Depuis deux ans les Réfugiés Poétiques répètent et proposent des ateliers de slam à la MJC de Rillieux-la-Pape. Myriam et Corneil ont toujours apprécié travailler avec les enfants du quartier. Et c’est d’ailleurs avec eux qu’ils ont appris le slam, et qu’ils ont, petit à petit, réussi à former leur groupe. Avec leurs élèves Dionys et Amir, et au rythme du beatbox, ils nous slamment leur parcours.

 

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L’association « Les Réfugiés Poétiques » existe depuis 2009. Son objectif est de partager, d’échanger sur les arts urbains, de valoriser les créations artistiques amateurs et de faire connaître ces cultures au jeune public. Myriam, sa fondatrice a appris à slammer avec les enfants de son quartier. C’est en gagnant un prix au concours de poésie le « Printemps des poètes », que Myriam prend conscience de son potentiel dans le slam.

« Un slammeur m’a dit que ça ressemblait au slam. » Se souvient-elle. « Ça me plaisait bien, en plus c’était le sujet de ma poésie, d’être avec des jeunes […] J’ai mélangé mon engagement auprès des enfants avec un côté ludique : prendre les mots à la légère. »

En 2013, elle rencontre Corneil et son beatbox. Lui n’était jamais monté sur scène, n’avait jamais participé à aucun concours.

« Dans le quartier on m’a dit : “Ce jeune il sait faire quelque chose.” Corneil m’a fait une présentation et je lui ai proposé de venir avec moi à la Maison Pour Tous, où je faisais du slam. » Raconte Myriam.

En mai 2014, ils ont mis en place le Festival Slam à Rillieux-La-Pape avec la présence de Ambre Foulquier, Habou Traoré et Marco DSL.

 

Entre les halles et les locaux des MJC : le slam.

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Avoir le goût des mots, apprécier le rythme, le son et le flow, tels sont les ingrédients qu’il faut pour devenir slammeur. Mais pas que : « Il suffit de travailler dur, et avec le travail on y arrive. » Précise Corneil.

Myriam nous dit qu’il est difficile pour le slammeur de rentrer uniquement dans la case scolaire. Ceux qui font de l’art ont aussi une sensibilité ailleurs. « Il y a les mots de l’école, les mots de nos parents, les mots de la rue, nos propres mots qu’on ne dit jamais. » Cet ensemble constitue le terreau que l’on appelle la poésie. Cette dernière est reconnaissable, car les slammeurs mettent du sens aux mots. Myriam ajoute : « Et quand on ose l’exprimer, alors on est slammeur. »

« Le slam c’est apprendre à dire des textes. »

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Dionys et Amir sont en 6ème, et après les cours ils viennent apprendre à tenir un rythme et à « dire des textes » à la MJC de Rillieux-la-Pape. À travers les ateliers et des tutos sur Internet, Amir et Dionys progressent vite. Dionys confirme :

« Maintenant j’en fais dans la cour avec les copains. C’est bien, ça bouge. Je me sens bien quand je fais du beatbox, j’aime bien. Avant j’imitais beaucoup, maintenant avec une technique je peux créer. »

Après les ateliers, les enfants partent chez eux sans enregistrement, sans écrit ni papier. Tous leurs textes et leurs sons sont mémorisés, ils leurs appartiennent. Et la route pour devenir un slammeur est longue comme le témoigne Amir :

« Moi je ne sais pas si je suis déjà un slammeur. Et si ce n’est pas le cas, j’essaierai. C’est du travail, on ne peut pas avoir tout d’un coup. »