Faire de longues études n’est pas toujours synonyme de réussite. Exemple frappant avec ces doctorants qui cherchent encore et toujours une solution pour leur avenir professionnel…

La vie d’un doctorant n’est pas aussi facile que l’on imagine. « Je croyais que tous les thésards avaient une bourse durant leur thèse ! », m’a dit un jour une collègue de rédaction. Un grand préjugé sur la vie des jeunes chercheurs qui choisissent de rester à l’université au lieu d’intégrer le marché de travail. Les raisons sont nombreuses : manque d’adaptation à la vie dans l’entreprise, passion pour un sujet, envie de devenir professeur.

Etre thésard n’est pas une simple tâche, car le grand problème n’est pas seulement de rendre une thèse à la fin des études, mais d’avoir les conditions financières pour la réaliser et surtout, trouver un travail après.

«Quand on est doctorant,on a deux choix : soit on passe le concours du CNRS (ou CAPES pour l’enseignement), soit on a la chance de décrocher un poste dans une université. Je suis actuellement chercheur et je n’ai qu’un CDD. Il n’y a pas assez de postes pour les chercheurs », témoigne Jérémy Argyriades, 30 ans, post-doctorant en physique des particules en Suisse.

La situation de ces étudiants longue durée est très précaire, surtout dans les domaine des sciences humaines où le budget est bien plus petit. Il y a très peu de bourses, l’étudiant n’est pas sûr d’avoir un travail ou même un simple retour de l’université grâce à ses recherches. «Si on n’a pas de bourse, on est vraiment dans la merde, car on n’a pas le droit au RSA, ni d’être déclaré comme chercheur d’emploi, vu que l’on est étudiant », m’explique Olivier Malosse, 29 ans, doctorant en Lettres.

Selon le Pôle emploi, un doctorant «peut être autorisé à s’inscrire au pôle emploi pour prétendre à l’allocation pour perte d’emploi dès lors que son manuscrit de thèse a été adressé à leurs rapporteurs.»

Autre complication : le CROUS ne prend pas en charge les dossiers des doctorants. Ceux-ci doivent alors faire des petits boulots pour essayer de s’en sortir et continuer leurs études. Une situation qui rend de plus en plus difficile la recherche en France. Et beaucoup d’étudiants hésitent désormais à se lancer dans l’univers impitoyable de la recherche. Ainsi, certains seront au chômage avec ou sans indemnités pendant des mois. D’autres iront chercher leur salut à l’étranger, pour ne pas revenir la plupart du temps, oubliés par leurs encadrants français au fil du temps.

Une solution pour remédier à cette situation ?

«Il faudrait réformer : donner des CIR (crédit impôt recherche) aux entreprises seulement si elles embauchent des docteurs, limiter le nombre de bourses en fonction du nombre de postes de chercheur, secteur par secteur, interdire les thèses sans bourse, faire de la communication auprès des entreprises sur les qualités des docteurs. »,
souligne Jérémy Argyriades

Seuls les boursiers CIFRE ( convention industrielle de formation par la recherche) font aujourd’hui exception. Ces chercheurs scientifiques passent une grande partie de leur temps de recherche en entreprise et leur mode de sélection s’apparente à un recrutement pour un emploi “classique”. Leur taux de chômage correspond à celui des diplômés des écoles d’ingénieurs et, a contrario, leurs salaires sont plus élevés !

Alesson Souza

La rédaction

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