Pendant trois ans, Claire est partie en Afrique comme aide humanitaire. Au Congo, puis au Soudan, la jeune femme a vécu une expérience humaine incomparable. Témoignage.

Après deux rendez-vous reportés à cause de mon agenda serré et de ma mauvaise habitude de tout faire au dernier moment, Claire me reçoit finalement dans un pittoresque café de la Croix Rousse. Sa mine est juvénile, amusante et légère, à l’image de ses vêtements. Néanmoins, ses yeux révèlent une grande expérience. Ils semblent me transpercer. Un regard profond, signe d’une certaine maturité.

La jeune femme m’explique qu’elle n’est pas devenue aide humanitaire en un jour. “Avant de m’envoler pour l’Afrique, je travaillais dans une association d’aide aux refugiés. Mais au bout de sept ans d’activité,  j´ai eu envie d’autres choses. C´est pour cela que j´ai fait un master d´Action Humanitaire et Droit International dans le sud de la France. » A la fin de son cursus, Claire est prête à partir en mission. Mais elle décide de voyager quelques temps aux Etats-Unis et en Irlande pour perfectionner son anglais, une langue indispensable lorsque l’on veut être aide humanitaire.

Première mission : le Congo Kinshasa

C’est lors de son séjour en Irlande en 2006 qu’une première opportunité se présente. Elle  décroche une place d’aide humanitaire au Congo. « Je suis partie parce que j´avais déjà une expérience avec des réfugiés, des immigrants et j´avais envie de comprendre le pays dans lequel ils habitaient et la situation de celui-ci. » Je lui demande alors quelle a été sa première impression quand elle est arrivée sur le continent africain. Elle reste silencieuse. Pensive. Le regard perdu. Et elle me répond après quelques secondes de silence : « Je ne me rappelle pas très bien.  Mes souvenirs de ma toute première fois en Afrique ne sont pas très marqués. Peut-être parce je n’ai pas été impressionnée. Je suis une personne très curieuse et j’avais un but en partant là-bas. »

Deuxième mission : le Soudan

Notre amie assure que le sud du Soudan, où elle est partie lors de sa deuxième mission, est une région « dure ». « Parce que c´est un pays qui a vécu cinquante ans de guerre. Beaucoup de combats pour les ressources. Il n´y a pas de sécurité et ce n´est pas facile de travailler là-bas, parce qu´il n´y a pas beaucoup d´argent non plus. » Sa mission durera un an et demi. « J´ai fini vidée, parce que cela exige de toi d’être à fond 24 heures sur 24. Tu dois faire attention tout le temps. »

Troisième mission : retour au Congo Kinshasa

Après cette expérience éprouvante,  Claire décide de prendre un peu de repos. Cinq mois plus tard, totalement reposée, elle retourne au Congo dans le village de Kivu pour la deuxième fois dans sa vie. Elle y restera jusqu’en octobre 2009. « Ce fut une mission compliquée. Il y avait beaucoup de problèmes de sécurité, des attaques de rebelles et l´équipe était très touchée à cause de cela. »

Futurs projets

À la fin de cette année, Claire devrait repartir dans un nouveau pays. Cependant, elle m’avoue avoir refusé la dernière mission qu´on lui a proposée. « Je viens de prendre un appartement à Lyon et, pour le moment,  je n’ai pas l’énergie suffisante pour repartir. Si tu n´as pas l´énergie, ce n’est même pas la peine de penser partir en mission. Pour l’instant, j’ai besoin de construire quelque chose pour moi et d´être proche de ma famille et de mes amis. » Maintenant, Claire est à la recherche d’un emploi. A priori, dans le domaine du social. Néanmoins, elle assure que quand elle cherche du travail, les employeurs ne comprennent pas bien ce qu’elle fait. « Les gens nous demandent toujours pourquoi nous faisons cela. »

Auteur : Lola Craviotto

La rédaction

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