Dans cette partie, nous donnons la parole aux habitants d’Oullins et de St-Priest ainsi qu’à Fabien Bagnon, Vice-Président de la Métropole délégué à la voirie et aux mobilités actives et à Marion Carrier, adjointe à la mairie de Bron chargée des mobilités urbaines.

 

Près de la gare d’Oullins, les gens se pressent pour prendre leur métro ou leur train. Croisé sur son vélo’v, Julien est « plutôt pour que l’on prenne plus de mesures écolos et qu’il y ait plus de vélos. Je ne compte pas investir dans un vélo », déclare ce trentenaire. Plus loin, Patrice gare son vélo personnel. Selon lui, « cette prime peut déclencher un achat, je trouve ça formidable ! Je suis totalement pour ce genre de politique. Les voitures sont trop présentes, il faut que les conducteurs apprennent à partager la route », affirme cet homme d’une cinquantaine d’années. À quelques mètres, Jonathan commence sa journée de livreur Uber. Pour ce jeune trentenaire, «ça va dans le bon sens. Si on m’en donne la possibilité, je prendrai une trottinette électrique pour me déplacer dans Oullins » explique ce jeune Oullinois.

La transition à marche forcée

Au Grand Lyon, on a bien compris l’importance de cette transition voulue par tous ! En plus de la mise en place de cette prime, la nouvelle Métropole va aussi en collaboration avec l’association ‘’ville à vélo’’, construire un réseau express vélo : « 250 Km de nouvelles pistes d’ici à 2026 et 450 Km d’ici à 2020. En gros, on veut doubler le rythme de livraison d’aménagement cyclable » précise Fabien Bagnon, Vice -Président de la Métropole. À Bron où le maire est de droite, on applaudit à  l’initiative. « C’est une bonne mesure, le montant (500 euros, NDLR) est correct»,  félicite Marion Carrier, adjointe au maire, tout en émettant quelques réserves : « après, il va falloir accompagner à l’éducation, dans les écoles mais aussi dans le contexte citoyen. On attend beaucoup de communication et d’éducation, notamment en matière de sécurité routière. » Le plan de la Métropole prévoit aussi de quadrupler les arceaux, qui sont les stationnements en voirie : « il y en a autour de 15 000, on en veux 60 000 à la fin du mandat (en 2026, NDLR), ce qui équivaut à 120 000 places de vélo sur la métropole et le stationnement sécurisé vélo ; puisque nous sommes en retard par rapport à d’autres collectivités sur ce point-là, » précise l’élu. A Bron, l’objectif est double : « d’abord, donner l’habitude dès le plus jeune âge et la sécurité. Pour la sécurité, un gros travail a été fait avec le maire (Jérémie Bréaud, NDLR), l’adjoint à la sécurité et la police municipale. Une fois l’éducation des enfants faite, on aidera aussi les parents, notamment pour les inciter à prendre le vélo pour aller à l’école», précise l’adjointe. Qui dit plus de vélos, dit plus de pistes cyclables. À Bron, la piste principale est celle de l’avenue Franklin Roosevelt. « On est en discussion avec les commerçants de l’avenue, cela prend du temps l’offre peut bénéficier pour le matériel acheté à l’atelier (la p’tite rustine, qui proposera cette mesure à tous ceux qui viendront réparer leur vélo, NDLR). J’encourage fortement le tissu commercial, associatif et participatif local”, précise l’élue locale. Du côté de la Métropole, certains projets mis à l’arrêt par le confinement reprennent comme « l’axe Vitton-Roosevelt et Saxe-Foch. On veut aussi faire une partie de l’avenue Berthelot, mais les discussions se poursuivent avec la mairie du VIèmearrondissement », assure Fabien Bagnon. Même si cette réforme est un coup de pouce important pour beaucoup d’habitants de la Métropole, bon nombre d’entre eux ne se sentiront pas forcément concernés par celle – ci. « Sur notre programme, il est marqué que cette prime s’applique que pour les ménages qui suppriment une voiture. Malheureusement, cette mesure n’intéresse que des personnes aisées, car dans l’imaginaire, mettre 1500 ou 2000 euros dans un vélo, ce sont beaucoup d’argent. Je suis pour la généralisation de cette mesure à tout le monde», conclut Fabien Bagnon. Pour conclure, le seul souhait de l’élue locale de Bron est « qu’à ‘’transition écologique’’  le mot ‘’transition’’ ne sera pas oubliée. Il ne faut pas que l’activité économique soit ralentie. Le duo économie/écologie doit être un duo gagnant » met en garde Marion Carrier.