Georges Képénékian, candidat à la mairie de Lyon avec la liste “Respirations”, compte bien réaliser de nouvelles mutations au sein de la Ville de Lyon et de la Métropole. Le Lyon Bondy Blog l’a interviewé.

Vous avez parlé des logements vacants ? Êtes-vous pour la réquisition de logements vacants notamment pour les cas d’urgences ?

Là non plus, vous avez compris que je ne crois pas aux mesures répressives, je crois qu’il y a beaucoup d’associations à Lyon très engagées. Je pense que nous avons plutôt le sens de la négociation à Lyon. Nous avons discuté avec les propriétaires de logements ou d’espaces vacants et les associations pour que nous puissions utiliser, au moins pendant un temps limité, certaines surfaces disponibles, je crois qu’il faut aller dans ce sens. La réquisition est toujours compliquée.

Justement dans cette optique de réquisition, nous allons parler de solidarité, que pensez-vous de la place des associations dans la ville de Lyon ? Et vos projets par rapport à celle-ci ?

Vous me tendez une perche magnifique, la vie associative de cette ville est extrêmement riche, elle l’est dans toute la France. Mais à Lyon il y a une histoire sociale, bien avant le 19e siècle, c’est une ville très créative, très inventive. Chaque fois que nous avons fait des innovations technologiques, elles se sont accompagnées d’innovations sociales. C’est aussi une ville d’accueil dans sa tradition. S’appuyer sur les associations cela est très important, quand je suis arrivé maire et que le plan froid se dessinait pour l’hiver 2017/2018 j’ai proposé au préfet que nous n’attendions pas le mois de décembre pour mettre en œuvre ce travail, j’ai proposé qu’on rencontre les associations impliquées, nous nous sommes retrouvés avec David Kimelfeld, à monter des réunions avec une vingtaine d’associations, chacune dans leurs rôles. La métropole, l’État et la ville, nous avions tous une responsabilité. La première réunion était un peu à frottement, chacun demandait et puis nous avons donné des chiffres, et montré notre volonté de travailler ensemble, puisque personne ne peut régler ces problèmes seuls. Je suis convaincu que c’est en mettant en synergie toutes nos compétences que nous arrivons à nos objectifs. Il faut faire des associations des partenaires pleins et entiers, je ne dis pas qu’elles ont toujours raison, mais c’est ensemble que nous pouvons construire des projets. Et le bénévolat qui existe dans ces associations est quelque chose d’extraordinaire. J’ai inauguré le nouveau local d’accueil du club de Gerland, les bénévoles sont là, le sport est aussi une formation au civisme, au vivre ensemble. La culture je ne vous en parle même pas, nous devons avoir 40 chorales, nous avons des compagnies de danse privées, des écoles de musique, tout cela participe à faire société entre nous tous.

Lyon est une ville étudiante, on a vu les faits divers y a quelques mois sur la difficulté des étudiants, avez-vous prévu quelque chose pour les étudiants en difficulté ?

Ce jeune garçon qui s’est immolé par le feu, c’était terrible, je le dis au-delà de mon côté médecin, mais aussi de responsable politique. C’était un message terrible qui nous a été renvoyé. Je suis président du conseil d’administration de l’école nationale des beaux-arts, nous avons eu une séance et les étudiants sont représentés, j’ai posé la question directement, y a-t-il des étudiants qui seraient dans une telle difficulté ? Les étudiants m’ont répondu que non aujourd’hui, mais ils m’ont répondu en même temps qu’un certain nombre d’étudiants faisaient la fin des marchés. Nous avons des aides possibles au sein de l’école, vous pouvez les démultiplier à la grande échelle, nous savons bien que certains étudiants vont à la banque alimentaire, au restaurant du cœur, ils ne sont pas toujours très à l’aise mais n’ont pas le choix. Il y a une vraie crise sociale dans l’ensemble des étudiants, nous sommes la deuxième ville étudiante en France et nous devons avoir une attention très particulière, cela veut dire des bourses, des aides, cela veut dire que l’aide sociale que notre ville peut donner doit aussi s’orienter vers eux. L’université a aussi des systèmes d’assistance qui sont très importants, et la question qui nous a fait perdre la première place de ville étudiante c’est le coût du logement. Donc nous allons prévoir spécifiquement dans nos projets de construction des logements, orientés vers les étudiants. On va aussi essayer d’imaginer de nouvelles expériences comme le partage d’appartement, l’intergénérationnel. Nous avons plusieurs propositions et expériences à mettre en place qui devrait aussi permettre en même temps à des personnes âgées de rester chez elle tout en ayant une relation privilégiée avec des étudiants. Pourquoi nous étions classées première ville ? La qualité des prestations dispensées dans nos universités a été considérée régulièrement comme les plus performantes.

Certains de vos concurrents pensent qu’il ne faut pas plus d’attractivité pour éviter une surpopulation, qu’en pensez-vous ?

Je pense que c’est juste de la régression, je ne crois pas à cela, ce serait nier ce qui est l’histoire de cette ville, qui a été au cœur de l’Europe et qui l’est toujours. Cette ville qui a pu développer une relation privilégiée à la Chine, au Japon, à travers l’histoire de la soie. Et je ne parle pas des entreprises qui sont venues s’installer à Lyon, étant un lieu de développement économique. L’attractivité de Lyon est un atout.

Il y a énormément de problèmes de places d’enfants dans les crèches, de nourrice, avez-vous prévu quelque chose par rapport à ça ?

La question est éminemment importante, nous ouvrirons 500 places de crèches, même si cela ne répond pas à tous les besoins. Il arrive 400 enfants par an dans notre ville. C’est un vrai sujet, il y a quelque chose à faire par rapport aux assistantes maternelles. Nous n’aurons pas la solution seulement par les crèches. Nous avons besoin de réfléchir à l’ensemble de la question pour rendre la vie plus simple pour les parents qui ont des enfants.

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