Dans le champ militaire kurde en Syrie, l’Unité de protection du peuple (YPG -Yekîneyên Parastina Gel) fondée officiellement en 2012, assume la branche armée pour permettre aux Kurdes d’obtenir l’autonomie en Syrie en redistribuant les cartes dans la région. Pourtant, les organisations armées en Syrie portent une histoire plus ancienne qui remonte aux années 1980.

Initié en Tunisie, le printemps arabe s’est étendu aux autres pays du Moyen-Orient en réformant le statuquo de la région depuis 2010. Du fait de l’intervention de pays voisins et de pays occidentaux, la Syrie a été particulièrement touchée. Plusieurs acteurs sont apparus tels que Daech, le PYD (Parti de l’union démocratique -Partiya Yekîtiya Demokrat), le YPG…

Le volet féministe des Kurdes : YPJ

Le YPG contient les unités réservées aux femmes, les Unités de défense de la femme (YPJ- Yekîneyên Parastina Jin). Née en 2013, l’organisation est devenue indépendante en 2016. A la fin de 2016, Redur Xelîl, porte-parole des YPG, a affirmé que les YPG disposaient de 60 000 combattants, parmi eux, 24 000 YPJ . Dirigées par la commandante Nesrin Abdullah, les YPJ peuvent être considérées comme une représentation du féminisme radical en Syrie qui apporte un autre regard sur les rapports de genre de la région.

Révolution de Rojava : victoire glorieuse

Les forces des YPG avaient commencé à occuper les zones au nord du pays où habitent majoritairement les Kurdes, dès que les forces du régime de Bachar el-Assad ont commencé à se retirer des régions comme Kobané ou Afrine. En mars 2012, les Kurdes de Syrie ont défilé lors de manifestations contre le régime en s’organisant afin de revendiquer leur autonomie. En juillet 2012, le peuple de Kobané a repris la terre. La région est passée sous le contrôle du PYD par lequel des YPG sont devenus les forces militaires de Rojava (Kurdistan syrien).

Dès juillet 2012, les revendications indépendantistes ont trouvé une opposition. Les attaques militaires contre Rojova n’ont pas tardé. Les autres États de la région, en particulier la Turquie, ont voulu gérer les actualités en Syrie en utilisant la thèse antikurde.

Le triangle de force : YPG-Daech-USA

Au début de 2014, étant en conflit avec Daech, les groupes d’opposition d’États syrien ont laissé leur place aux YPG à la suite de l’occupation par Daech de la ligne nord-est, où habitent majoritairement les Kurdes. Confronté aux attaques intenses de Daech, le PYD, le groupe politique kurde, a cherché à obtenir le soutien international en luttant contre Daesh, en réclamant le soutien des armés. En répondant à cette demande par un bombardement aérien contre les forces de Daech, les États-Unis ont soutenu les YPG en leur distribuant aussi des armes.  À la suite de ces évènements, même si l’aide américaine s’est révélée importante, les Etats-Unis ont montré que les YPG sont devenues les forces terrestres des USA dans la lutte contre Daech en Syrie.

La France : amie des kurdes ?

Dernièrement, une délégation entre Emmanuel Macron et les Kurdes avait abordé la situation des Kurdes en Syrie et le combat contre Daech, en avril. La position de la France concernant les Kurdes est assez claire. Elle a pour but de lutter contre Daech et c’est dans ce cadre-là que la France soutient les forces kurdes dans la région. Ce positionnement de la France a irrité la Turquie qui a une vision contre les organisations kurdes et qui considère les YPG comme un groupe terroriste.

Les YPG sont également connus pour leurs combattants étrangers. En effet, parmi les YPG se trouvent également les combattants des pays occidentaux. Plusieurs volontaires en étrangers passent en Syrie pour combattre à Daech aux côtés des forces kurdes. Frédéric Demonchaux, serait le premier volontaire français mort en Syrie face à Daech en 2017. Selon le magazine Msn turc en mai dernier,  on estime qu’environ 40 européens et américains qui ont rejoint les YPG ont perdu la vie depuis le début du conflit.

La rédaction

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