Suite à une assemblée générale exceptionnelle, le groupe s’est fendu d’un communiqué lui reprochant « une personnalisation du pouvoir ». Quelques jours plus tard, M. Aubin prenait sa défense, accusant le GRAM de lui reprocher « sans vraiment le dire […] son soutien à Jean-Luc Mélenchon ». Pour l’adjoint, il s’agirait d’une manœuvre du groupe pour ne pas écarter la possibilité d’une collaboration avec la République en marche (LREM), très puissante dans l’agglomération lyonnaise.

Clémence Capron, co-porte-parole du GRAM, réfute fermement ces accusations. Elle affirme que M. Aubin a mal compris le sens du communiqué : « nous ne sommes ni macronistes, ni opposés à la France insoumise », souligne-t-elle. Elle explique que « cette assemblée avait un objectif double. Il s’agissait à la fois de revenir à nos valeurs fondamentales et de permettre un renouvellement, en supprimant le statut de membre fondateur ». Mme Capron ajoute que la suppression de ce statut ne concernait pas uniquement « NPG », mais également Renaud Payre, désormais président du groupe.

Le GRAM ferme donc la porte à LREM, mais pas à LFI. M. Aubin non plus ne se dit pas totalement opposé à une alliance, à condition qu’ils « clarifient leur position ». Mme Capron se veut rassurante, insistant sur le fait que « tout le monde est bien autour de la table à la mairie du 1er », tandis que M. Aubin se fixe comme priorité de « réaliser le plan du mandat, celui pour lequel on a été élus ».

Objectif 2020 ?

Mais en tableau de fonds, les élections municipales de 2020 se dessinent. Reste à savoir qui de NPG ou de LFI a le plus besoin de l’autre. Même sans parti, la maire du 1er reste une figure de premier plan dans le paysage politique lyonnais. Seule candidate de Lyon à n’avoir pas pris de véritable claque au second tour des législatives, elle pourrait devenir un soutien de poids pour le parti de Jean-Luc Mélenchon. À Lyon comme au niveau national, LFI cherche à s’affirmer comme principale force de gauche. Une stratégie délicate dans la capitale des Gaules, où le Parti socialiste (PS) conserve une influence conséquente, avec des figures comme Thierry Philip ou Christian Coulon.

Nathalie Perrin-Gilbert est-elle réellement en train de se ranger avec Elliott Aubin, ou manœuvre-t-elle pour l’attirer derrière elle ? Si la proximité entre LFI et NPG est affichée, cette dernière n’a pour l’instant pas rejoint officiellement le parti. Interrogé sur la possibilité de sa future adhésion, M. Aubin a répondu qu’il fallait « lui poser la question à elle ». À la mairie du 1er arrondissement, son cabinet ne nous a pour l’instant pas fournit de réponses.

Photo de bannière : photomontage Alexis Demoment. Crédit Wikipédia.

Alexis DEMOMENT

La rédaction

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