Rentrée sociale : un cortège de 2000 à 4000 personnes a manifesté depuis la Manufacture des tabacs à 11h30 pour finir place Bellecour.

 

Les manifestants avaient de multiples revendications telles que la semaine de travail à 32h, une hausse du SMIC à 1800 euros, l’abandon de la réforme des retraites ou encore le renforcement de la sécurité sociale.

 

L’intersyndicale était composée de la CGT, la FSU et Solidaires. C’est une intersyndicale affaiblie, les syndicats FO et la CFDT manquant à l’appel. 

Dans cette manifestation se retrouvaient aussi des partis politiques de gauche tels que LO, le PCF, la FI, Génération.s des organisations syndicales de jeunesse comme l’UNEF ou d’autres organisations comme Alternatiba, ANV-Cop21 et des gilets jaunes. 

 

 

 

Le Lyon Bondy Blog a profité de cette manifestation pour interroger des manifestants.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous êtes mobilisée aujourd’hui ?

Anne, AESH (accompagnante des élèves en situation de handicap pour l’Education Nationale) : Je suis là aujourd’hui parce qu’on est les travailleurs pauvre de l’Éducation Nationale, qu’on est les oubliés. La pauvreté et la misère ça suffit. Le ministère se refuse à intégrer dans le budget une augmentation des AESH. On est les trois-quarts à vivre sous le seuil de pauvreté, alors qu’on a une fonction importante au sein de la soi-disant école inclusive. 

João Pereira Alfonso, secrétaire générale de la CGT du Rhône: On est mobilisé pour dire stop à tous ces plans sociaux qui ont déjà été annoncés et ceux qui sont à venir. Stop aux attaques que subissent les salariés dans les entreprises. Stop au chantage à l’emploi. Ils ont trouvé de l’argent pour les donner aux entreprises, on veut simplement que cet argent aille en direction des salariés pour des augmentations de salaire, pour l’emploi et pour les conditions de travail. 

Anaïs, étudiante et syndicaliste à l’UNEF: Aujourd’hui avec l’ensemble du mouvement étudiant on se mobilise parce qu’il y a des attaques qui sont faites contre l’université. Qui sont faites contre le reste de notre corps social. Pour nous, c’est important de participer à une mobilisation interprofessionnelle. Les attaques contre l’université sont multiples : sélection aggravée avec Parcoursup, notamment pour les étrangers avec Études en France. Il y a d’autres attaques comme l’arrêté licence de 2018 qui supprime dans les facs les compensations entre les semestres et les rattrapages. Sans parler de la loi ORE. 

Est-ce pour vous le début d’une nouvelle série de manifestation comme en décembre au moment de la réforme des retraites ?

Anne: Ce n’est pas aujourd’hui qu’on a commencé la lutte. On lutte depuis plusieurs années. Je pense que ça peut aller vers de plus grosses mobilisations, surtout si on ne nous écoute pas.  

João Pereira Alfonso: Aujourd’hui, c’est un premier rendez-vous interprofessionnel après le confinement. C’est un premier rendez-vous mais ça ne sera pas le denier.

Anaïs: La manifestation d’aujourd’hui peut être un tremplin pour le mouvement social. Une manifestation de rentrée c’est important, même si on voit que ça n’a pas toujours été bien préparé en amont. Il y a cette histoire de crise sanitaire qui pose problème. Les gens ont peur de descendre dans la rue. Je pense que c’est difficile de dire aujourd’hui comment le mouvement social va évoluer, que ça dépend de la crise sanitaire. Ça ne doit pas nous empêcher de nous mobiliser.

 

Dans le même temps à Villeurbanne, le personnel villeurbannais de General Electric organisait une assemblée et une conférence de presse devant le site. 

Accompagnés d’élus (notamment Gaëtan Constant, adjoint au maire de Villeurbanne et la conseillère régionale Émilie Marche), les salariés ont dénoncé le plan de restructuration de l’entreprise qui menace 175 des 360 postes que compte le site. Avec les postes qui devraient également être supprimés à Saint-Priest, c’est au total 250 emplois qui risquent d’être perdus dans le Grand Lyon.

Le maire Cédric Van Styvendael, ainsi que le sénateur Gilbert-Luc Devinaz ont pris position contre ce plan, rappelant notamment la promesse de General Electric de créer 1000 emplois nets en France. Alors que le plan de relance est censé favoriser les énergies renouvelables, spécialité du site villeurbannais, les deux élus ont appelé le gouvernement à réagir pour préserver ces emplois. 

Ce plan s’inscrit dans le cadre d’un processus national, avec par exemple la fermeture de l’usine de Béthune de Bridgestone ou encore la suppression de 1088 emplois par Auchan.  Le 12 septembre, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez avait regretté au micro de France Inter que “les trois quarts des restructurations [n’aient] pas de rapport avec la Covid-19″.