Le cheerleading est apparu dans les années 1900 dans les universités pour hommes aux Etats-Unis. Il s’est fait connaître au niveau mondial lors de la diffusion en 1997 du concours international de cheerleading à la télévision. Pourtant très connu et réputé en Amérique du Nord, ce sport souffre encore d’un manque de notoriété en France. Un problème pour les passionnées de cheerleading qui veulent le pratiquer à un niveau professionnel.

La compétition annuelle mondiale de 2018 de Cheerleading à Daytona Beach en Floride – Crédits : Flocheer

Contrairement aux préjugés, le cheerleading est un sport qui demande aux athlètes d’avoir des capacités très variées comme la force, la souplesse ou encore l’esprit d’équipe. C’est un sport complet, autant au niveau physique que mental : «Rentrer dans une équipe c’est accorder sa confiance aux autres, réussir un porté dépend de tout le groupe et tomber peut engendrer de grave blessures. Avoir confiance et croire en les capacités de tous est primordial», explique Ninon, ancienne gymnaste et cheerleader depuis 3 ans à Lyon. Le cheerleading est également connu pour être un sport qui permet à toutes les personnes passionnées de gymnastique, de danse ou d’acrobaties d’être accueillies, quelque soit leur physique, leur sexe ou leur âge.  

Un sport trop peu connu en France

Le cheerleading reste pourtant un sport très peu connu en Europe et plus particulièrement en France, qui compte seulement 4 500 licenciés contre 1,5 millions aux Etats-Unis. Les événements y sont rares et mis à part la compétition nationale, le cheerleading n’a pas le droit à son moment de gloire. C’est pourquoi Océane a créé en 2019 son équipe des Reign Cheerleaders à Lyon. Elle s’est ainsi associée à l’Asul de Villeurbanne afin d’imposer leur niveau et le sport dans le pays. « Nous avons créé Reign dans le but d’être une équipe indépendante au niveau des décisions et du budget. Nous voulions obtenir une dynamique beaucoup plus athlétique et d’un niveau supérieur aux autres équipes de notre ville » élucide-t-elle. A ce jour, les Reign ont obtenu la première place de la catégorie groupe porté (stunt level 4) à l’open international de Lyon. Cependant, la crise sanitaire ne leur a toujours pas permis de participer à d’autres compétitions pour décrocher d’autres titres.

Des entraînements adaptés aux contraintes sanitaires

Malgré les événements, les cheerleaders de Lyon ne lâchent rien et continuent à s’entraîner sous plusieurs contraintes : « Actuellement nos entraînements sont maintenus pour les mineurs uniquement. Nous devons réaliser des entraînements “sans contact” ce qui est très compliqué pour nous étant donné que les portés représentent 80 % du cheerleading. Nous nous entraînons donc au tumbling (gym), à la danse et aux sauts. Nous devons également désinfecter plusieurs fois les tapis pendant la séance. » explique Océane. Des règles qui ne sont pas simples à appliquer dans ce sport qui demande beaucoup d’échanges et de contacts.

Groupe porté dit stunt des reign cet été au parc de la Tête d’Or – Crédits : Reign Cheerleaders

Une volonté de dépasser les clichés

Les cheerleaders subissent beaucoup de clichés à l’américaine, et sont souvent perçues comme des filles qui agitent tout simplement leur pompom pour supporter une équipe sur un terrain. « Le cheerleading est extrêmement peu médiatisé en France. Certes, beaucoup de gens connaissent ce sport mais il y a vraiment un fossé entre sa notoriété aux États-Unis et ici, regrette Ninon. Mon but, comme celui de beaucoup d’équipes je pense, est de montrer que les cheerleaders ne sont pas les filles en costume sur les terrains pendant des matchs de foot. On aimerait aussi amener notre équipe le plus loin et pousser notre niveau le plus haut possible, sur le modèle des équipes d’élites des États Unis. Celles-ci ont la chance d’avoir des athlètes initiés à ce sport depuis tout petit : c’est aussi pour cela qu’une section U11 a été créée aux Reign ». C’est donc une volonté pour beaucoup de développer ce sport en France encore trop incompris et peu valorisé.

 

Marine Farnole