Arrivé troisième lors du premier tour des municipales de Bron avec 13,51% des voix, François-Xavier Pénicaud (liste de LR avec LREM,MoDem et UDI) est conseillé régional depuis cinq ans. Il se rallie à Jérémie Bréaud (LR) pour le 2nd tour et rejoint la liste « Protéger et respirer ». Il livre au Lyon Bondy Blog ses ambitions et projets pour la ville de Bron.

Crédit photo: Thibaut Eperdussin

Après le premier tour des élections municipales, vous avez décidé de faire alliance avec Jérémie Bréaud, candidat “les républicains”, comment cela s’est-il passé ?

Très naturellement en fin de compte, on s’est vite retrouvé avec Jérémie à dialoguer des la fin du premier tour. Nous nous sommes rendu compte que nous avions des points communs sur pas mal de sujet. Nous avons discuté à trois reprises pendant cinq heures et c’est à cette occasion que nous avons décidé une fusion à partir de ses idées. Nos projets étaient complémentaires. Nous avions approfondi et fixé nos priorités l’un et l’autre notamment en matière de santé avec la crise que l’on vient de subir. Il fallait que l’on se fixe un certain nombre de priorités pour mener à bien notre combat politique. Le fait que l’on ait réussi à passer au dessus de nos clivages politique a permis de se retrouver sur des projets en communs.

Comme vous l’avez évoqué, il y a eu un événement marquant l’entre-deux-tours la crise sanitaire du covid-19 et son confinement, comment s’est déroulé votre campagne ?

Sur le plan opérationnel, c’est évidemment une campagne atypique. La crise sanitaire a ralenti notre communication mais elle n’a pas disparu pour autant. On n’a pas distribué de tract mais les gens nous ont interpellés naturellement pour parler de la fusion et les nouvelles propositions qu’on va retrouvé dans cette deuxième partie d’élection. On compte également sur le “boîtage” pour que les gens puissent se documenter. Nous avons entrepris une démarche téléphonique pour donner une opportunité d’échanges as des personnes qui sont moins présente sur la place publique comme les personnes âgées.

Avez-vous pensé au réseau internet ?

J’ai commencé une petite série que je vais poursuivre à propos de la campagne. L’objectif est de créer de petites vidéos pédagogique courte (10 minutes maximum). Elles expliquent thème par thème le compte-tenus des démarches entreprise par Jérémie Bréaud et moi même. On avait même envisagé de faire un meeting virtuel mais malheureusement on a constaté que la visibilité était nul car les gens décrochaient. On a donc misé sur un format qui dure 10 minutes où les gens restent. On va donc privilégier des formats courts et un peu plus nombreux que plutôt des formats long et où seuls les gens vraiment motivé reste.

L’une des caractéristique du premier tour a été son taux d’abstention record, avez-vous peur d’un taux de participation faible pour le 2ème tour et comment faire pour l’éviter ?

J’ai eu jamais peur ! Il faut que les gens prennent conscience qu’il y a un vrai enjeux dans cette élection municipale. Nous avons créé une chance historique aujourd’hui : pouvoir donner un second souffle à cette ville, notamment grâce à une alternance. Il faut une prise de conscience massive car l’esprit des gens est ailleurs. Ils sont préoccupés par la situation sanitaire : certains ont perdu des proches, d’autres sont tombés malade. Ils sont aussi préoccupés par leur emploi quand leur entreprise n’a pas été mise à mal. Les gens doivent comprendre que l’enjeu est réel pour la relance économique. Il est essentiel que dans les mois prochains, on mette en marche une dynamique partenariale avec l’ensemble des acteurs économique. Cela nous permettrai, à notre échelon, de relancer la machine économique et d’emplois.

Pour ce qui est du taux de participation, je ne pense pas qu’on aura le même qu’en 2014. J’étais opposé à ce que les élections se tiennent le 28 juin et j’aurais préféré un report des élections pour qu’on ait un vrai temps démocratique où le débat puisse pleinement se faire. Certains se plaignent de l’absence de débat au premier tour, comme s’il s’était fait voler ce premier tour, je leur dis de ne pas se faire voler le 2ème, il n’y aura pas de 3ème tour.

Concernant la ville de Bron, elle a souvent été marqué à Gauche, pour vous, quels changements pourrai la faire basculer à droite ?

