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Enfants placés, une nouvelle association pour les accompagner eux et leurs familles.

Les enfants placés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) est un sujet délicat à aborder. Aux yeux de la société, ces enfants sont souvent considérés soit comme des victimes soit comme des coupables. Jocelyne Giontarelli, fervente défenseuse de cette cause, a décidé de créer l’Association de Défense des Droits des Enfants Placés et de leur famille (A.D.D.E.P.F) pour les aider dans cette étape difficile. Le Lyon Bondy Blog est parti à sa rencontre.

Le 16 mai 2022 à Brignais, commune de l’Ouest Lyonnais, une Association pour la Défense des Droits des Enfants Placés et de leur Famille (ADDEPF) a vu le jour. Jocelyne Giontarelli, présidente, se bat depuis de nombreuses années pour rendre visibles ces enfants et leur entourage et faire respecter l’article 375-3 du code civil qui préconise de confier l’enfant à une personne de son entourage (famille, amis, voisins) ou à un tiers digne de confiance avant d’envisager son placement.

Infirmière scolaire dans un collège et lycée de la région pendant de nombreuses années, elle a accueilli et écouté ces enfants placés à l’ASE.  Ces derniers se confiaient sur leurs parcours de vie au sein des foyers de la protection de l’Enfance et des difficultés qu’ils rencontraient.

Au fil de ces rencontres, de ces histoires de vie plus ou moins chaotiques mais surtout toujours douloureuses, elle a acquis une certaine expertise sur le sujet. L’évidence de créer cette association lui est apparu. Accompagnée d’Antoinette Atto, Vice-Présidente, adjointe au maire de Vaulx-en-Velin, déléguée à l’action sociale et aux solidarités depuis 2020, Marion Nogueira, secrétaire et étudiante en communication ainsi que Louisette Delgado, trésorière de l’association et coordinatrice du projet jeune. Ensemble, elles souhaitent veiller à ce que les droits de ces enfants soient respectés.

En effet, en 2020, la cour des comptes pointe un manque de coordination entre les différents acteurs sur le terrain et une certaine lenteur dans l’application des lois de 2007 et 2016. « Aujourd’hui, nos objectifs sont très clairs, nous voulons veiller au respect des droits fondamentaux de tous les enfants placés. » exprime Jocelyne Giontarelli.

La scolarité avant tout

Selon le site de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, les enfants placés à l’ASE « connaissent des situations de déscolarisation notamment l’année où survient leur placement. À 15 ans, ils sont trois fois plus nombreux dans cette situation que les autres adolescents de leur âge. Et en fin de scolarité obligatoire, nombreux sont ceux qui quittent les bancs de l’école, sans pour autant se lancer dans la vie professionnelle. […] À partir de 15 ans, ils se dirigent le plus souvent vers l’enseignement professionnel court (BEP, CAP). La perspective de la fin de prise en charge par l’ASE à 18 ans les incite à acquérir rapidement une autonomie financière en s’orientant vers le marché de l’emploi. »

Cependant, cette « incitation » n’en est pas vraiment une… « On ne donne pas le choix à ces jeunes. Comme à 18 ans ils ne seront plus pris en charge par la Protection de l’Enfance, celle-ci se terminant à la majorité, on leur propose de se diriger vers des filières courtes comme des CAP ou des BEP pour qu’ils soient autonomes. C’est une décision dont certains jeunes souffrent beaucoup, car on ne leur donne pas la chance d’accéder aux grandes études. » explique Jocelyne Giontarelli.

Obliger un jeune à suivre des études qui ne lui correspondent pas l’incite à stopper son cursus, ce qui peut le conduire à la rue s’il n’accède pas au contrat jeune majeur. « Il faut savoir que 70 % de ces jeunes n’ont pas de diplôme et que 40 % des SDF de moins de 25 ans sont issus du service de l’ASE.» souligne la présidente de l’association.

Une nouvelle approche

Bien accompagner ces jeunes est donc primordial pour leur donner les mêmes chances qu’à n’importe quel autre enfant de la société en respectant également leurs droits à la culture et à la santé : « Nous souhaitons aider, soutenir les enfants et leurs familles dans leurs démarches administratives et judiciaires. Les accompagner et les soutenir à la parentalité en s’appuyant sur les compétences des familles et en les revalorisant. Être le lien entre les professionnels (travailleurs sociaux…) et différents partenaires de la Protection de l’enfance, les parents et les enfants. Pour ce faire, nous animerons des actions de prévention en proposant des rencontres autour de groupes de paroles, des ateliers, des conférences, des tables rondes, etc. »

Rendre la vie de ces jeunes aussi normale que possible est un objectif cher à l’association « Nous souhaitons que ces jeunes aient les mêmes chances que les autres enfants, qu’ils ne soient plus les oubliés de notre République » poursuit Jocelyne Giontarelli. 

Un travail d’équipe

Pour atteindre ses objectifs, l’association estime qu’il est nécessaire d’alerter la population sur la réalité de ce que vivent les enfants placés et leur famille. Protéger les générations futures . « Avec notre prochaine mobilisation, nous espérons vraiment que, petit à petit, les gens se rendent compte que se retrouver dans une telle situation n’arrive pas qu’aux autres. »

A l’annonce de sa création, l’association a reçu des messages d’encouragement, ce qui les renforce dans leur engagement. « On souhaite une longue vie à l’association mais au fond de moi je reste persuadée que cette association ne devrait pas exister ! » ajoute Jocelyne Giontarelli. 

Il sera possible de rencontrer et d’échanger avec les membres de l’ADDEPF,  au forum des associations à Brignais le 3 septembre prochain. Prochainement, leur site internet sera mis en ligne où il sera possible de contacter l’association.

Auriane Devaux

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