Après la déclaration d’Erdogan, des élections présidentielle et législatives anticipées auront lieu en Turquie ce dimanche 24 juin, un an avant la date prévue. 6 candidats à la présidentielle seront en compétition, avec 8 partis politiques présents. En Turquie, 56 millions de personnes sont appelées aux urnes, auxquelles s’y ajoutent plus de 3 millions réparties dans 60 pays étrangers.

Ces élections seront les premières dans le cadre des amendements constitutionnels votés l’an dernier. Elles seront la première application de la réforme du système électoral de mars dernier. Avec ces élections, la transition vers un système présidentiel entamée avec les amendements constitutionnels du référendum du 16 avril 2017 sera complétée.

Élections uniques dans l’histoire de la Turquie

Jusqu’à sa fin l’an dernier, le système parlementaire turc existait depuis 1921. Avec ce nouveau système, le Président de la république pourra désormais faire partie d’un parti politique, ce qui n’était jusqu’à présent pas possible. Binali Yıldırım sera le dernier Premier ministre de la Turquie, puisque cette fonction sera abolie après ces élections.

Autre fait unique dans ce scrutin, parmi les 6 candidats à la présidentielle, Selahattin Demirtaş, l’ancien co-président du HDP (parti démocratique des peuples), incarcéré en 2016, fait campagne depuis sa prison.

État d’urgence depuis 2016

Les élections anticipées se dérouleront sous l’état d’urgence, prolongé de 3 mois pour la 7ème fois consécutive après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016. Lorsqu’il a été annoncé, le gouvernement avait déclaré  « nous allons le terminer le plus tôt possible, nous essaierons de ne pas dépasser trois moi ».

Déterminant pour le futur Turquie

En élisant le Président et l’Assemblée, la Turquie va décider de son destin. Si Erdogan, au pouvoir depuis 2002, gagne ces élections, cela pourrait être le début du régime d’un seul homme. Dans le cas contraire, ce serait son premier échec après 12 victoires.

Le poids crucial des électeurs à l’étranger

Les 3 millions de citoyens turc habitant à l’étranger ont voté du 7 au 19 juin pour les élections. Deux tiers de ces électeurs résident en Allemagne, en France et en Autriche. L’Allemagne est le pays où ils sont le plus nombreux, plus d’un million, contre 330 000 en France.

Aux élections du 1er novembre 2015, 1 160 000 sur 2 899 000 électeurs avaient voté dans 54 pays. En France, en Allemagne et en Autriche, une grande majorité d’entre eux avait alors choisi AKP , le parti d’Erdogan.