Les projets locaux ! Aujourd’hui, Bron est une ville qui a énormément de potentiel avec des pôles universitaires, scientifiques et sportifs et il faut continuer à développer cela. Quand j’allais discuter avec les gens dans les quartiers populaires, je leur expliquais qu’ils étaient une part de la solution et pas une charge avec laquelle il faudrait composer. C’est pareil pour la jeunesse, on lui donne l’impression qu’elle est uniquement une charge. Il viendrait demander des subventions alors qu’elle est une partie de la réponse. Il faut que l’on puisse compter sur elle, dialoguer et l’intégrer. Le fait de faire venir une école du numérique au cœur de nos quartiers et de former sur un temps assez court est intéressant et les financements régionaux de ces formations. Ils permettent de propulser cette génération. Il faut créer de la synergie entre les différents acteurs de la ville et non pas que chacun reste dans son coin !

Vous parliez de la jeunesse, est-ce-que pour vous c’est un avantage d’être jeune ?

Je ne pense pas mais il est vrai qu’il y a des problématiques qu’on voit différemment notamment la solidarité entre générations. Je n’accepte pas le discours pour lesquels les jeunes ne s’engagent plus dans les cités. Les jeunes s’engagent mais différemment sous d’autres formes ! Par contre ils ont souvent la difficulté à s’intégrer dans des cadres associatifs qui sont trop souvent lié au territoire alors que les jeunes cherchent justement à bouger, bien que certains fasse le choix d’y rester en mettant toute leur énergie à la communauté.

Comme vous le disiez Bron est très attractif mais on sent que son potentiel n’est pas exploité, pensez-vous que l’image de Bron au sein de la métropole est controversée ?

C’est le cœur même de ma candidature ! Il faut savoir que Bron est la 7ème ville de la métropole et elle a des atouts à faire valoir. Le problème c’est qu’elle n’assume pas son rang, elle ne fait pas rayonner et ne créée pas de synergie qui lui permettrai d’être attractif. Bron ne devrait pas être suiveuse des dynamique métropolitaine mais plutôt être meneuse et aujourd’hui elle ne l’est pas !

Pourquoi selon-vous?

Car on a une ville où, malheureusement, la majorité actuel et la représentation des quartiers est faibles et qui sauvegarde uniquement l’intérieure de la ville. Nous n’avons pas eu de dialogue avec les maires des communes voisines situé dans l’Ain et l’Isère alors qu’il y a une vrai opportunité de collaboration et d”entente notamment en terme d’emplois et de logements. La ville est fracturée d’où l’emploi d’une éco-navette, à prix réduit et qui circulerait dans la ville pour relier les différents quartiers entre eux et que tous les équipements soient accessibles les uns par rapports aux autres. Il faut changer l’image de Bron à savoir une ville que ce n’est pas une ville dortoir !

Parlons immobilier, on sait que dans ce domaine Lyon est surbouquée, Villeurbanne commence à être saturée, y’a-t-il des projets d’aménagement urbain pour Bron ?

Il faut être extrêmement prudent quant à la stratégie car Bron se densifie comme les autres villes de la métropole. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de densification demain à Bron, il y en a une parti mais il faut la réguler et la contrôler pour se poser la question «quel type d’aménagement nous pouvons réaliser pour le vivre ensemble? » On ne doit pas la rechercher ni la craindre mais l’organiser par rapport à des fonctionnalités et au demande de la population. Les conseils de quartiers servent aussi à ça ! Le problème c’est qu’il y a manque de communication au niveau de la mairie et de ses habitants. On devrait être ravi de leur donner ces informations et faire un temps de concertation. Il faut que Bron puisse être un lieu de lien social et d’interaction, de rencontre et de dialogue afin de proposer une vrai plus-value. Je veux qu’un référendum local puisse être mis en place afin de travailler ensemble et que les nuisances que cela puisse créer soit réglé entre citoyens.

N’y a-t-il pas un risque de privilégier le centre ville et de laisser les autres quartiers en périphérie ?

C’est une bonne question. Lorsque que l’on fait des investissements, chaque quartier doit être reconnecté. On travaille sur ça et cela permettra une connexion entre chaque quartier. De toute façon, lorsque que l’on fait des investissements, chaque quartier doit être au courant des actions de la ville. Il est important de garder une économie de proximité dans nos quartiers que ce soit à Terrallion ou aux Essarts. Il faut que l’on garde cela mais ça ne doit pas dire que ça doit être le même type. La mobilité ne doit pas non plus être un problème. Les centres culturels comme la MJC ou encore les infrastructures comme le stade Pierre DeBoeuf ou encore la piscine municipale ne doivent pas être réservé à certains quartiers mais à l’ensemble des quartiers , quelque que soit leur statut social.