Les espoirs de rencontrer Barack Obama s’opposent à une fin de non recevoir de la part du Secrétariat de l’Elysée.

Les quartiers populaires sont sur le bitume parisien, les peoples et paillettes aux petits fours auprès de Barack. On nous refait le coup de 1983 avec la marche pour l’égalité et contre le racisme qui est partie de Lyon et qui s’est terminée avec des intellos qui se sont accaparés le mouvement national. Encore aujourd’hui, on retrouve les mêmes, d’ailleurs Samuel Solvit qui a créé un comité à Paris a demandé à des peoples en paillettes comme Sonia Rykiel ou Bernard-Henri Lévy de faire partie de son comité en priorité tout en affichant sur son site des tee-shirts Obama à 22€ TTC.

Il est vrai qu’avec ses réseaux parisiens Samuel Solvit n’a pas eu de problèmes à rentrer à l’Elysée avec ses proches en n’hésitant pas à dénigrer les autres comités de France comme celui de Lyon, un des plus actifs actuellement. Présidé par Patrice Schoendorff, le comité des Amis Lyonnais de Barack Obama a tenu à être présent devant l’Elysée même si on lui a signifié que les accréditations n’étaient réservées qu’à certains. Les comités Lyonnais et Parisiens ne décolèrent pas. Patrice Schoendorff et Khédidja Benchérif constatent : «Une grande déception régnait parmi les membres des comités et décident dès aujourd’hui de créer une Coordination Nationale Barack Obama en excluant Samuel Solvit ».

L’espoir créé par cette candidature atypique et qui va au-delà des clivages politiques, de la couleur de peau, des programmes trop souvent formatés, c’est aussi cet engouement qui est ressenti dans les quartiers populaires. Pour autant, ce n’est pas un blanc seing donné aux Etats-Unis tant la politique sociale et économique est différente de celle de France. Un Barack à l’Assemblée Nationale ou au Sénat c’est un rêve que la génération montante de la diversité espère caresser un jour. Car aujourd’hui, s’appeler Barack en France serait vécu comme un frein alors qu’outre atlantique, tout est possible car la personne est jugée sur ses compétences avant tout.

Mustapha Ghouila reprend : « Soit on nous met dans les champs de coton, soit on nous donne de la considération. En parrainant les comités de Paris, Marseille, Lille, DOM- TOM, c’est tout un réseau national qui pense comme Obama… Our moment is now !!! C’est pas la couleur qui fait l’homme, c’est l’homme qui donne des couleurs au monde ».

Au delà des déceptions légitimes, toute une génération vit cet espoir d’égalité par procuration. Le sourire revient quand même lorsqu’il est évoqué le déplacement du mois d’octobre prochain pour la clôture de la campagne américaine aux cotés des démocrates. Comme le dit Nasser Khabat : « Aux States, on sera à quelques mètres de Barack Obama et sans avoir à montrer patte blanche !! ». C’est aussi cela le rêve américain.

 

Azedine Haffar

La rédaction

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