Ce jeudi 17 septembre, Cédric Van Styvendael tenait sa première conférence de presse en tant que maire de Villeurbanne, à l’hôtel de ville. L’occasion pour lui de revenir sur les deux premiers mois de son mandat et les chantiers qui l’attendent. 

crédits : Mairie de Villeurbanne

Dès les premières phrases, le ton est donné. Selon le maire, l’équipe municipale “s’est mis immédiatement au travail”, contrainte par les enjeux sécuritaires et l’épidémie de coronavirus.
S’il a réaffirmé la légitimité de son élection (il a été élu avec 70% des voix, mais avec une participation de seulement 25%) et assuré que l’actualité ne l’avait pas forcé à “revoir profondément [ses] priorités”, la conférence a débuté par des discussions sur la sécurité et la situation sanitaire. Les dossiers “qui sont au coeur du programme” (transports, écologie, loyers…) ont pour l’instant été relégués au second plan.

 

Une action concertée sur la sécurité, “au coeur de notre capacité à recréer un lien de confiance entre la ville et ses habitants”

Face à la “réorganisation du trafic de drogue dans certains quartiers” (notamment le Tonkin et Grandclément) et “l’exaspération” des villeurbannais, le maire s’est d’abord félicité de l’existence d’un dialogue avec les représentants des habitants. 

S’il s’est déclaré “lucide” par rapport aux limites des pouvoirs de la municipalité en matière de sécurité, il a promis ne pas abandonner ces questions au seul pouvoir régalien de l’Etat et estime nécessaire de “croiser les moyens d’actions”. 

Il a annoncé avoir rencontré cet été tous les acteurs de la sécurité avec son adjoint à la prévention de la délinquance Yann Crombecque, notamment le préfet, le procureur ainsi que les forces de polices municipales et nationales. Il se réjouit d’ailleurs de l’opportunité pour tous ces acteurs de travailler ensemble, notamment sur la création d’un “groupe local de prévention de la délinquance” au Tonkin qui permettrait une stratégie concertée sur ce territoire. Le maire a ainsi demandé au préfet de classer ce quartier en “Quartier de Reconquête Républicaine” pour bénéficier de renforts de police nationale, pour traiter des difficultés liées au trafic de drogue et aux nuisances. 

Parmi les moyens engagés, le maire a annoncé la mise en place d’un protocole “inédit” d’ici la fin de l’année pour traiter plus rapidement des infractions et imposer des sanctions adaptées et immédiates. Il a également déclaré vouloir augmenter les effectifs de la police municipale, avec l’objectif de pourvoir 75 postes d’ici la fin du mandat contre seulement 39 aujourd’hui. Pour cela, l’équipe municipale devra notamment travailler sur le manque d’attractivité salariale de Villeurbanne. 

Pour lutter contre les “irritants”, la mairie a également mis en place cet été la vidéo-verbalisation du stationnement sauvage ou gênant, et souhaite expérimenter un dispositif de radars contre les nuisances sonores

En marge de ces stratégies coercitives, Cédric Van Styvendael a enfin exprimé sa volonté de doubler les effectifs des éducateurs de prévention d’ici la fin de son mandat. 

 

Une rentrée sous le signe de la Covid-19

Sur la crise sanitaire, le premier enjeu soulevé par le maire a été celui de la réouverture des écoles et des services péri-scolaires. Il a ainsi souligné le travail des équipes pour assurer le maintien de ces services, en expliquant que des cas de Covid-19 ont déjà été signalés et pris en charge dans une quinzaine d’écoles villeurbannaises. Explicitant la stratégie (possible mise en quarantaine d’une classe en cas de cas chez un élève, isolement et repérage des cas contact pour un adulte), il a mis l’accent sur la volonté municipale de ne pas avoir à fermer complètement d’école, notamment face à l’absentéisme subi du côté du personnel.

Vice-Président de la Métropole à la Culture, il a annoncé par ailleurs que la mairie débloquerait un budget d’un million d’euros pour 2020 et 2021 visant à accompagner les acteurs culturels villeurbannais mis à mal par la crise. 

Le maire a également insisté sur l’enjeu du dépistage et prévoit l’ouverture d’un centre de dépistage municipal la semaine du 21 septembre, à la salle des Gratte-ciel. En lien avec la Préfecture et l’Agence Régionale de Santé, la municipalité cherche à établir des “critères de priorisation”, notamment pour les personnels occupant des fonctions-clefs pour la continuité du service public. Les modalités précises devraient être annoncées très prochainement.

Il a enfin indiqué un durcissement de la répression des personnes ne portant pas de masques : “pour celles et ceux qui n’auraient pas compris la phase pédagogique, nous serons malheureusement amenés à adresser des contraventions”.

 

Inégalités : priorité à l’encadrement des loyers et au retour à l’emploi

Rappelant son engagement, le maire a dénoncé l’augmentation des loyers villeurbannais (+ 65% en 10 ans) et du prix de l’immobilier (+ 13% entre 2017 et 2019). Dénonçant des comportements “déraisonnables” des acteurs de la promotion immobilière, il s’est dit “contraint” de solliciter la Métropole pour prendre des mesures d’encadrement des loyers pour l’année 2021.

 

Sur la question du pouvoir d’achat, il a également partagé son intention d’étendre progressivement le dispositif “Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée”. Pour l’instant, celui-ci avait uniquement été expérimenté dans le quartier de Saint-Jean.  

S’il n’a pas évoqué le sujet lors de sa prise de parole, le maire avait récemment dénoncé le “plan de restructuration” annoncé par General Electric, qui devrait causer 175 suppressions d’emplois à Villeurbanne.

 

Urgence écologique : piétonisation et moratoire 5G

Sur l’écologie, Cédric Van Styvendael a d’abord rappelé de ses voeux un moratoire sur le déploiement de la 5G. Évoquant les recommandations de la Convention Citoyenne pour la transition écologique, il a reproché au Président de la République ses “petites phrases” et repris les arguments qu’il avait mis en avant dans une tribune publiée par le JDD.

Annonçant la participation de Villeurbanne à l’opération “La voie est libre” le week-end du 26, le maire est également revenu sur ses décisions en termes de piétonisation. Il a spécifiquement annoncé ne pas souhaiter rouvrir l’avenue Henri-Barbusse aux voitures. Enfin, il a exprimé sa volonté de mener à bien des projets de pacification de la circulation automobile autour de deux écoles dans les mois qui viennent.

 

Transports, urbanisme et vie villeurbannaise 

Le maire a évoqué un futur projet urbain, qui ne fait pas encore l’objet d’études. Il s’agit de la couverture du périphérique au niveau du pont de Cusset. Ce recouvrement permettrait selon lui d’effacer la frontière entre deux parties de Villeurbanne, de lutter contre la pollution de l’air et sonore ainsi que de végétaliser la zone. 

Concernant les transports, une concertation est prévue pour savoir si le tram T6 reliera la rue Paul-Verlaine et Flachet. Pour l’instant ce qui est sûr, c’est que cette ligne ne passera pas par l’avenue Henri-Barbusse. La future ligne A8 doit selon Cédric Van Styvendael être opérationnelle avant la fin de son mandat. Toutefois, son tracé reste à définir. 

A propos de l’ASVEL, Cédric Van Styvendael a enfin insisté sur l’appartenance du club à Villeurbanne alors que le projet de l’Arena de Villeurbanne n’a pas été choisi au profit d’une Arena à Décines. L’ASVEL est liée à l’Astroballe de Villeurbanne jusqu’en Août 2021 et la ville compte encore investir dans cette salle, au risque que le loyer augmente pour l’ASVEL.