Après avoir reçu le livre « Alors, maintenant, que la lutte soit belle… » que l’on caractérisera « d’artistico-biographique » de Michèle Picard, maire de Vénissieux, nous avons été interpelé par son style ; et la passion de cette maire pour son territoire. Elle structure sa ville à la manière d’un peintre, mêlant passion et dévouement.

Art

L’ouvrage de Michèle Picard nous a marqué par sa forme. Cela est peut être dû à son parcours d’artiste aux Beaux-Arts. Elle établie son ouvrage de manière artistique par un enchaînement d’illustrations commentées de citations de divers personnages, tel que le “Che”.

Un air enfantin pour l’humilité

L’on y trouve aussi beaucoup d’humilité, car le livre est dans sa majeure partie formé de questions-réponses, notamment avec deux enfants, Ali et Maria onze et huit ans. Les deux jeunes vénissians rencontrés lors de diverses manifestations de la ville, ont été des interlocuteurs privilégiés de l’élue. Ce moyen de s’adresser au lecteur ne nous a pas laissé indifférent ; surtout que cela reste un exercice assez périlleux. Ce style pourrait lasser les lecteurs. Au contraire, il inspire davantage la confiance des (é)lecteurs. Dès lors, c’est un dialogue sans langue de bois qui s’instaure. Là où des adultes hésiteraient à poser certaines questions, l’innocence d’un enfant n’en à que faire. Cela va du simple : « Où es-tu née ? » au « C’est dur d’être maire ? ».

livre michele picard

La forme crée alors une proximité entre les habitants et leur maire, mais pas seulement. La démarche parait assez humble. Aucune course aux municipales de 2014 ne nous est apparue dans cet ouvrage, ce qui nous aurait refroidi dans la rédaction de cet article. Mais peut-être sommes nous naïfs…

Le Lyon Bondy Blog ne prend pas parti. Quand bien même celui-ci serai le bon, nous tentons d’être honnête intellectuellement. En somme, nous savons aduler ou jeter la première pierre, quand il le faut.

Nos banlieues poétiques

La maire ne fait pas seulement son portrait, c’est là que la forme est encore une fois prépondérante. La structure même de son ouvrage contribue à inonder de positivité nos quartiers populaires ; à une époque où ils ne sont que trop critiqués. On sait maintenant que Michèle Picard est portée sur les différentes formes d’art (peinture, poésie etc).

A la lecture de son parcours, elle donne un coup de pinceau à nos banlieues et les fait paraître plus joyeuses. L’art et la poésie sont très présents dans les discours retranscrits. Un mouvement positiviste, retranscrit artistiquement qui, espère-t-elle sans doute, l’emmènera sans encombres à briguer un second mandat en 2014. L’appréciation de cet ouvrage n’occultera pas son programme pour les municipales, il sera jugé selon les idées concrètes à présenter ; et non selon ses penchants artistiques.

[Michèle Picard, Alors, maintenant, que la lutte soit belle… Entretiens avec Ali et Maria, Bruno Benoît, Bruce Clarke. Éditions La passe du vent, 228 pages, 13 €.]