Arrivé troisième lors du 1er tour des municipales de Bron avec 13,51% des voix, François-Xavier Pénicaud (liste de LR avec LREM, MoDem et UDI) est conseiller régional depuis cinq ans. Il se rallie à Jérémie Bréaud (LR) pour le 2nd tour et rejoint la liste « Protéger et respirer ». Il livre au Lyon Bondy Blog ses ambitions et projets pour la ville de Bron.

Crédit photo : Thibaut Eperdussin.

Vous parliez des équipements sportifs qui sont de qualité à Bron. Est-ce que, selon vous, il ne manque pas une équipe phare qui puisse porter la notoriété de Bron au niveau métropolitain voire au niveau national ?

J’ai constaté qu’à Bron il y a une excellence du sport au féminin, avec une équipe de basket, de handball et de volley qui évoluent et qui font des matchs d’envergure nationale mais personne ne le sait. Nous avons aussi une équipe féminine de rugby qui en seulement trois ans est en train de devenir un club féminin phare avec un avenir glorieux devant elle. Il y a aussi une équipe de football féminin qui s’est montée à l’ASBGL.

Pour promouvoir la notoriété sportive de Bron, nous avons aussi des ambassadrices Brondillantes comme Floria Gueï (équipe d’athlétisme),Caroline Garcia (équipe de tennis), Catherine Chabaud (journaliste et navigatrice née à Bron). Lorsque l’équipe féminine de volley joue en national, il n’y a pas assez de bancs, aucune valorisation.

Je pense qu’il faut valoriser cette excellence du sport féminin pour attirer les publics féminins à Bron. Il faut faire en sorte d’avoir une logique de sport pour tous, pour aider ces équipes féminines et créer un esprit de compétition avec les garçons pour les booster eux aussi.

Nous avons aussi des problèmes sur l’obésité, qui sont de plus en plus flagrants dans notre pays et en particulier dans les quartiers populaires. Il faut donc travailler sur les mobilités du quotidien (marche à pied, vélo) pour que les Brondillants se réapproprient le territoire et les distances. L’idée serait d’avoir dans la ville des petits panneaux de randonnée avec inscrit dessus les distances à pied et en vélo.

 

Nous avons parlé de la densification de Bron et du risque d’augmentation des loyers voire d’une gentrification de la ville. Faut-il aussi être extrêmement vigilent pour qu’il n’y ait pas d’explosion des loyers ?

Il faut faire des projets d’ampleur sur les zones interstitielles entre certaines communes et créer des dynamiques d’éco-quartiers. Par exemple, vous avez des endroits où il est possible de concevoir des quartiers et d’augmenter l’offre accessible. Nous devons aussi faire de l’interventionnisme sur le prix des surfaces commerciales pour les rendre plus accessibles.

Concernant les loyers, je ne suis pas favorable à leur encadrement car je pense qu’il a des effets néfastes. En revanche, il faut travailler sur le long terme sur des grands programmes immobiliers qui permettent de faire baisser la pression sur les quartiers existants.

Le problème de Bron aujourd’hui est que certains quartiers, comme celui de Terraillon, explosent en valeur immobilière car d’autres s’effondrent et empêchent les gens de revendre leurs biens. Il faut donc revaloriser ces quartiers et leur redonner une attractivité au lieu de faire monter la pression uniquement sur les quartiers centres comme celui des Essarts et les quartiers résidentiels qui sont dans une explosion gigantesque. Si les écarts sont trop importants entre les logements sociaux et intermédiaires cela ne crée plus de mobilité : il faut faire baisser le prix entre ces différents types de logements. Tout cela se travaille à l’échelle de la métropole.

Aujourd’hui, il faut travailler sur de la mixité intra-bâtiments pour compléter l’offre sociale avec une offre intermédiaire et apaiser la demande sur d’autres quartiers. Le but est aussi de transformer l’image et la dynamique interne de ces quartiers pour faire revenir de l’activité économique.

Je souhaite engager dans les prochaines années une discussion partenariale entre Bron, Porte-des-Alpes et les acteurs privés concernés pour imaginer une nouvelle fonctionnalité du territoire. Par exemple, la jonction entre Bron, St Priest et Chassieu est très vaste et dans une logique partenariale, cela vaut le coup. Il y a le tram qui passe et une université à proximité soit une vraie opportunité pour un projet à long terme.

 

Vis-à-vis de l’aérodrome, nous connaissons les difficultés du transport aérien d’affaire actuel et l’aérodrome de Bron est concentré sur ce type de transport. Pour vous faut-il développer l’aérodrome ou le laisser à son juste développement ?

Nous ne pouvons pas traiter la question de l’aérodrome sans l’évolution générale de l’aviation. Cet aérodrome joue aussi un rôle sanitaire extrêmement important : les écoles de santé des armées nationales sont implantées juste à côté et les hôpitaux en sont proches. Il remplit donc des fonctions à la fois économiques et sanitaires.

Je ne suis pas pour l’abandon de l’aérodrome mais je pense qu’il faut l’encadrer car il y a régulièrement un non-respect des zones de survol par des usagers de l’aéroport (hélicoptères ou petits avions). Le but serait de travailler là-dessus dans le dialogue et de s’interroger sur l’évolution à long terme de l’aérodrome et de l’aviation.

 

Nous le savons, Bron est intégré dans la métropole et les nombreux projets que vous avez évoqués nécessitent une interaction avec cette métropole. Comment jugez-vous les relations précédentes et futures entre la mairie de Bron et le futur président de la métropole ? 

Bron ne pèse pas dans la discussion métropolitaine et ne fait pas entendre sa voix. Pour qu’une parole soit entendue il faut la porter. Pour cela, les conseillers métropolitains et le maire de Bron devront pouvoir prendre la parole sur les grands aménagements territoriaux et être capables de faire des propositions à la métropole. Il y a la nécessité d’accompagner le dynamisme économique, les grandes politiques d’insertion, sociale, de service à la personne, d’aménagement du territoire et de gestion des déchets ; des sujets qui sont de compétences métropolitaines.

Il faut pouvoir travailler avec tous les acteurs du territoire de notre ville pour faire peser les sujets Brondillants et savoir réunir toutes les énergies (économiques et politiques) malgré nos différents partis politiques. Depuis 5 ans, je suis conseiller régional et je n’ai jamais pu avoir de rendez-vous avec le maire de Bron.

Au niveau économique, Bron a perdu 2,5 millions d’euros d’investissements en deux ans ce qui est énorme sur des budgets comme les nôtres. En même temps, nous sommes une ville qui compte entre 35 000 et 45 000 habitants et qui est arrivée première en termes d’augmentation des frais de fonctionnement par an par habitant (329 € par habitant). Nous sommes aussi les premiers sur cette tranche d’habitants en France en termes d’augmentation des impôts totaux par habitant.