Arrivée première dans les urnes le 15 mars (22,72%), Nadine Georgel crée la surprise dans cet arrondissement au vote disparate. Elle revient sur ses propositions et ses chances de victoire dans un interview du Lyon Bondy Blog.

Nadine Georgel, candidate EELV pour la Mairie du 5ème, place Bénédict Teissier. Crédits : Marie de Monterno

On sait que beaucoup de lyonnais ont besoin de la voiture pour pouvoir se déplacer. Comment allez-vous faire pour convaincre les habitants du 5ème pour se déplacer autrement ?

« Je pense qu’il faut partir d’un constat simple, on estime qu’on perd en moyenne 18 mois d’espérance de vie à cause la pollution. Dans une année, on passe à peu près 1 semaine dans les embouteillages lyonnais. C’est un argument qui est du bon sens, ce n’est pas punitif. On le voit : l’épisode de COVID en Italie du Nord coïncide avec un pic de pollution. Après il faut proposer des solutions qui facilitent la vie des gens. L’idée c’est de proposer toutes les formes de mobilité possibles pour que ça soit simple, pratique et agréable. »

 

Les Vélo’v sont une bonne alternative, mais ils sont encore trop difficile d’accès. Comment les rendre attractifs et à dispositions de tous ?

«  Il faut simplifier leur accès ! On est souvent bloqué par le fait de ne pas être inscrit sur le site Vélo’v ou parce qu’on n’a pas de carte TCL. D’une manière générale, je voudrais simplifier le processus d’utilisation. Il faut que ça demande moins de temps, d’énergie et d’argent. »

 

Pourquoi le 5ème représente un enjeu politique au cours des municipales ?

« Il y a deux choses : on est convaincue que le 5ème est effectivement une priorité du point de vue de son positionnement politique. On a trois listes qui cristallisent des  alliances pour le moins inattendues. L’enjeu est de savoir comment électeurs du 5ème vont se positionner. En 2014, ils ont élu une majorité qui était PS ; en 2017, cette majorité s’est déplacée vers le centre LREM ; qui a finalement tendu la droite. Il cristallise beaucoup de problématiques : on a un tourisme déséquilibré au Vieux Lyon, ce qui créé –  un problème du logement avec les locations « Airbnb ». On ne peut plus faire ses courses dans le vieux Lyon. On a un autre problème sur la gentrification avec l’explosion des coûts liés à l’immobilier. Par exemple La boutique de la presse (au point du jour, NDLR) a fermé il y a quelques mois. Maintenant pour acheter son journal il faut aller soit à Tassin soit descendre avenue Adolphe Max ça n’a pas de sens non plus. »

 

Que pensez-vous de la gestion du coronavirus par la Mairie centrale ?

« Certaines choses qui ont été problématiques. Au niveau de la ville, par exemple, il y a eu le problème de la fermeture des marchés. Ça a vraiment posé un souci dans le 5ème parce que les supermarchés étaient ouverts mais avec des mesures sanitaires contraignantes et des produits de moins bonnes qualités. La gestion des séniors dans les EHPAD fut catastrophique : c’est inimaginable quand on voit que la moitié des décès ont eu lieu là-bas ! C’est une question d’humanité. »

 

Que  feriez-vous pour les EHPAD dans le 5ème ?

« Crise sanitaire ou pas, ça doit être une priorité. Ce sont des gens qui sont en grande vulnérabilité, on ne peut pas les laisser comme ça.  Je voudrais qu’on soit pionniers dans la création d’habitats participatifs ou coopératifs intergénérationnels. Il s’agit de lier les universitaires avec des personnes âgées isolées. J’aimerais beaucoup travailler en collaboration avec une association qui s’appelle « La ville, l’ami des aînés », accompagne les seniors dans leur avancée en âge et dans la perte de certaines capacités. Il faudrait que les EHPAD soient connectés pour que les familles puissent discuter et se voir. Cela ne convient cependant pas à tout le monde. Des gens qui sont avancés dans la maladie d’Alzheimer ne réagissent pas aux écrans mais au contact humain. »

 

La convention citoyenne pour le climat  d’Emmanuel Macron s’est achevée hier. Qu’en pensez-vous, a-t-elle été utile ?

« Oui, c’était une bonne idée d’avoir des citoyens qui se saisissent de ces questions et qui sont tirés au sort. C’est important que les citoyens se saisissent du sujet  et qu’il n’appartienne pas seulement à la classe politique et scientifique. On arrive ainsi à faire des consensus. Leurs conclusions sont quand même très proche de ce qu’on propose ! C’est très positif parce que ça montre que ce n’est pas qu’une question d’idéologie, un défi d’actualité. »

 

Est-ce que vous pensez que les habitants du 5ème ont compris que votre programme n’est pas qu’écologique mais également social ?

« On le saura dimanche ! On a fait campagne pour faire comprendre que ce programme n’est pas qu’idéologique mais une réponse face à la crise. Je pense que la question n’est pas de savoir s’ils sont prêts pour la vague verte : on ne doit pas s’imposer mais être choisi. Je pense que les trois mois de confinements ont permis une réflexion pour beaucoup ! »