Mercredi 8 avril, au théâtre des Marais de Saint Fons, une conférence a réuni des personnalités de la ville ainsi que du monde sportif et artistique pour un débat avec des jeunes issues de la banlieue de Saint Fons sur le thème de la réussite et l’égalité des chances.

Avec Christine Démontes, maire de Saint Fons,  le consul des Etats-Unis, Harry Sullivan, le directeur de l’école d’ingénieurs ISTIL, Joseph Lietto, accompagné de ses étudiants aux parcours atypiques et d’Aymeric Jeannot, meneur de jeu et capitaine de l’équipe de l’Asvel… des jeunes collégiens de Saint Fons ont pu débattre et poser toute sorte de question sur le thème de la discrimination.

Le discours tenu par les protagonistes, certes riche en témoignages, n’a pourtant fait qu’exposer une réalité que l’on connaissait déjà : les personnes résidant en banlieue et ayant des origines étrangères de surcroit, ont toujours eu plus de difficultés que les autres pour trouver un travail ou un stage. Le consul Sullivan a fait un exposé très scolaire des bienfaits de la discrimination positive aux Etats-Unis. Les étudiants de l’ISTIL on raconté leur réussite scolaires malgré les nombreuses difficultés liées à leurs origines sociales et ethniques. Monsieur  Mbala, ancien sportif et organisateur de l’événement affirme que « chaque personne issue de la diversité et de la banlieue doit se donner les moyens d’atteindre ses objectifs malgré les freins dus aux origines ethniques et sociales de chacun ».

Une évidence loin d’être partagée par toutes les personnes présentes ce jour-là.

Nadjet, étudiante en histoire prend le micro et rétorque que ce n’est pas aussi facile de se battre contre ces barrières. Elle estime avoir rencontré beaucoup plus de difficultés que les autres à trouver un stage et un boulot. Une autre, Yasmine, évoque la situation de sa sœur employée à Noblimo qui a été contrainte de changer son prénom et son nom pour pouvoir travailler. « La discrimination n’existe pas seulement au niveau de l’entreprise mais plutôt à l’échelle de la société entière. On nous demande absolument de  nous intégrer mais on ne peut pas renier nos origines. Même pour se faire naturaliser, on nous propose de franciser notre nom et prénom. Elle est où l’ouverture la dedans ? Rien que cela c’est une discrimination acceptée par la république » s’indigne t’elle.

On apprend aussi par cette étudiante que l’information n’est pas transmise aux jeunes de la banlieue «  On a l’impression qu’elle est réservée à une certaine catégorie de la population. Moi personnellement, on m’a proposé d‘intégrer un BEP juste parce que je venais d’un quartier dit sensible. Et je sais que beaucoup de personnes sont dans le même cas. Heureusement que j’ai persévéré car maintenant j’ai obtenue un bac STT et j’entame une licence d’histoire. On m’a toujours dit que je ne pourrais pas réussir dans un lycée général bien que j’ai toujours eu de bons résultats à l’école. De plus, le premier job où j’ai été accepté a été un poste en tant qu’agent d’entretien. »

Enfin, la rencontre s’est terminée par le témoignage d’Aymeric Janneau. Le basketteur a réussi dans le domaine du sport sans avoir passé son bac. Comme quoi, la réussite ne passe pas forcément par l’école si cela peut rassurer certains. Cela voudrait-il dire que le monde du sport est le seul à reconnaitre vraiment l’intérêt des jeunes issus de l’immigration ?

La maire est apparue volontaire et déterminée à employer de nombreux moyens pour combattre cette injustice à la fois sociale et raciale.  Une action qui aurait pu être faite aurait été d’inviter aussi les mères de familles qui sont les principales concernées par l’éducation de leurs enfants.

A noter que plusieurs autres conférences sont prévues sur Saint Fons et Lyon concernant la même thématique. Notamment le 22 avril à la mairie du 8éme arrondissement à 14 heures. A ne pas manquer également le 6 juin prochain de nombreuses manifestations à la plaine des jeux de Gerland.

 

Ibtissem Boufassa

La rédaction

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